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Un nouveau visage

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"Où le choix commence, finissent le paradis et l’innocence..."
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MessageSujet: Un nouveau visage   Sam 8 Juil - 18:29



Leonora Halvorsen & Saara Nygård




15 janvier 2018

À cette heure-là, la bibliothèque fourmille peu d’étudiants, la plupart étant en cours. Saara n’aura aucun mal à trouver une table vacante dès qu’elle aura mis la main sur l’ouvrage qui l’intéresse. En vue d’une exposition temporaire sur l’art fantastique, elle s’imprègne du thème en (re)découvrant des œuvres et des artistes. C’est une partie de son travail qu’elle affectionne tout particulièrement et pour laquelle elle prend son temps. Rien de pire que de se précipiter et offrir une exposition sans âme. Sa recherche du jour se consacre à Johann Heinrich Füssli. D’après les informations glanées sur le catalogue informatisé de la bibliothèque, elle a une référence mais celle-ci ne semble pas correspondre à un rayon en libre accès. En tout cas, elle ne trouve pas ! Elle a déjà arpenté de long en large la section dédiée à l’histoire de l’art. Elle peut donc demander de l’aide sans passer pour une touriste. On peut se dire qu’elle a un peu trop de considération, après tout, renseigner les visiteurs fait partie des attributions des bibliothécaires. Sauf qu’en entrant, elle a aperçu à la réception une employée qui semble l’avoir prise en grippe. Elle ignore ce que cette dernière a à lui reprocher, et vit assez mal de ne pas savoir ce qu’elle fait faux. À chaque fois, elle essaie d’arrondir les angles en racontant des bricoles histoire de faire un peu la conversation, mais elle se prend un mur. C’est quand même dommage de ne pas essayer de s'entendre, elle fréquente régulièrement l’endroit. Il faudra qu’elle pense à demander à Gaïa ; cela serait rassurant si en fait, la bibliothécaire est grinche avec tout le monde. "Bonjour Greta. Je m’excuse de vous déranger dans votre intéressante lecture de..." Ne croyant pas gaffer, elle incline la tête pour lire le titre sur la couverture, mais la bibliothécaire referme abruptement son livre et le range hors de porté de vue. "Bonjour. Que puis-je ?" Comme il lui faut oublier pour espérer une recommandation de lecture, elle en vient au fait : "J’aurais besoin d’aide pour trouver un livre, voici la référence. J’ai cherché dans les rayons mais…" Son interlocutrice la coupe sans même un coup d’œil au bloc-notes qu’elle lui présente. "Je m’occupe des prêts. Voyez avec Leo.", la renvoie-t-elle en désignant une direction sur la gauche. "Je regarde avec Leo, qui est là-bas ?" A son tour, elle pointe vers un rayon pour préciser l’endroit où elle doit tomber sur le prénommé Leo. Pour toute réponse, elle a droit un sourire condescendant. *Bouhou pourquoi me détestez-vous!?*. "Merci Greta, bonne journée..." Elle part à la recherche de Leo. Ce prénom ne lui dit rien. Depuis septembre dernier qu’elle fréquente le lieu, elle croyait avoir fait le tour de tous les employés. Dans un rayon, elle aperçoit un jeune homme qui range un livre. Elle va alors à sa rencontre. "Bonjour, votre collègue m’a redirigé vers vous. Je cherche cet ouvrage si vous pouviez m’aider s’il vous plaît." Elle tend son bloc-notes avec la référence inscrite dessus, mais le jeune homme a l’air de ne pas comprendre. "Vous êtes bien Leo ?"

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L'équilibre de la meute
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MessageSujet: Re: Un nouveau visage   Lun 10 Juil - 21:06


Le 15 janvier 2018


Je commençais à m'habituer à ma nouvelle place au sein de l'école. Les premiers jours ne furent pas de toute gaieté. Entre ma collègue qui semblait détester le monde entier et une multitude d'informations à assimiler, je m'étais demandée si j'avais fait le bon choix de carrière. Mes précédents emplois n'avaient pas forcément été de tout cœur avec mes ambitions, néanmoins, je m'étais facilement adaptée à la tâche. Mes doutes s'estompèrent rapidement lorsque je m'étais retrouvée face à l'immensité de la bibliothèque. Des livres à perte de vue, de quoi redonner le sourire à une férue de lecture telle que moi. J'adorais passer du temps dans les différentes allées, ranger les romans qui s'étaient malencontreusement retrouver au mauvais endroit, renseigner les quelques étudiants qui quémandait mon aide et rechercher pour les plus curieux des informations essentielles dans leur quête de savoir. A travers eux, je me revoyais quelques années passées. Étudiante, je ne me lassais jamais de la bibliothèque – me déconnectant pour plusieurs heures de la sombre réalité. Une bulle que j'avais su me confectionner afin de m'évader de l'Ordre et ses missions.

- Madame Halvorsen, me sermonna subitement la voix acariâtre de ma collègue qui n'avait perdu aucune goutte de mes divagations.

Je lui répondais par un sourire confus et m'en allais discrètement vers mon bureau. Décidément, les pauses n'étaient pas au goût du jour et j'allais devoir prendre sur moi pour ne pas paraître irritable envers cette femme. Je devrais peut-être songer à prendre des cours de Yoga, question de décompresser un coup. Changer d'identité aussi fréquemment n'était pas donné à tout le monde. Cette façon d'enchaîner les scènes risquaient de vous faire perdre pied à un moment ou un autre – perdant de vue votre réelle personnalité, cette dernière se mêlant sans le vouloir au méli-mélo de caractères que vous aviez réussi à vous constituer. Je n'étais pas encore à ce stade, étant encore trop jeune ; toutefois, il m'arrivait comme à l'instant d'avoir des blancs ou plutôt une perte du temps – mon esprit vagabondant dans je-ne-sais quelle partie de ma vie.

Je filais aux toilettes les plus proches et m'aspergeais à plusieurs reprises le visage. J'évitais de trop frotter pour ne pas gâcher mon maquillage et m'empressais de remettre mes lunettes un peu trop ronde. Un peu cliché, non ? Mais, je m'en fichais. Retournant dans ma pièce de prédilection, je me hâtais à récupérer mon badge mentionnant mon nom et prénom dont je passais la ficelle sobre autour du coup. Il était hors de question que je l'agrafe sur ma chemise aux rayures noires et blanches. Sa texture légère n'aurait pas fait long feu et quand bien même je n'avais aucune envie de me retrouver avec deux petits trous au niveau de la poitrine. Certes, l'objet n'était que provisoire – le temps que les élèves s'habituent à ma présence, mais je tenais à ne pas bousiller inutilement mes fringues. Mon salaire ne me permettait pas de refaire entièrement ma garde-robe tous les mois. J'avais à peine fini de ranger mes affaires que déjà un élève me questionner sur l'emplacement d'un livre scientifique. Pianotant quelques touchent du PC, je retrouvais aisément les références de ce dernier ainsi que l'endroit où il devait trôner fièrement.

- Juste un instant, je vais le récupérer,
annonçais-je au jeune homme.

Il ne me fallut que quelques minutes pour trouver le fameux bouquin. Ni une ni deux, je retournais vers mon bureau, mais l'individu avait décidé de me faire faux bond. Je poussais un léger soupire, quelque peu agacée, mais prenais sur moi pour laisser mon sourire de parfaite comédienne sur mon visage. Toujours rester pro ! Je me glissais dans les allées en espérant pouvoir le revoir. Son visage était parfaitement graver dans ma mémoire. Je n'oubliais jamais les traits d'une personne. Allez savoir, mon cerveau semblait se focaliser sur le physique plutôt que les dénominations. Je le retrouvais accompagner d'une étudiante. Je ralentissais le pas afin de ne pas les déranger.

- Vous êtes bien Léo ? Demanda la jeune femme.

Mes lèvres s'étirèrent plus franchement tandis que je me rapprochais de leur endroit. L'homme me reconnut et sembla rassurer de me voir arriver. Etait-il si surpris qu'une fille daigne à lui adresser la parole ? Du moins, son regard semblait le crier. Je lui tendis l'élément rechercher.

- Si vous souhaitez l'emprunter, il faudra vous rapprocher de ma collègue. Vous devriez facilement la trouver, elle ne quitte que très rarement sa chaise de bureau.

Il semblerait qu'on ne me fasse pas totalement confiance pour me confier cette tâche. Je comptais changer la donne d'ici quelques jours. Si déjà, je devais me fondre dans la peau d'une bibliothécaire autant le faire à fond. Aussi, j'aimais avoir toutes les cartes en main - retracer le moindre élément telle une détective en manque d'informations. L'étudiant dodelina docilement de la tête et s'en alla sans le moindre mot.

- Je peux vous aider ? Interrogeais-je l'élève restante.

Mes yeux zieutèrent sur le bout de papier qu'elle tenait en main. Je reconnus aussitôt les quelques numéros inscris.

- Johann Heinrich Füssli ? Il me semble avoir réceptionné cet ouvrage un peu plus tôt dans la matinée. Comme je n'ai pas encore eu le temps de ranger toutes les pièces rendues, il doit encore se trouver parmi eux.
En espérant qu'une certaine personne n'ait pas mis son grain de sel dedans. Suivez moi, l'intimais-je.

Pendant le trajet, je ne pus m'empêcher de faire un brin de causette. Je sais, les moulins à parole ne sont pas forcément apprécier de tout le monde, mais c'était plus fort que moi. Partager sa passion, échanger sur les découvertes faites ou même donner son avis, avait tendance à m'émoustiller un peu trop.

- C'est un bon choix. Si vous souhaitez effectuer d'autres recherches dans un style similaire, je peux vous conseiller les œuvres de William Blake.
J'allais continuer dans ma lancée, mais finalement, décidais de lui poser une autre question qui me pendait aux lèvres. Si je peux me permettre, vous suivez quelle filière ?
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MessageSujet: Re: Un nouveau visage   Jeu 13 Juil - 22:59



À l’air perdu de son interlocuteur, la galeriste comprend qu’elle s’est trompée de personne. Il doit s’agir d’un étudiant ou d’un visiteur également en recherche d’un ouvrage, et non d’un employé de la bibliothèque. Il secoue d’ailleurs la tête en signe de dénégation. Non, il n’est pas Leo. La voilà embêtée de devoir repartir errer à l’aveuglette. Devra-t-elle retourner voir Greta ? Elle ne le souhaite pas des masses, et le redoute même. Elle va pour s’excuser et migrer dans un autre rayon pour débusquer le fameux Leo, lorsqu’une jeune femme se joint à eux. La nouvelle venue – jolie blonde, lunettes rondes, chemisier rayé – s’adresse au jeune homme et lui tend le livre qu’il recherche apparemment. Sur un merci muet, du moins Saara interprète-t-elle ainsi le mouvement de tête, il les quitte. Le regard de la galeriste s’étant porté sur le badge pendu au cou de la jeune femme aux lunettes rondes, elle y lit un nom en majuscule. Halvorsen. Est-ce une participante à un congrès scientifique hébergé par l’Université ? Elle n’a pas le temps de lire le reste. "M’aider ?", répète-t-elle, d’abord ailleurs, mais sitôt son regard remonte sur le visage de son interlocutrice. "Oui s’il vous plaît.", accepte-t-elle la proposition aussi bienvenue qu’aimable. Elle lui tourne son bloc-notes pour que la nommée Halvorsen puisse mieux lire la référence. Cette dernière se souvient alors qu’un peu plus tôt, le livre lui est passé entre les mains, laissant ainsi deviner qu’elle est employée à la bibliothèque. Saara lui emboîte le pas, non sans se questionner si la « certaine personne » évoque la renfrognée Greta. À sa surprise, la blonde à lunettes paraît connaître l’artiste peintre Füssli et lui recommande un contemporain du même mouvement : William Blake. Ce dernier est en vérité le point de départ de ses recherches. En effet, c’est lors de son récent passage à New York, et plus précisément au Brooklyn Museum, que contemplant Le grand Dragon Rouge et la Femme vêtue de soleil, lui est venue la motivation pour une exposition qui fait écho à l’actualité. À la base, elle n’est pas friande de l’art fantastique, mais depuis les récents événements, ce courant artistique lui parle plus. La négociante d’art n’a pas le temps de rebondir qu’une nouvelle question lui est adressée. Elle ne peut empêcher un sourire de poindre. Elle aurait peut-être même ri si elles étaient autre part, mais entre ces murs la discrétion est d’or. "Je ne suis plus étudiante." Apprêtée avec une élégance affûtée, il lui semble d’ailleurs n’en avoir plus vraiment l’apparence. La méprise ne la vexe en rien, il en faut plus pour cela. "Pour tout vous dire, mes recherches sur le peintre Füssli et d'autres grands artistes du passé en art fantastique me forment le regard pour appréhender la vague actuelle. J'aimerais constituer une collection en vue d’une exposition." Et comme il est fort à parier que leur chemin se recroisera régulièrement, elle juge bon de faire plus ample connaissance. "Si je ne me trompe pas, vous êtes nouvelle à la bibliothèque. Je ne crois pas vous avoir croisé, alors que je fais fréquemment un saut par ici. Nouvelle aussi à Valhöll ?", l’interroge-t-elle au passage. "Je suis Saara Nygård. Ma galerie est dans le Vieux quartier, si l’art vous intéresse, passez-y un jour.", l’invite-t-elle spontanément. Elle se doute bien qu’une bibliothécaire n’a pas forcément les moyens d’engloutir des mois de salaire dans l’acquisition d’une œuvre d’art, néanmoins, l’invitation est sincère. Elle est toujours contente de partager sur le ressenti d’une œuvre, et même si cela n’aboutira à aucun achat. "Je ne sais pas si vous en avez entendu parler, j’expose des étudiants en art. Les plus prometteurs de l’Université." Tout de suite, elle pense à Ezeÿel. *Je n’aurais pas dû le quitter comme ça*, se remémore-t-elle la manière précipitée et abrupte avec laquelle elle a terminé leur dernière rencontre. D’entrevoir les carences affectives dont son petit frère n’a pas non plus été épargné, elle en a éprouvé une peine si aiguë qu’elle n’aurait pas su la contenir devant lui. Depuis de la colère s’est mêlée à la tristesse et elle ronge son frein pour ne demander des comptes au lieutenant Sköell. Elle ne démord pas que ce dernier n’a pas été à la hauteur de son rôle de grand frère. *Mais je ne suis pas en droit de lui faire des reproches*. Tant que son lien de parenté n’est pas connu et reconnu, elle est cantonnée à de la figuration dans la vie d’Ezeÿel.

En chemin, les deux blondes passent vers le guichet des prêts. Saara gratifie Greta d’un sourire, mais cette dernière n’esquisse aucun signe pour accuser réception ou y répondre. "Je ne la connais pas plus que cela, mais votre collègue est un peu, comment dire… revêche. Elle me donne toujours l’impression de tomber sur l’un de ses mauvais jours." Ce n’est pas une remarque pour descendre ; il n’y a aucune pointe d’acidité dans son ton. Elle n’est pas du genre à lancer des opinions à l’emporte-pièce sur les gens, mais l’attitude rembrunie de Greta la questionne et elle voudrait comprendre.

Pendant que la bibliothécaire trie les ouvrages pour mettre la main sur celui recherché, Saara ouvre son sac pour se munir d’une loupe. Elle est curieuse de prendre connaissance du contenu du livre. Normalement, celui-ci devrait fournir des miniatures des tableaux de Füssli et notamment sa peinture intitulée Le Cauchemar.

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MessageSujet: Re: Un nouveau visage   Jeu 27 Juil - 20:02


Le 15 janvier 2018


Longeant une nouvelle fois les allées étroites bordées de livres en tout genre, je me sentais dans mon élément. Je ne saurais décrire l'émotion prédominante qui m'envahissait, mais j'opterais pour la plus connue : le bonheur. Je n'avais pas à me tracasser la tête sur des dossiers indescriptibles qui auraient retourné l'estomac de plus d'un, simplement servir les demandes de quelques individus qui avaient l'audace de venir me voir. Mes talons hauts se stoppèrent lorsque la jeune femme qui m'accompagnait m'informait ne pas être étudiante. Je clignais plusieurs fois des yeux – légèrement honteuse de ma boutade. En détaillant de plus près l'allure de la personne, je me rendais réellement compte de mon erreur.

- Je suis désolée. J'ai presque oublié qu'il n'y avait pas que des étudiants ici,  plaidais-je. J'espère que vous ne m'en tiendriez pas rigueur.

J'affichais une moue suppliante afin d'accentuer ma dernière requête. On ne m'y reprendrait pas une deuxième fois, car je me doutais rencontrer d'autres personnes externes à l'établissement. Le savoir attise de nombreux esprits. Passée cette... indélicatesse, je reprenais mon aisance habituelle – le pas léger. Il n'y avait aucune urgence à l'horizon, alors autant en profiter un maximum d'être en si charmante compagnie. Durant son discours, je hochais machinalement plusieurs fois de la tête. Sa voix était délicate, facile à écouter.

Sans me départir de mon sourire, je répondais à sa question.

- Vous avez l'oeil. Effectivement, je suis toute nouvelle, ici, à Valhöll. Je m'accommode petit à petit des habitudes citoyennes, même si je n'ai pas encore réussi à faire le tour de la ville. Il y a tellement de choses à découvrir, c'est vivifiant. Je marquais une légère pause. Enchantée de faire votre connaissance, Saara. Comme vous vous en doutez probablement, vous pouvez m'appeler Leo. Vous ne risquez plus de vous tromper,  lançais-je avec un sourire qui, cette fois, me monta presque aux yeux.

Une exposition d'art ? Vraiment très intéressant. Oser dire que je n'aimais pas l'art n'aurait été que mensonge. Aussi, lui annonçais-je avec toute gaieté que je serais plus que ravie de venir y faire un tour. J'en profitais pour lui demander l'adresse de l'exposition. Ne connaissant très peu la ville, je voulais éviter de tourner en rond des heures durant avant de trouver l'endroit idyllique.  

- Donc, vous exposez des étudiants de l'université. Peut-être en ai-je déjà rencontré certain. La bibliothèque est généralement plutôt bien fréquentée. Aurais-je l'occasion de voir certaines de vos œuvres ?

Je me sentais un peu idiote de poser cette question, mais elle n'avait seulement parlé des étudiants, ce qui me laissait quelques doutes. Nous arrivâmes finalement au niveau des bureaux où comme je l'avais annoncé plus tôt, ma collègue s'y trouvait. Elle n'avait pas bougé d'un pouce, à croire qu'elle ne faisait qu'un avec sa chaise. La remarque de Saraa était tout à fait compréhensible. Moi-même je cherchais encore la raison de son perpétuel manque de sociabilité – trop lugubre. On avait constamment l'impression de la déranger. Je me demandais même pourquoi elle avait choisi une telle carrière, si elle voulait sa paix, je connaissais des emplois beaucoup moins... vivants.

- Hum... Vous êtes loin de la réalité. Estimez-vous heureuse de la voir qu'un bref instant, ça vous sauvera la vie, plaisantais-je tout en jetant un regard furtif vers la principale concernée.

Me rapprochant du comptoir d'accueil, je repérais rapidement la pile de livres qui jonchaient sur une étagère. Il ne me fallut que quelques secondes pour trouver ce que je cherchais – le fameux ouvrage sortant du lot.

- Et voici, la bête,  annonçais-je tout en tendant l'objet convoité. Les derniers événements sont une très bonne source d'inspiration, les faits surnaturels ayant souvent joué un rôle important dans plusieurs œuvres à succès. Reste à savoir le message que vous voulez faire passer.

Ne voulant pas l'importunité, je décidais de laisser le silence s'installer.


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MessageSujet: Re: Un nouveau visage   Ven 4 Aoû - 13:01



Face à la mine confuse de son interlocutrice, Saara secoue la tête avec un sourire léger. "Il y a pire comme méprise. Vraiment." Elle sait avoir un côté débutante qu’elle n’arrive pas à gommer. L’assurance de ceux qui savent ce qu’ils valent lui fera toujours défaut.

Pour éclaircir ses motivations, elle donne plus de détail sur ces recherches et en profite même pour se présenter. Elle apprend alors qu’en effet, la bibliothécaire est une nouvelle employée et nouvelle en ville. Au fil des paroles de son interlocutrice, elle se revoit quelques mois plus tôt, fraîchement débarquée dans cette ville. Sans repères ni visages connus. Tout redémarrer a été exaltant, mais effrayant aussi. Honnêtement, elle ne s’était pas cru avoir ce cran de tout quitter sans aucune garanti sur l’avenir. Elle a un petit sourire. À chercher à connaître son frère, elle est poussée dans des retranchements qui lui apprennent sur ce dont elle est capable au fond. "C’est la meilleure partie d’une installation, la découverte de son nouvel environnement. Prenez votre temps.", renchérit-elle. Ainsi, le fameux Leo est une femme ! Elle aurait tourné en rond encore longtemps à alpaguer tous les hommes dans les rayons. Elle lit le prénom en entier sur le badge. Leonora. C’est un beau prénom qui lui fait penser au précurseur du surréalisme, l’artiste Max Ernst, dont la compagne, également peindre, s’appelait Leonora Carrington... Un soupçon s’instille dans son esprit, Greta a-t-elle fait exprès de l’envoyer sur une fausse piste ? Cette dernière n’a pas l’air de facilement appeler les gens par leur prénom, alors leur diminutif encore moins… *Tu paranoïes ma grande ! Ça serait trop perfide* Saara préfère penser du bien des gens, c’est tellement plus agréable. Elle tire une carte de visite d’une pochette de son sac pour que Leo ait l’adresse de sa galerie. Si elles accrochent davantage, Saara se verrait bien lui proposer de l’accompagner à une prochaine expo’. Elle a rencontré beaucoup de monde via son travail, mais cela reste des clients ou des relations professionnelles. Ça lui manque des amis avec qui sortir se détendre.

Elle raconte ensuite qu’elle expose des étudiants de l’Université. "Il se peut que vous ayez déjà croisé Gaïa. Une jolie blonde, lumineuse, avec un style bien à elle. Impossible de ne pas la remarquer." En plus, connaissance le caractère chaleureux de l’étudiante photographe, celle-ci a dû aborder Leonora. Quant aux trois autres étudiants, la bibliothèque n’est sans doute pas leur repère. "Elle fait de la photo, mais si c’est la peinture qui vous intéresse, je vous montrerai les toiles d’Ezeÿel. Grand blond, sourire charmeur, toujours bien entouré." Lui aussi, impossible de ne pas le remarquer si on le croise.

À nouveau, elle sourit en secouant la tête. "Vous seriez déçue, je pense. Mes dessins manquent cruellement de génie." Elle dessine mieux que la moyenne, mais cela n’est pas transcendant pour autant. Ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir s’exprimer à travers une œuvre artistique. Elle a eu la lucidité de s’en rendre assez vite compte et d’avoir eu un père bon conseiller qui l’a aiguillée vers un cursus de management de l’art. Ça n’a pas été évident de changer de voie, mais au final, elle s’épanouit pleinement dans son activité. "Mon talent à moi est de créer des ponts entre l’artiste et le public. Cela me plaît de contribuer à embellir l’esprit des gens. Si cela vous dit de m’accompagner, j’ai une invitation pour une dégustation de vin chez un connaisseur d’art. Je ne veux pas avoir l’air d’insister, mais il a une collection qui vaut le coup d’œil." Elle appuie d’un franc sourire. Et ne manque de relever au passage combien cela peut lui être facile d’inviter une quasi-inconnue et si stressant de proposer un simple café à son avocat… alors que ça n’engage à rien de boire un café avec quelqu’un !

Les deux jeunes femmes cheminent vers les bureaux près des guichets de prêt. Saara se permet de partager son opinion sur l’employée au guichet. Le soulagement qu’elle ressent d’apprendre n’être pas la seule à subir la mine patibulaire de Greta, l’illumine d’un air réjoui. *Ça va mieux, ça ne vient pas de moi* "Vous avez toute ma compassion, Leo. Et elle aussi, un peu. Ça doit être fatigant d’être constamment en rogne contre le monde. En tout cas, je peux vous assurer qu’elle n’est pas représentative des habitants de cette ville.", glisse-t-elle avec un sourire.

"Merci." La galeriste accepte l’ouvrage dans un doux mélange d’appréhension et d’excitation. La belle couverture promet un contenu soigné. "Oui...", acquiesce-t-elle aux propos de la bibliothécaire tout en ouvrant le livre qu’elle a délicatement posé sur un bout du comptoir. "Pour ma part, j’aimerais rassembler des œuvres d’artistes contemporains qui montrent un panel de visions face aux récents événements. Pour que les visiteurs de l’expo puissent avoir un écho à leurs questionnements et peut-être élargir leurs pensées..." Elle tourne lentement les pages en glissant son doigt sur les pages pour lire en diagonal à la recherche des informations qui l’intéressent. "Je ne connais pas bien le courant fantastique, c’est un peu délicat d’aborder des artistes si on n’a pas de culture sur leur mouvement…", continue-t-elle, sans relever la tête. Peut-être qu’elle parle dans le vide. En tout cas, elle n’est pas du genre à exposer des œuvres dans sa galerie sans en avoir une opinion, et pour se former une opinion, elle doit pouvoir échanger sur le fond avec l’artiste. "Voilà..." Elle passe sa loupe pour scanner en détail l’image d’un peinture. "Venez voir Leo." Elle fait signe de la main pour que la blonde se rapproche. Elle passe sa loupe sur une sombre créature assise sur une jeune femme drapée de blanc. "Qu’en pensez-vous ? C’est vraiment puissant comme tout de suite on est happé. Ce contraste entre l’inquiétante obscurité et l’immaculée pureté de cette vulnérable femme. Quel génie ce Füssli ! Je suis contente de le redécouvrir aujourd’hui.", chuchote-t-elle, admirative. "Personne ne l’a réservé ? Je peux l’emprunter ?"

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MessageSujet: Re: Un nouveau visage   Sam 9 Sep - 10:28


Le 15 janvier 2018


Pour ne pas la déranger, je vaquais à mes occupations jetant un œil sur les ouvrages restants. Une étape que j'effectuais toujours lorsqu'ils nous étaient rapportés. Je détaillais les couvertures m'assurant qu'elles n'étaient pas abîmés et vérifiais que les pages n'avaient pas été malencontreusement pliées. J'étais en train de cocher plusieurs cases sur une affichette lorsque Saara reprit la parole. Je relevais les yeux pour contempler mon interlocutrice – question de politesse.

- Si vous le désirez, je peux dresser une liste de plusieurs auteurs surfant sur la même vague et qui vous permettront d'avancer dans votre projet. J'ai dores et déjà quelques noms qui me viennent à l'esprit, mais j'aimerais prendre le temps de trouver les meilleurs. Si vous êtes d'accord... Je réfléchissais un instant. Je pourrais vous apporter la liste lors de la dégustation de vin. Qu’en dites-vous ? Quoi de mieux que pouvoir en discuter autour d'un bon verre ?

J'admirais son émerveillement à la découverte des secrets que regorge l'univers fantastique. Moi, j'avais  baigné dedans dès mon plus jeune âge et je n'avais pas eu mon mot à dire. L'art m'avait permis de poser un autre regard sur le mouvement, mais pour autant, n'avait pas changé mon avis sur certaines espèces. Son innocence était charmante.  

- Mes notions vous seront peut-être utiles. Je ne suis pas incollable en la matière, mais je devrais être capable de répondre à quelques interrogations. N'hésitez pas, vraiment !

Je lui adressais mon plus jolie sourire comme si j'essayais de la rassurer. Ce comportement ne me ressemblait pas trop, mais je m'étais faite au rôle – à tel point que cela en devenait presque naturel. Je disais bien « presque », car on est jamais trop certain du futur, même si je ferais en sorte que cela n'arrive pas. Saara m'interpella et je m'approchais d'elle puisque c'était ce qu'elle attendait de moi. Je parcourais l'illustration que j'avais déjà eue l'occasion de détailler.  

- Un contraste tranchant, acquiesçais-je.

« Le cauchemar » est l’œuvre la plus célèbre de Füssli, mais aussi celle qui a fait le plus de polémique. Simple cauchemar ? Démon bien réel ? Je me souvenais des heures que j'avais rabâché pour un devoir. Au final, il s'est avéré que chacun avait sa propre interprétation – souvent liée à des craintes intériorisées. La psychologie peut devenir si angoissante lorsque l'on creuse un peu la surface.

Mes rêveries prirent fin lorsque la jeune femme m'interrogea. Je m'empressais de regarder le registre de la bibliothèque. Il avait été rendu le jour-même, mais personne n'avait encore posé son doigt dessus. J'en informais la jeune femme.

- Aucun problème si vous voulez le réserver pour un laps de temps. Je lui montrais un formulaire. Tout ce qui vous reste à faire, c'est remplir cette petite ligne : nom, prénom, durer de l'emprunt... Les basiques, quoi !

J'hésitais un court instant.

- Que pensez-vous de ma proposition ? Concernant la liste d'auteurs, m'empressais-je d'ajouter.


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Les destins nous conduisent ; le rôle de chacun est fixé dès la première heure de sa naissance.© By Solosand
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