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Night Eternal - Philippe & Hel

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MessageSujet: Night Eternal - Philippe & Hel   Mar 10 Oct - 0:24

« Night Eternal »
Le 18 février 2018


Philippe & Hel




« Rentre, j'vais finir. »

La brune qui me sert de collègue acquiesce avec gratitude, attrape son sac et passe rapidement la porte du bar qui se referme dans un petit claquement sec. Seule, je pousse un soupir. De lassitude, de fatigue, de tout ce que vous voulez. J'attrape d'un geste le chiffon pour finir de nettoyer les dernières tables que l'autre n'a pas eu le temps de finir. J'ai la main, depuis le temps. Mouvements énergiques et rapides ; ça ne devrait pas me prendre beaucoup de temps. Pourtant, je n'ai pas envie de rentrer. Clairement pas. M'enfermer entre quatre murs, me cloîtrer sous une couette, me perdre dans des rêves qui me laisseront en sueur, paniquée, au réveil. Vraiment, la perspective ne m'enchante guère. Pourtant... Va falloir. Je vais pas dormir ici, allongée par terre ou sur le comptoir. Et je ne peux pas trainer tard dehors, à moins d'être très douée pour la discrétion. Merci, foutu couvre feu. Merci, foutues lois humaines. J'en avais rien à foutre concrètement, je n'avais aucun scrupule à les enfreindre toutes la tête bien haute, le majeur des deux mains bien levés, un sourire empli de fierté aux lèvres. Sauf qu'il y avait la meute. Saleté de meute à laquelle je m'étais attachée malgré moi, et à laquelle je ne voulais apporter plus d'ennuis que ce qu'elle en avait déjà. C'est con, hein. Tout ça pour de la loyauté. C'était un peu plus que cela à mes yeux, tout de même. CTa l'était devenu au fil des ans, par la force des choses... Je ne saurai mettre un nom sur ce lien qui me relie à mes semblables, au tout que nous formons, qui m'est d'autant plus vital que je rêverais d'être capable de m'en penser. Le fait est là : je ne peux pas vivre sans eux, je ne peux pas vivre seule. Je ne le veux pas vraiment non plus. Peut être parce que je n'ai plus rien d'autre. Je ne sais pas. Tout semble contradictoire dans ma tête, à chaque fois que j'y pense. Alors j'évite. Je préfère. C'est plus simple.

Je me contente de nettoyer les tables.

Réfléchir n'a jamais été mon fort.

Finir de nettoyer me prends un peu moins de dix minutes. Trop court à mon goût. Un nouveau soupir. J'ai l'impression de faire que ça de ma vie, bordel. Soupirer et faire la moue. J'me lasse de moi même, à force. Ces derniers temps plus que d'habitude, parce que je me sens encore plus seule, encore plus paumée, encore plus énervée, encore plus désespérée, encore plus tout. J'attrape mon sac. Attrape aussi une bouteille de whisky derrière le comptoir, sans même réfléchir. Pas grave, j'arriverai tôt demain et en rachèterai une. Ni vue ni connue. Je l'ouvre, avale une gorgée avant de la cacher dans mon sac et de sortir du bar. Ca fait du bien. Ca me brûle le palais, enflamme ma gorge, me réchauffe le corps. Le cœur, moins. J'en ai pas encore bu assez pour ça. Je fais un dernier tour de vérif' avant de sortir et verrouiller la porte derrière moi. Je rentre à pied. C'est mieux. J'ai besoin de prendre l'air ; c'est viscéral. Besoin d'être seule, de juste voir le monde circuler devant mes yeux ; les artères animées, les ruelles sombres. J'ai pas peur des recoins, je suis pas la dernière lopette de la ville. J'ai des rangers et je sais bien viser les couilles. Ok, comme ça, ça fait petite fille qui a juste écoouté les conseils de self défense de son papa. Alors que mon père m'a jamais vraiment adressé la parole. Mais en vrai, si quelqu'un me cherche des noises, je le bouffe direct. Faut pas pousser mémé. Et j'suis pas d'humeur.

Machinalement, je resors la bouteille et la porte à mes lèvres. Encore une bonne gorgée. Faudra quand même que j'évite d'arriver ivre au domaine... et bordel, j'ai aucune idée de l'heure. J'aimerai bien me poser quelque part, même solo, avant de rentrer, me dis-je alors que je bifurquais dans une rue où quelques bars semblaient pleins. Je choppe un type un peu à l'écart, qui semblait sortir de l'un d'eux. Ou d'autre part. J'en avais aucune idée et je m'en foutais bien.

« Excusez moi, vous auriez l'heure ? Avec ce couvre feu là, faut toujours être au taquet. »

Sérieux, à une minute près, on pouvait se retrouver dans l'illégalité. Bon, je devais avoir au moins un quart d'heure de marge, vu que ça grouillait encore un petit peu dans certains bars... Mais il me fallait un peu plus de temps pour rentrer. Si je devais me prendre un hôtel, autant le savoir. J'ajoutais, lui désignant ma bouteille, décidant pour une fois d'être un peu sympa.

« Vous en voulez ? J'vais sûrement tout finir en rentrant chez moi sinon, et c'est pas une bonne idée. »

Moi, suicidaire, inconsciente ? J'vous pas de quoi vous parlez.

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MessageSujet: Re: Night Eternal - Philippe & Hel   Ven 13 Oct - 22:52

Je ne suis pas rentré, ce soir. Je suis bon pour dormir dans ma voiture. De toute manière, je suis en roue libre. Je ne rends plus de compte à personne. J’ai prévenu ma boss, Mrs Orvandil, qu’elle pouvait compter sur mon absence pendant les semaines à venir, tandis que j’avais fait le mort auprès de la famille aujourd’hui, jusqu’en début de soirée où j’avais passé un coup de fil à la chambre d’hôtel, juste pour m’assurer que tout le monde était bien rentré à bon port. Puis, j’étais sorti. J’avais un travail à faire. Je me mettais dans la peau de celui qui aurait pu vieillir dix ans de plus dans l’uniforme d’un sous-officier de reconnaissance chez les paras. Ne manquait plus que le béret rouge, un peu de cirage et de peinture de camouflage. J’avais déjà mon flingue qui me rassurait… Sous le casier du poste passager, sous le niveau du plancher. J’avais mes jumelles. Les lunettes infrarouges, filées par Anders. Il avait filé des batteries rechargeables. Je pouvais même les brancher sur mon allume-cigares, même si ça prenait du temps et que mes trajets, de plus en plus courts maintenant que je ne bossais plus. J’avais au moins l’avantage de pouvoir opérer une rotation entre les différentes batteries que j’avais à disposition. C’était déjà ça. Bref. Deux heures de surveillance de la zone que la rumeur indiquait comme la place-forte des loups garous ne m’avaient rien appris, c’était même plutôt tout le contraire. J’avais suivi un véhicule en ville, jusqu’à ce bar. Mais je n’avais rien vu qui ressemblait à un lycanthrope en puissance. Choux blanc. Je reconnaissais ma défaite, et noyait la consternation dans le whisky.


Plus j’y pensais, plus je ressentais une haine constante et objective, rationnelle, envers ces créatures. Pourquoi nourrirais-je de la compassion pour eux alors qu’il était clair qu’ils avaient suffisamment peu de scrupules pour chercher des noises à une jeune femme innocente. Ma propre fille en l’occurrence. Ils allaient en baver, putain de merde. Ils avaient cramé ma maison et agressé ma fille. S’ils estimaient que le pire qui pouvait leur tomber dessus serait la loi du Talion, ils se trompaient lourdement. Ils avaient pas fait chier le bon mec, putain de merde. Pour avoir brûlé ma maison et agressé ma fille, j’allais faire péter leurs voitures, j’allais démonter leur maison morceau après morceau, abattre sans pitié tous ces putains de sac à puces. Régler le problème à l’ancienne ; pas d’homme, pas de problème. Ca marche aussi avec les putains de bêtes de foire. Je suis là, à enquiller les whisky. J’essaie de capter des conversations, de prendre la mesure des événements. Je suis là, à continuer de m’envoyer whisky sur whisky. Je n’ai plus aucune idée de l’heure. Est-ce que ce connard pâlot là bas, c’est un vampire ? Celui qui glisse sa main sous la jupe de la jeune fille d’un air affamé qui ne l’est peut être pas seulement, qui est peut être aussi libidineux.


Une jeune femme blonde à l’air qu’il fallait pas l’emmerder, me demande l’heure qu’il est. Je me frotte les yeux aux paupières presque collées de fatigue.



| L’heure d’aller se coucher. Fait nuit depuis longtemps, on est en plein hiver. C’est mort pour le couvre-feu, si les flics passent devant le bar, on finit tous au poste. |


Et l’inconsciente me demande si je veux picoler. Une étincelle de convoitise, de désir à l’état brut, s’allume dans mon regard.


| Oh bah ouais, toujours prêt à rendre service moi. Moi je m’en tape, je rentre pas chez moi c’est déjà trop tard. Je vous dois combien ? |

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MessageSujet: Re: Night Eternal - Philippe & Hel   Lun 1 Jan - 18:48

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« Night Eternal »
Le 18 février 2018


Philippe & Hel




Que de mauvaises idées ce soir. Rien que de mauvaises idées. Comme d'habitude. Où cela va t'il encore me mener ? Rentrer tard, à la limite du couvre feu, c'était déjà un très mauvais départ ; mais je n'y pouvais pas grand chose.... Il fallait bien que je finisse mon job, non ? Mais j'aurais pu éviter de prendre une bouteille. Je pourrais éviter de boire, éviter de ressasser, éviter de m'enfoncer. Franchement, il ne me suffirait que d'un peu de volonté, je le savais bien. Mais c'en était dirait on déjà trop me demander. Impulsive et inconsciente, je vole juste une bouteille avant de partir alors que je sais parfaitement que ça ne m'aidera pas. Pas à oublier, pas à avancer. Et ce sera encore pire si je suis ivre dans les rues après le couvre feu, parce que ça m'attirera des ennuis à moi, et donc par conséquent à la meute. Tout mais pas ça. C'était mes conneries, ils avaient déjà assez de soucis comme ça. Bien assez. Des plus sérieux, des plus importants, des pour lesquels ils pouvaient vraiment faire quelque chose. Mon imbécillité, ils avaient déjà essayé, c'était une cause perdue depuis longtemps. Mais lorsqu'on est aveuglé par un chagrin mêlé à une rage bouillonnante, on pense pas à tout ça. Qui sait où ça pourra me mener, un jour. Ce que je faisais là, c'était rien à ce que je pourrais peut être faire un jour sur un coup de tête si je faisais pas gaffe. Je pensais avoir dépassé ce stade où je n'avais quasiment aucun contrôle sur ma propre personne, mais les récents événements et les sentiments qu'ils réveillaient en moi m'effrayaient. Peur de moi même. Peur de ce que je peux être. Je n'ai jamais rejeté la part animale en moi, pourtant, lorsque je me rends compte tout à coup qu'elle peut me dépasser, elle n'est plus partie de moi mais une force inconnue et insaisissable, donc inquiétante et adverse. Il ne fallait pas déraper. Pour rien au monde. Il y a des instants où tout me semblait perdu, mais je devais trouver quelque chose à quoi me raccrocher. Histoire de me dire que je n'avais pas tout perdu. Histoire de me dire qu'il y avait encore quelque chose qui valait le coup pour que je me tienne correctement.

Troisième mauvaise idée de la soirée, aller parler à un inconnu. Pas que j'ai peur ; je n'hésiterai pas à lui botter le cul s'il commence à me menacer ou quoi que ce soit – quitte à compromettre ma nature. Mais si je pouvais éviter... J'étais pas forcément d'humeur ce soir. Je me rendais juste compte de l'heure sûrement avancée, de la bouteille dans mes mains. Que je ferai mieux de filer en laissant l'alcool derrière moi. J'aimerai tout de même bien savoir si je devais me faire discrète ou non, selon si l'heure du couvre feu était passée ou non. Mon téléphone n'avait plus de batterie, bien sûr. Ces trucs tiennent toujours la moitié du temps qu'elles sont censées tenir. Enfin bref. Pas d'heure sous la main, pas de moyen non plus d'appeler quelqu'un pour me raccompagner – j'avais toujours la bonne idée de venir à pied. Certes, ça me faisait un bien fou de marcher, ça me permettait de me vider la tête avant et après une journée de taff. Mais ça avait aussi ses inconvénients, lorsque la météo ne s'y prête pas, lorsqu'on est fatigué ou encore lorsqu'il est tard. Ce soir, c'était les deux derniers cas. Il faisait vraiment pas trop mal pour un soir de février.

Le type a l'air tout aussi crevé que moi en tout cas – je le vois se frotter les yeux avant de me répondre. Je soupire et marmonne :

« Et merde, un jour je changerai de job. »

Ouais, un jour. Pour l'instant, c'était quand même pratique de bosser avec d'autres membres de la meute pour une membre de la meute. Pas de soucis, pas peur de se faire démasquer comme lupine par des collègues suspicieux ou quoi. Mais ouais, comme on était pas forcément beaucoup à rester pour la fermeture, on y restait plus longtemps. Et on grillait le couvre feu. Maintenant, quatrième mauvaise idée de la soirée – serais-je assez sobre pour toutes les compter jusqu'au bout ? - proposer à boire au type. Bah oui, dans la meute on m'a apprit l'esprit communautaire, le partage, ces trucs là... Enfin, ok, pas avec des inconnus, mais je vais faire mine de pas me rappeler de ça.

« Non, laissez, j'suis même pas sûre que vous ayez les yeux assez en face des trous pour compter. Puis je l'ai pas vraiment payée, je l'ai piquée au bar où j'bosse. »

Je suis sûre qu'on l'a tous fait une fois, dans le métier. C'est tentant quand même, on peut pas tout le temps y résister... Je rajoutai, me passant les mains sur le visage :


« C'est bien la merde avec ce couvre feu quand même. »

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MessageSujet: Re: Night Eternal - Philippe & Hel   Ven 5 Jan - 21:36

J’avais combien sur moi ? Quedal. Je retournais les poches de mon jean, mais rien dedans, aucun billet. Je devais peut être faire gaffe, mais tant pis. Maintenant comme je venais de le dire, c’était mort. Plus rien ne pourrait être comme avant, j’avais passé un cap supplémentaire dans le piqué qu’avait pris mon existence depuis des mois. J’allais devoir prendre un virage radical dans mon existence et me débarrasser de mes attaches, de ces liens qui me retenaient aux miens, pour pouvoir mieux les défendre. Si je craignais sans arrêt pour leur sécurité je ne serais jamais efficace pour aller chasser toutes ces saloperies dans le but de les foutre en l’air. Je devais donc repartir en guerre, mais cette fois-ci pour mon propre compte ; je ne pouvais tout simplement plus reprendre le moindre risque et me montrer négligent. Ce serait ma dernière grosse cuite. Demain j’arrête. C’était obligatoire, sinon je mettais des gens en danger. Ma famille d’une part mais pas seulement ; il y avait aussi des tiers qui risquaient de souffrir par ma faute. Je me rappelais encore de la gestion de l’alcool sur le terrain, tandis que j’étais sergent chez les paras, en reconnaissance. J’avais dû dénoncer un de mes hommes, en 2006. Un paumé, qui avait les nerfs à creux. Le type avait fait une croix noire sur une opération.


Croix noire. Un tir sur civils.


Il avait cru à une embuscade, mais la femme ne portait rien sous son voile intégral. Quedal. Il avait cru qu’elle allait sortir une kalach et nous arroser avec. Le noir avait dissipé les formes, avait rendu leurs contours moins francs, moins anguleux. L’alcool avait fait le reste, et lui avait fait ressentir, voir et anticiper des chimères. Allez expliquer au chef du village qu’un de vos mecs chargé de protéger la communauté avait flingué sa femme préférée. J’avais la haine, j’avais les boules comme pas possible, mais je ne pouvais certainement pas me rendre responsable de la mort d’un randonneur, d’un gamin, d’une passante. Je ne le supporterais pas, les choses termineraient vraiment mal, c’était certain. La jeune femme qui bosse là, elle soupire et elle a l’air blasée, elle dit qu’un jour elle changera de job.



| Ah ? Et vous faites quoi dans la vie ? |


Quelques plaisanteries grivoises me venaient à l’esprit mais je n’avais clairement pas assez bu pour les sortir aussi tôt dans la soirée, sans compter que je voulais pas me faire virer du dernier débit de boisson ouvert qui ne m’obligeait pas à aller chercher à picoler trop loin. Bref, qu’importe, de toute façon le monde pourrait s’effondrer autour du moi que je m’en ficherais bien. Je ricane quand elle me dit que je suis trop bourré, puis je siffle quand elle sort que la bouteille elle l’a subtilisée sur son lieu de travail. Dur. C’est pas joli-joli comme attitude, mais je vais pas m’en plaindre ! Tournée gratis ! Je sens que je vais encore dormir dans ma caisse. Est-ce bien raisonnable ?


On s’en tape !


Je ricaine doucement en nous servant une généreuse rasade dans les deux verres qui restent à portée.



| Eh ben, c’est une vilaine fille ça. Et on s’en tape du couvre-feu. J’ai fait l’Afghanistan moi, on n’arrêtait pas des branleurs sous armés avec des surveillances de rue avec la meilleure technologie du monde et une bande de tueurs surarmés, c’est pas pour se branler la nouille avec les quatre flics du coin qui ont aucune idée de ce qu’ils doivent affronter. |`


Je lève mon verre pour porter un toast.


| Santé ! | en français dans le texte.


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MessageSujet: Re: Night Eternal - Philippe & Hel   Mer 10 Jan - 18:23

« Night Eternal »
Le 18 février 2018


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Qu'est-ce que je fais dans la vie, me demande le type. Qu'est-ce que je fais ? Je sais pas. N'importe quoi. Ce qui me passe par la tête, sans que ça y reste assez longtemps pour que j'aie le temps d'y réfléchir. C'est ça en général, et ça débouche sur rien de bon. Je vais dans le mur. Ce soir encore plus que jamais, semblait il. J'étais bien l'entorse à la réputation des scandinaves. Calmes, modérés, renfermés ? Renfermés oui, mais le reste ? J'en étais bien loin. J'étais une anomalie depuis le début de toute façon, et semblais tout faire, volontairement ou non, pour maintenir ma réputation. Travailler dans un bar lupin, avec des collègues lupins et une patronne lupine était censé être un pas vers les miens – voilà que je me retrouvais à errer seule, à proposer de boire à un inconnu et à mettre les miens dans une position délicate si je me faisais attraper après le couvre feu. C'est qu'il fait nuit tôt par ici, sans montre ou portable qui marche sous la main, impossible d'avoir une idée de l'heure passé 15 ou 16 heures. Est-ce que je me trouvais des excuses ? Peut être bien. Est-ce qu'elles étaient mauvaises ? Evidemment. Toutes les excuses sont mauvaises. Il n'y a que les faits qui comptent. Je pourrai justifier ce que je fais de n'importe quelle manière que je le souhaiterais, le fait est là : je fais de la merde.

Je relève machinalement la tête à sa question, stoppant mon monologue intérieur sur ma pauvre condition d'éternel mouton noir porteur de poisse. Un sourire triste s'esquisse sur mes lèvres et je hausse les épaules, me rappelant, me rappelant des regards désapprobateurs de Liv quand j'avais le malheur d'être de mauvais poil comme ça.

« Rien de fabuleux, j'suis juste serveuse. »

On fait ce qu'on peut. C'est déjà une aubaine que j'aie un boulot raisonnable – et je ne pouvais remercier que la meute pour cela. Si les miens n'avaient pas été là, si je n'avais pas été amenée à devenir l'un d'eux, qui sait où je serais aujourd'hui. Je n'osais même pas y penser. Oui, je passais mon temps à cracher sur tout, mais au fond, je savais la chance que j'avais. Je savais ce que je leur devais, et je me battrai jusqu'au bout pour eux. Pour nous. Mais on n'échappe pas à qui on est, n'est-ce pas ? Il faut bien que je me retrouve dans des situations comme celle ci. Avec un inconnu. Peut être notre ennemi. Pas un vampire – je l'aurai senti. Mais nous nous étions mis nombre d'humains à dos. J'en avais rien à foutre, je leur boufferai bien le foie à tous... Mais pas ce soir.

L'alcool coule dans mon verre que je saisis d'un geste las. Le type me dit qu'il a fait l'afghanistan. Tant mieux pour lui.

« Heureusement que c'est pas vous qui gérez le couvre feu ici alors, ça s'rait pas la même chose sinon »

Je lève mon verre avec le sien.

« Santé ! »

Un français un peu maladroit. Le seul mot que je connais dans la langue d'ailleurs. Et je bois. Repose le verre à moitié vide. Je devrais rentrer, vraiment. C'était sympa – ou pas – mais je devrais rentrer. Je suis juste trop fatiguée pour lever mon cul. Alors je reste.

« Vous, vous êtes français, non ? »




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MessageSujet: Re: Night Eternal - Philippe & Hel   Dim 14 Jan - 19:33

Deux épaves, c’est ce à quoi on doit ressembler, moi et la blonde qui m’accompagne autour d’un verre de picole. Là, je me promettais que c’était le dernier soir. On allait bien voir si j’allais tenir, mais en attendant je n’avais nullement envie de me prendre la tête, c’était même plutôt tout le contraire ; je préférais de très loin profiter de cette dernière soirée de paix et de tranquilité relatives, avant de retourner au charbon et d’avoir du sang plein les mains. Saloperies de loup-garous, de vampires, et de croques-mitaines divers, ça me foutait les boules déjà qu’ils existent, mais qu’en plus la vie les avait foutu sur mon chemin en me parant d’un déguisement d’amuse-bouche, avec toute ma famille. C’était pas de chance. De toute façon, c’était quand la dernière fois que je m’étais senti réellement chanceux ? Ca remontait, bordel de merde, y’avait pas à dire. Alors je préférais picoler. Au moins à ça, contrairement à tout le reste, on ne peut jamais être tout à fait mauvais, vous pouvez me croire. Il était tôt mais que je sois damné, bordel de merde, si je vois pas jusqu’au bout de la nuit. Je me trouverais bien un rade quelconque où crécher, et où entreposer tout mon matériel de chasse à la saloperie.


La jeune femme me dit qu’elle ne fait « rien de fabuleux », mais m’explique qu’elle est serveuse. Je ricane et tape un grand coup sur la table, faisant bondir les verres d’un millimètre.



| Rien de formidable ? Mais c’est le putain de meilleur métier du monde, c’est quoi ces conneries ? |


Faire du bien aux gens sans avoir besoin de niquer ou de les entuber, et en plus les mecs donnaient du fric pour ça. Et vue sa gueule et sa chute de reins, j’imaginais sans mal que les pourboires devaient être généreux. Oh bien sûr, ça ne voulait pas dire qu’il n’y avait pas de désavantage… Les lourdingues qui pensaient qu’un sourire voulait dire qu’ils pouvaient se faire sucer dans les toilettes, ça allait bien deux minutes, mais maintenant… Il fallait savoir assurer sa propre défense quoi, ne pas se laisser démonter, et en quittant le bar, toujours savoir garder un œil derrière le dos juste au cas où ! Et elle me sort qu’avec moi aux commandes, le couvre-feu serait pas le même. Je ne riais plus, mais j’essayais de garder le sourire.


| Oh, sans doute. C’est pas rigolo, d’assumer pleinement un couvre-feu. De toute façon ici, ce n’est qu’une mesure artificielle… Mais ça fait bien nos affaires, non ? |


Elle sort un « santé » avec un accent au couteau. Ca m’a toujours fait quelque chose, une étrangère qui parle ma langue. Et quand j’étais para, ça m’avait filé une fois ou deux la chaude-pisse, avant de rencontrer Jaana. Et elle me demande si je suis français. Je prends un ton plein d’ironie.


| Beau, plein de classe et avec ce regard ravageur, je ne peux qu’être français, en effet. |


Le sarcasme dégoulinait même de l’ironie ; je ne croyais pas une seule seconde à ce type de stéréotype.


| Y’en a pas mal dans le coin. Des français. La Norvège nous fait rêver, depuis notre plat pays. |


Et je nous ressers généreusement, sentant l’alcool me réchauffer les tripes..


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MessageSujet: Re: Night Eternal - Philippe & Hel   Ven 9 Fév - 10:02

« Night Eternal »
Le 18 février 2018


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De toute façon, au point où j'en suis... J'avais bien le droit, j'avais bien besoin, de jeter un peu l'éponge histoire d'un soir et juste picoler avec un inconnu. J'étais pas prête de bouger de là, alors autant que j'arrête de me sermonner mentalement sur la stupidité de mes actions. J'avais passé le quart de siècle d'existence sur cette foutue planète, c'est le moment de commencer à assumer ses actions, non ? Ouais. Allez. Ce soir, je picole. Loin des miens, loin de tout ce que je connais et qui m'oppresse et me rassure tant à la fois. Lorsque j'étais avec la meute, les deux sensations étaient frappantes. Comme si l'humaine et la louve ne s'étaient toujours pas apprivoisées. La première, solitaire, indépendante, se sentait enfermée dans une micro-société aussi omniprésente à chaque jour, à chaque heure de son existence. L'autre en avait besoin. Désespéramment besoin. En découlait cette relation forcément aliénante, forcément malsaine, qu'aucune des deux parties de mon être ne chercherait à changer pour rien au monde. Une meute qui causera ma mort, et pour laquelle je mourrais le sourire aux lèvres.

Pourtant, il était facile de balayer tout scrupule à faire ce que j'étais en train de faire – à savoir mettre en danger les miens si quelque chose tournait mal. Ce qui risquait d'arriver si je buvais trop. Nous étions de toute manière tellement au bord du précipice, en équilibre, poussés vers l'avant par les événements, que quoi que nous fassions, même nous promener dans la rue, serait nous mettre en danger. Notre existence même nous faisait courir un risque énorme, maintenant qu'elle était révélée. Parce que nous étions vus comme des monstres, comme des bêtes, ce que nous étions, mais surtout, aussi, de la manière dont je voyais les choses, parce que ces petits humains se rendaient tout à coup compte qu'ils n'étaient pas seuls au monde. Et forcément, ça faisait les effrayait, les pauvres choupinous. Ils se sentaient envahis ? Nous avions toujours été là. C'est nous, qui étions envahis, dans notre intimité, par des médias inquisiteurs, par des imbéciles qui croyaient encore possible de revenir en arrière en nous éliminant un à un. Ils n'avaient fait que déclencher les hostilités. Et ça me convenait entièrement. Au pire, si quelque chose tournait mal ce soir... Peut être ne m'en plaindrais-je pas tant que cela.

Le type calme son rire, alors que je continue sur le couvre feu. Cette affaire ne m'amusait pas du tout, mais qu'est-ce qu'on y pouvait ? Au fond, on se rendait de plus en plus compte de la grosse blague que c'était. On était bien là, à une heure avancée de la nuit, à faire un gros doigt d'honneur à cette vaste fumisterie.

« Clairement. De toute façon, vu le gouvernement qu'on a, il ne fallait pas trop s'attendre à autre chose. »

Et allez que je m'enfile le verre d'une traite après un essai foireux d'un « santé » en français. Je suis même sûre que je me serais mieux débrouillée avec un « na zdrowie » russe. Bref, passons. Le mec n'allait pas commencer à m'apprendre comment parler correctement sa langue – on était pas sortis de l'auberge, sinon. Je le laisse finir, hausse les sourcils lorsqu'il me dit qu'il y a beaucoup de français en Norvège.

« C'est fou, c'est pas le pays qui me ferait le plus rêver. On se les pèle toute l'année, fait nuit tout le temps, et ici, dans le nord du pays, on est quand même pas mal isolés. Faut être un peu maso pour venir ici volontairement, non ?  »

Ou amoureux. C'était souvent la même chose, à vrai dire. J'aurais suivi Liv jusqu'au bout du monde. Je hausse les épaules, essayant de chasser cette pensée furtive. Pas maintenant.

Je referme mes mains sur le verre qui vient à nouveau de se remplir, comme par magie, pensant à la chaleur qu'il m'apportera lorsqu'il descendra dans mes entrailles. Ca réconforte.

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MessageSujet: Re: Night Eternal - Philippe & Hel   Dim 25 Fév - 15:28

Rêver, rêver, c’était finalement assez vite dit, vous ne pensez pas ? Notre pays n’était peut être pas aussi en relief mais il n’était pas si mal non plus, somme toute. Que ce soit en terme de goût, ou encore de personnes, d’endroits, de tout ce qu’on voulait, mon pays d’origine était un des plus variés qui soit, finalement. Je n’avais pas à me plaindre, mais j’avais choisi de ne plus rester dans mon pays natal, pour lui préférer celui-ci, où je pensais changer de vie, fonder une famille et me montrer à la hauteur de mes nouvelles responsabilités… Mais pas sans autant de succès qu’escompté. C’était comme ça ; on ne pouvait pas toujours faire des paris gagnants, ou se montrer sous son meilleur jour. Parfois, il y avait des circonstances, des gens, des aléas qui nous piégeaient et nous empêchaient de réaliser ce pourquoi nous étions faits. On pouvait se leurrer en se disant qu’on y pouvait toujours quelque chose ; ce n’était absolument pas le cas. Parfois, on avait la main sur notre propre destin, sur tout ce qui pouvait se passer… A d’autres moments en revanche, ce n’était plus du tout le cas. J’avais subi les deux types d’actions, les deux mouvements inverses ou opposés, qui pouvaient même rentrer en collision. Le pilotage de mon existence n’avait jamais été aussi erratique, c’était un fait avéré.


La jeune femme en tout cas, ne semble pas porter le même regard un peu ironique que moi sur notre situation ; il est clair que la situation m’indiffère ou en tout cas, ne me touche pas personnellement, mais que ce n’est absolument pas le cas de ma vis-à-vis. Elle a même l’air de se poser très critique de l’action actuelle du gouvernement, ce qui n’est clairement pas quelque chose qui va de soi en Norvège, contrairement à mon propre pays d’ailleurs. Ici, il y avait une espèce de pudeur politique ; on évitait clairement de parler de ces choses-là. En France au contraire, on aimait bien se démolir mutuellement sur ce genre de sujets. Je hausse les épaules.



| J’imagine que devoir gérer ce genre de saloperies, c’est aussi nouveau pour eux que pour nous. Sauf que faire flipper un état, ça a plus de conséquences que de foutre la pétoche à quelques personnes. Ca se cumule, quelque part. |


L’idée n’était pas exprimée très clairement, mais elle était claire dans mon esprit ; il y avait bien plus de danger à faire peur aux institutions, à ceux qui étaient censés nous protéger, parce que d’une part c’était des individus comme les autres –donc qu’ils nourrissaient eux-mêmes de la peur comme tout le monde- mais en sus, il y avait la pression de chaque individualité apeurée qui pouvait se surajouter à celle déjà ressentie par les agents et décideurs politiques. Ce genre de situation, très instable, pouvait dégénérer très rapidement. Je hausse les épaules quand la jeune femme critique son propre pays, disant qu’on devait être maso pour aimer venir ici.


| Vous avez sans doute raison. Je suis venu pour suivre ma femme, fonder une famille et tout ça… Résultat, vingt ans après je me pèle le cul et les choses n’ont pas vraiment tourné comme espéré. Et vous alors, si vous êtes pas bien là, vous espérez aller dans un endroit plus chaud ? |

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