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Spirit Meeting ♦ Lionel & Sofia

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«La vie est comme une rose: douce et épineuse à la fois»
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MessageSujet: Spirit Meeting ♦ Lionel & Sofia   Mar 18 Juil - 1:36


Spirit Meeting
Lionel Warhsager & Sofia Strøm / Musique pour se mettre dans l'ambiance
Le temps semble suspendu à chaque fois que mes yeux s’égarent dans le jardin. À chaque fois que les cîmes des arbres m’évadent dans le ciel et qu’un nuage m’accueille pour mieux m’absorber. C’est cela que tout le monde recherche non? Une liberté si infinie qu’elle en devient précieuse. Une infinité qui ne connaît aucun sentiment, aucun attachement. Une infinité qui ne demande qu’à nous engloutir pour mieux ressusciter. C’est ce que je ressens en t’attendant. Cette envie de disparaître si chère à mon coeur. une envie de devenir à l’image de ces nuages poussés par le léger vent de ce jour. Tu vois, je suis raisonnable. J’aurai pu vouloir être à l’image de la neige au soleil, et fondre...juste fondre sous sa caresse. Mais j’ai toujours préféré l’impétuosité du vent. Ses demandes insistantes quand il veut quelque chose. Certains le jugent sauvage, je le trouve simplement exigeant. C’est lui qui taille les montagnes. Lui qui est un véritable sculpteur. Un artiste. Comme moi. Enfin c’est ce qu’on dit de moi. C’est pour cela que mes toiles ne resteront pas éternellement silencieuses. C’est à moi de les faire parler. C’est ce que veut mon agent. Mais toi que me voudras-tu? Tomberas-tu sous leur charme? Les désireras-tu au point de vouloir t’en emparer avec quelques billets?

Je n’ai jamais réellement compris comment l’art pouvait se laisser emprisonner par de l’argent. Comment quelque chose de si intuitif pouvait répondre à des critères si normés. À moins bien sûr, que c’est cela que toi, comme tous les autres amateurs d’art recherchez? Ce qui ne peut être contenu?

Je me redresse, laissant la nature m’entourer dans le cocon de mon atelier. Que des vitres, c’est ce que je voulais. Me sentir libre en tout temps, surtout quand je crée. Et je l’avais obtenu. Mon père pensait à tout. Du moins lui qui avait voulu de moi. Si tu connaissais mes pensées tu te moquerais bien de moi n’est-ce pas? Parler ainsi de liberté alors même que j’étais dans l’incapacité de payer mon propre atelier...Je sais. à croire que les oiseaux ont besoin d’une cage dorée. C’est ce que j’ai voulu croire, mais je sais que désormais c’est faux. Si je reste c’est par choix. Par amour même. Je ne sais pas vraiment ce que cela veut dire, mais je veux croire que cela veut dire quelque chose. J’ai besoin de sens. Encore plus depuis les émeutes. Encore plus depuis que la réalité a pris une tournure que personne - pas même d’excellents auteurs - auraient pu imaginer.

Je me saisis d’un crayon et décide d’entamer une nouvelle toile tout en t’attendant. À ton arrivée au domaine des Strøm tu seras accueillis par le majordome qui t’amènera jusqu’ici...Tu en auras pour un beau quart d’heure à parcourir un bout de nature de notre terrain. Je ne sais pas si Alek t’a parlé de notre père. Je ne sais pas s’il t’a prévenu d’où tu mettais les pieds. Il était si entreprenant l’autre midi où nous nous sommes rencontrés toi et moi. Tellement sûr de lui en te parlant de mon art que je préfère tenir secret. Ce n’est pas pour rien que je signe en tant que «Rose». Pas simplement par poésie, mais aussi par vérité. Mais après tout, y a-t-il une réelle différence entre les deux?

Je pense à toi en commençant à peindre. Et un paysage commence rapidement à apparaître. Il y a des temples, sans aucun doute bouddhiste - tu sembles bouddhiste - mais aussi des cascades et beaucoup de végétation. Comme si tu n’étais pas aussi lisse que tu le laissais montrer. Mais après tout, je ne suis pas là pour te juger. Toi oui. Tu jugeras si mon art te parle, s’il fait naître en toi une émotion. Tu jugeras de mon talent et du montant que tu es prêt à payer pour avoir une de mes œuvres chez toi. Mais ce n’est pas ton argent qui m’intéresse, tu le comprendras dès tes premiers pas dans la propriété. C’est ton âme à toi. Sera-t-elle un reflet de cette oeuvre qui naît à peine?

Un tintement. Tu viens de pénétrer dans mon atelier où plusieurs toiles t’accueillent de leurs couleurs. J’aime les teintes vives, même si parfois elles le sont moins. Il y a autant des paysages que des visages...des villes que des forêts.

Je me tourne doucement vers toi, le crayon se posant entre mon index et mon majeur. «Monsieur Warhsager, bienvenue par ici.» Le soleil brillait encore dans le ciel. Une fin d’après-midi à la température douce pour la saison. Ici, je portais simplement une chemise ample, légèrement transparente, collant parfaitement à l’image de l’artiste bohème et qui retombait sur un jean. Être en ta présence ici, dans mon nid, sans la présence rassurante de mon frère me destabilisait quelque peu. Je n’aimais pas recevoir ici des étrangers. Car c’était ce que nous étions, n’est-ce pas? «J’espère que vous avez passé un belle journée...histoire de pouvoir apprécier mes toiles.» Un sourire. Doux. Sincère. C’est tout ce que je pouvais t’offrir pour le moment.
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MessageSujet: Re: Spirit Meeting ♦ Lionel & Sofia   Ven 21 Juil - 0:50

ft. Lionel Wahrsager

ft. Sofia Strøm

「 Spirit meeting 」

17 Janvier 2018

Il est encore tôt lorsque je quitte mon bureau, à l’extérieur le ciel est déjà noir et l’air entrant par la fenêtre est glacial. Malgré tout, cette journée n’a pas été une mauvaise journée, pour une fois, il n’a pas neigé, de ce fait, l’épaisse couche de neige recouvrant habituellement le sol de la ville à presque disparu par endroits, laissant paraître le bitume et le goudron craquelé.

C’est d’un pas léger, presque joyeux, que je me dirige vers la sortie de la mairie, saluant au passage l’un de mes nouveaux collègues, Alek, qui en me voyant, m’arrête et se met à me parler d’un ton amical, un sourire agréable sur les lèvres.

« Wahrsager ! Alors, comme ça, on fait le mur ? » me demande-t-il avec humour.

« Pas du tout, Strøm, j’en ai juste fini pour aujourd’hui. Et toi ? C’est à cette heure ci qu’on arrive au travail »

Amusé, il rit un instant avant de me répondre :

« Malheureusement, non. On a un petit souci au département. »

« Ah ? »

« Rien de spécial, un citoyen mécontent. » dit-il en haussant les épaules, sont amusement laissant place à l’exaspération.

« Pour ne pas changer. Ils se plaignent et nous on cumule les heures supplémentaires. » dis-je d’un ton compatissant, me remémorant le nombre de fois où j’ai été confronté au même genre de situation.

« Ne m’en parle pas, je sens que ça va être long… » il soupire, avant de changer de sujet. « Puisque tu pars tôt, je suppose que ma pauvre Sofia n’aura pas à t’accueillir à des heures impossibles. »

« Si tu penses que je suis le genre d’homme à faire patienter une demoiselle, tu as tort, Strøm. »
dis-je en souriant.

« Toujours aussi galant Wahrsager. » dit-il en secouant la tête, un air, un peu déconcerté au visage.« « Enfin bref, il faut que j’y aille, le devoir m’appelle. »

Nous nous adressons un signe de tête et nous éloignons l’un de l’autre, lui vers ce qui s’annonce être un rude après-midi, moi, vers la perspective d’une fin de journée passée en bonne compagnie. Avant qu’il disparaisse complètement au détour d’un couloir, il m’interpelle une dernière fois.

« Wahrsager ! Ma sœur, traite la bien ! Et je te rappelle que tu me dois un déjeuner ! »

« C’est pas mon genre de maltraité une femme et oui, j’aurais du mal à oublier que je t’en dois une vue que tu me le rappelles tous les jours, Strøm. »

Alors que sa silhouette disparaît au détour du couloir, j’entends tout de même son rire au loin, et malgré moi, je sens le coin de ma bouche d’étirer en un sourire amusé. C’est en secouant la tête que je sors de la mairie, le froid glacial d’un hiver nordique me frappant de plein fouet. Frissonnant, je ressers les pans de mon manteau et me dirige rapidement vers la berline noire qui m’attends à quelques pas à peine de mon lieu de travail.

Une fois confortablement installé à l’intérieur, je démarre la voiture et me dirige vers le centre du vieux Valhöll, roulant à travers son dédale de rues étroites qui finit par le mener au pied de l’immeuble ancien, mais élégant dans lequel j’ai élu domicile. Si mon intention première était de me rendre directement au domicile de la jeune artiste, mon soudain temps libre me permet de faire un détour par mon appartement, afin d’y déposer mes affaires et surtout de me changer dans quelque chose de plus confortable.
Si mon travail m’oblige le plus souvent à revêtir un costume trois pièces, véritable uniforme non-officiel de tous les bureaucrates dans mon genre, la perspective de passer les prochaines heures à admirer et potentiellement acheter diverses œuvres d’art me pousse à vouloir quelque chose d’informel.

Une fois changer, je remonte dans ma voiture, et me dirige vers la demeure familiale des Strøm, qui comme Alek et sa sœur me l’avaient dit quelques jours plus tôt, se trouve à environ une bonne demi-heure de mon domicile. Une fois arrivé sur les lieux, je prends quelques instants à admirer la maison ainsi que le paysage qui l’entoure. Perdue dans un océan de blancheur, la demeure se dresse, isolée, dernier bastion de l’humanité entourée par la nature. Distraitement, je me fais la réflexion qu’on plein été, cet endroit doit être un véritable écrin de verdure.

Je sors de la voiture et me dirige rapidement vers l’entrée, souhaitant rentrer au plus vite à l’intérieur malgré la température bien plus clémente que d’habitude, un rayon de soleil arrivant même à percer les nuages de temps à autre. Bienheureusement, je n’ai pas longtemps à attendre, un homme vient à ma rencontre, se présentant comme le majordome de la maison, lui expliquant rapidement les raisons de ma venue, il me guide vers les jardins et me montrer au loin, les contours vagues d’une bâtisse ; l’atelier de Mademoiselle Strøm, précise-t-il avant de s’incliner et de me laisser me débrouiller seul.

Je soupire à l’idée de devoir marcher aussi longtemps à l’extérieur, mais prenant mon courage à deux mains, je me mets en route, me rapprochant à chaque pas de mon objectif. Au bout d’une vingtaine de minutes, lorsque je pousse enfin les portes de l’atelier, entendant le doux bruit d’une sonnette retentir au-dessus de ma tête, j’arrive à peine à sentir mon visage. Tout en me frottant les mains, tentant de faire repartir ma circulation, je jette un coup d’œil autour de moi, observant d’un œil critique m’entourant, alors que je me retourne, la belle jeune femme brune qui quelques instants auparavant, était plongée dans son élan artistique me fait face.

« Monsieur Warhsager, bienvenue par ici. »

Sans un mot, je la rejoins, attendant d’être plus près d’elle avant de lui parler.

« Mademoiselle Strøm, c’est un vrai plaisir de vous revoir. » lui dis-je chaleureusement, puis levant la main, je fais un geste qui englobe l’ensemble de son atelier « Votre atelier est charmant, quoique, un peu difficile à trouver. » continue-ai-je avec une pointe d’humour dans la voix.

Un sourire doux au visage, elle continue :

« J’espère que vous avez passé une belle journée...histoire de pouvoir apprécier mes toiles.»

« Jusqu’à présent, je n’ai pas eu à me plaindre. Et puis, la perspective de passer du temps en bonne compagnie et dans un endroit aussi beau suffirait à rendre sa bonne humeur à n’importe quel homme, n’est-ce pas ? »

Je détourne la tête et regarde l’œuvre sur laquelle la jeune femme était occupée, alors que j’admire son travail, l’odeur de la peinture encore fraîche envahi mes narines. Elle a peint ce qui ressemble à un temple bouddhiste, entouré par la végétation et des cascades, l’ensemble dégage une impression de sérénité, malgré le fait que le tableau ne soit pas encore terminé. Je me demande ce qui a bien pu inspirer Sofia et me tourne vers elle, un sourire affable au visage.

« Vous étiez occupée à ce que je vois ? J’aime beaucoup, ce tableau dégage une impression de sérénité… Puis-je vous demandez ce qui vous l’a inspiré ? »

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MessageSujet: Re: Spirit Meeting ♦ Lionel & Sofia   Ven 21 Juil - 23:23


Spirit Meeting
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C’est toujours ainsi. Il y a comme un déchirement dans l’air dès que je ne suis plus seule. Comme si des choses invisibles se mettaient à bouger autours de moi - autours de toi aussi - à partir du moment où nous nous retrouvions ensemble. L’immobilité de la solitude se voit sans cesse renverser par la venue d’un autre être. Et la créativité - ma muse - semble à chaque fois se retirer, trop timide pour être contemplée par quelqu’un d’autre. Par un étranger. Je la laisse reculer, amenant mon attention sur toi, délaissant cette peinture qui faisait écho à ton âme. J’aime peindre ce qu’une personne me fait ressentir. Une part de moi sait qu’il ne s’agit que de mes propres projections, mais une autre veut croire que c’est la vérité. Parfois, je me surprends à demander au modèle s’il se retrouve dans les méandres de la toile? S’il arrive à se percevoir comme mes yeux le voient. Il est rare que ce soit le cas. Non pas car je ne vois pas la vérité, mais car cette dernière dérange et que les humains préfèrent mentir plutôt que d’avouer avoir été vus. Nus. Vulnérables. Es-tu de cela? À vouloir préserver les apparences coûte que coûte? La vérité dérange, mais le mensonge tue. Il tue les liens et la vie elle-même.

Toi aussi tu es plus détendu. Ta tenue parle pour toi, bien que les apparences peuvent donc être trompeuses. J’apprécie tes traits, ce masque venu d’une autre époque, bien loin des visages qu’on a l’habitude de croiser en Norvège. Il me prendrait presque le goût de t’interroger sur tes origines, de boire tes paroles sur tes traditions. Mais au-delà du fait que le moment ne s’y prête pas, il y a cette incommensurable possibilité que tu n’aies rien connus de tes ancêtres. Non pas car tu n’as pas pu, mais car tu n’as pas voulu. À moins que tu ne sois comme moi, une pièce rapportée qui cherche encore le coeur de sa création. Mais je doute encore plus que parler de ce vide en moi ne te soit profitable. Les gens veulent les toiles mais pas l’artiste. Certains pensent vouloir ce dernier, mais il n’y a que la beauté qu’ils recherchent. Pour la contempler...ou la pervertir. C’est ainsi que le monde fonctionne entre beauté et horreur, entre plénitude et vide abyssal.

Mon sourire s’accentue à ta remarque. «Vous n’appréciez pas une bonne marche en pleine nature?» Mon sourcil droit s’arqua, signe de mon réel intérêt face à la réponse que tu pourras m’offrir. Est-ce le froid qui t’a tant mordu, au point qu’arriver en ces lieux te soulage? Il est vrai que ce fut un choix ambitieux que de construire l’atelier au milieu du jardin. J’aurai pu me contenter de quelque chose jouxtant la maison. Mais marcher qu’il fasse froid ou chaud, marcher jusqu’à trouver mon atelier me donnait sans cesse une sensation de pèlerinage. C’était quelque chose d’essentiel pour moi d’avoir un endroit suffisamment neutre, même si je pouvais créer n’importe où. Je crois qu’on pourrait dire sans se tromper que j’avais déjà mes petits caprices dès que cela touchait à l’art.

Pour le reste, je ne peux qu'acquiescer de la tête. Tu es charmeur, je l’avais déjà remarqué lors du repas avec mon frère. Tu avais ce talent de séduire les foules rien qu’avec la parole. Tu me donnais la sensation d’être toujours bien sous tout rapport. Et bien entendu, c’est cela qui semblait avoir poussé ma muse à me souffler tes vérités. Un paysage peut sembler anodin. La majorité du monde capte ce qui saute aux yeux...Mais l’intérêt est toujours dans les détails.

Mais pour le moment l’heure n’est pas à cela. Je te laisse contempler - te contempler - l’oeuvre qui est loin d’être terminée. Il me reste des éléments à ajouter et bien entendu la couleur. Mon regard vient capturer le tien avant de t’offrir une réponse: «Vous. C’est vous qui inspirez un tel paysage.» Je laisse le silence entourer nos silhouettes. «Mais ne vous laissez pas tromper par cette sérénité.» Je me déplace, attrapant une carafe pour faire couler l’eau dans deux verres. «Vous savez mieux que moi que vous n’êtes pas que serein.» Je te tends un verre, mon regard arpentant la courbure de ta mâchoire jusqu’aux profondeurs de ton regard. «Comme il n’y a pas que des temples dans cette toile. La jungle cache bien des prédateurs.» Je souris plus franchement avant de poursuivre: «Mais cette toile est loin d’être terminée...J’apprécie toutefois qu’elle soit un minimum à votre goût.»

Je porte le verre d’eau à mes lèvres avant de prendre une grande respiration. «Alors, que puis-je faire pour vous? Avez-vous une préférence? Des paysages, des portraits…? Des couleurs? À moins que je ne vous laisse faire le tour...sachant que certaines de mes toiles sont aussi exposées dans une galerie en ville...pour celles-ci, je pourrais vous montrer mon carnet.»

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MessageSujet: Re: Spirit Meeting ♦ Lionel & Sofia   Lun 24 Juil - 22:48

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「 Spirit meeting 」

17 Janvier 2018

Je fais face à la jeune femme m’ayant gracieusement invité dans son lieu de création, attendant qu’une réponse naisse d’entre ses lèvres. En attendant, je laisse mon regard se perdre sur ce qui m’entoure, je prends le temps d’examiner les quelques peintures qui sont savamment exposées, chacune présentant leurs plus beaux jours aux futurs acheteurs venant se perdre ici. Mis à part les œuvres de la jeune dame, on ne retrouve pas grand-chose ici, si ce n’est du matériel de peinture et des toiles vierges. La voix de Sofia retenti, me sortant de ma contemplation presque méditative des lieux.

«Vous n’appréciez pas une bonne marche en pleine nature?»

Si le ton de la jeune femme est des plus innocents, son sourcil s’arquant avec finesse, donne une toute autre dimension à cette simple phrase.

« Au contraire, Mademoiselle. Il n’y a rien de plus vivifiant, et même stimulant qu’une marche en pleine nature. » dis-je d’un ton amical « Non, si le temps était plus clément, j’aurais certainement pris bien plus de plaisir au trajet qui m’a mené à votre atelier. » dis-je en ponctuant la fin de ma phrase d’un sourire un peu secret, comme si je venais de lui faire une confidence honteuse.

Désirant prendre un peu plus mes aises dans ce lieu si privilégié, je fais quelques pas, faisant rapidement le tour du peu d’espace libre que m’offre l’atelier. Je prends bien soin de m’arrêter devant chaque peinture quelques instants, affichant une expression intéressée au visage. Une fois, cela fait, je me retourne vers mon hôtesse et lui demande poliment :

« Y a t-il un endroit où je peux déposer mon manteau ? »

Alors que je déboutonne prestement le manteau épais que je porte, Sofia m’indique simplement un emplacement libre que j’avais déjà remarqué quelques instants plus tôt lors de ma petite inspection des lieux. Elle en profite également pour reprendre la conversation.

«Vous. C’est vous qui inspirez un tel paysage.»

« Vraiment ? Vous ne m’avez pourtant rencontré qu’une seule fois, de manière brève qui plus est. » dis-je en retirant mon manteau, plaçant sa lourde masse sur mon bras.

«Mais ne vous laissez pas tromper par cette sérénité.»

Amusé, je lève un sourcil interrogateur, avant de me diriger vers l’espace libre censé accueillir mon manteau. Une fois ma charge déposée, je me retourne vers la jeune femme et réponds à sa phrase mystérieuse.

« Vous pensez savoir quelque chose sur moi que j’ignore ? »

«Vous savez mieux que moi que vous n’êtes pas que serein.» dit-elle avec un éclat de défi dans le regard, sa manière à elle de me mettre au défi de la contredire.

Alors qu’elle termine de verser l’eau dans les verres, je me dirige vers elle lentement, l’observant avec attention, un sourire en coin étirant mes lèvres, je la laisse continuer son raisonnement sans rien dire. Pour l’instant du moins.

«Comme il n’y a pas que des temples dans cette toile. La jungle cache bien des prédateurs.»

Le sourire qui éclaire alors son visage est positivement provocateur, et je sens mon sourire s’agrandir.

« Un prédateur ? Moi ? Non, je n’aime pas la chasse et encore moins le goût du sang, Mademoiselle Strøm. »

«Mais cette toile est loin d’être terminée...J’apprécie toutefois qu’elle soit un minimum à votre goût.» termine-t-elle d’une voix énigmatique.

Notre petit échange m’a permis de me retrouver devant la même table que mon interlocutrice et à mon tour, je prends l’un des verres d’eau qu’elle a gracieusement remplie et la porte à mes lèvres. Je bois quelques gorgées avant de déposer le verre sur la table, remerciant d’un signe de tête la femme me faisant face.

Je l’observe prendre une grande inspiration, rassemblant visiblement ses forces pour la suite de la conversation. En attendant qu’elle se sente prête à reprendre, je laisse mon regard se perdre vers au-dehors. À l’extérieur, la neige à recommencer à tomber à mon plus grand déplaisir et je sens une légère grimace de dégoût tordre ma bouche.

«Alors, que puis-je faire pour vous? Avez-vous une préférence? Des paysages, des portraits…? Des couleurs? À moins que je ne vous laisse faire le tour...sachant que certaines de mes toiles sont aussi exposées dans une galerie en ville...pour celles-ci, je pourrais vous montrer mon carnet.»

Sa voix, claire et mélodieuse, ramène mon attention vers elle, si j’ai laissé mon regard se perdre vers l’extérieur, elle n’a pas cessé de me regarder et n’a certainement pas manquer le changement d’expression sur mon visage. Malgré tout, j’arrive à composer une expression agréable avant de répondre.

« Ce que je préfère ? Bonne question, une que peu d’artistes m’ont poser. »

Je m’éloigne un peu d’elle, installant une distance bienvenue qui me laisse le temps de réfléchir à une réponse que je n’ai pas prévu de lui donner. Entre lui donner une réponse toute faite ou insuffler un peu de vérité mon cœur balance. Finalement, je décide de rester vague, tout en lui lançant un défi.

« J’apprécie ce que vous avez peint, Mademoiselle Strøm. Néanmoins, puisque vous me demandez, permettez-moi de vous répondre. Ce que j’aimerais voir illustrer, Mademoiselle, c’est le néant. Pourriez-vous me peindre le néant ? » dis-je d’un ton sincèrement curieux.

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MessageSujet: Re: Spirit Meeting ♦ Lionel & Sofia   Mer 2 Aoû - 0:04


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Me laisseras-tu savoir qui tu es? Ou préféreras-tu jouer un rôle? Habituellement tout le monde préfère le masque, plutôt que de montrer son vrai visage. Comme si chacun avait peur au fond de lui qu’on voit ses blessures et ses faiblesses. Plus le temps passe, plus je crois que l’homme est un loup pour lui-même. Pas besoin d’autres monstres que celui que nous pouvons être, au point de ne jamais - ou presque - révéler notre vrai visage. Même les média en ont fait un métier que de porter des masques. Masquant même la vérité afin de manipuler. Mais à quel fin? Le profit, bien souvent il n’y a que lui ainsi que le pouvoir. et je me demande si tu es ce genre d’homme. Avoir du pouvoir, garder le contrôle. Des choses qui sont bien proches l’une de l’autre et que beaucoup aime à collectionner. Mais pour le moment ton regard se porte sur mon atelier. Tu es là pour cela, il n’y a rien de mal à cela. Et puis, cela me permet de te contempler sans que tu n’y puisses rien. Mais voudrais-tu seulement changer quoi que ce soit?

Au moins ne me mens-tu pas en répondant à ma boutade. Il m’avait bien semblé que cette marche improvisée n’avait pas été de ton goût. Et j’apprends à découvrir ta politesse dans ta façon de me l’exprimer. Je trouve cela beau, même si cela veut dire que la délicatesse le remportera toujours auprès de toi qu’une approche plus franche. Mais encore faudrait-il que je veuille m’approcher. Pour le moment je me contente de t’observer, à ton image qui observe mes toiles avant de te tourner vers moi, une demande aux lèvres. Un geste pour accompagner ma réponse. Rien de bien transcendant, pas maintenant, peut-être jamais. Je te laisse déposer ta veste tout en distillant ma vérité car je ne la crains pas. J’observe la moindre de tes expressions et je me rends compte comme tu contrôles tout...absolument tout. J’ai bel et bien conscience que nous ne nous connaissons pas...et pourtant mon intuition m’a rarement fait défaut. Mais de là à appuyer mes dires sur ce fait, te laissant un souvenir de moi comme la hippie que je suis...non. Nous n’en étions pas là toi et moi. Mais je ne démords pas pour autant. Tu auras beau nier les faits, vouloir garder ton masque, j’irai voir au-delà de ce dernier car il n’y a que là que la vie est intéressante.

Mais tu ne désires pas te rendre dans de telle contrée. Tu préfères me parler en des termes concrets, comme si la poésie n’avait pas de prise sur toi. Ce n’était pas grave après tout, ce n’était pas comme si j’avais l’envie que nous soyons amis. Tu étais celui de mon frère, cela devait déjà te suffire. Et puis...j’étais bien plus curieuse qu’Alek qui se contentait sans doute des informations que tu voulais bien lui offrir. Mais pour moi, une relation était digne de confiance et d’intérêt que lorsque les masques se levaient...et c’était chose rare. À moins que je n’inspirais pas confiance. Tout est possible après tout. En observant la grimace sur ton visage à la vue de la neige, je me rappelais que tu étais nouveau dans la région...et je me demandais bien pourquoi avoir choisi un tel endroit si la neige t’incommodait tant. Mais sans doute n’avais-tu pas eu le choix…

Fort heureusement je délaissais ces interrogations pour attendre une réponse qui aurait plus d’allure que celles que tu avais pu m’offrir jusqu’à maintenant. Je t’observais prendre de la distance par rapport à moi avant de me dire enfin ce que tu désirais le plus...J’haussais un sourcil. Je devais avouer que tu me surprenais. Personne ne m’avait jamais demandé cela jusqu’à maintenant. Une part de moi comprenait ces fameuses zones d’ombres que le tableau que tu m’inspirais désirait que je garde...Mais ici j’étais certaine que tu souhaitais davantage que quelques gouttes de néant. «Avez-vous réellement besoin d’une peinture pour voir le néant? J’ai comme l’impression que c’est une chose qui vous est familière...à moins que ce ne soit l’ordre, l’équilibre qui ne le soit pour vous?»

Je laissais en suspens un instant mes paroles. Plusieurs images me venaient en tête pour illustrer le néant...le chaos. «Pour vous donner une réponse, je vous dirai que oui...Mais si vous désirez une toile si personnalisée, je vous remercierai de me décrire ce qu’est le néant à vos yeux?»


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MessageSujet: Re: Spirit Meeting ♦ Lionel & Sofia   Sam 12 Aoû - 22:25

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「 Spirit meeting 」

17 Janvier 2018

J’observe la jeune femme me faisant face, mes yeux se plongeant dans ses yeux, son regard expressif qui dans son cas, la trahis inlassablement. Non pas qu’elle tente de cacher ses émotions ou ses pensées, non…

Elle ne semble pas faire partie de ce genre de personne ; elle ne connaît pas les règles du jeu auquel je me livre avec une certaine expertise depuis des décennies ou si elle le connaît, elle n’en a cure, le peu de temps passé en sa compagnie m’a au moins permis d’apprendre cela sur elle.

Non, bien loin de là, car comme le proverbe le dis, si yeux sont le miroir de l’âme, alors son âme se trouve exposé à mon regard inquisiteur. Alors même qu’elle plonge ses orbes dans les miens, tentant silencieusement de trouver une réponse dans mes yeux à la suite de ma requête peu conventionnelle, je sais très bien qu’elle ne trouvera pas ce qu’elle cherche en moi.

Les minutes s’écoulent dans un silence qui aurait pu en mettre mal à l’aise plus d’un, mais pas moi. Au contraire, j’apprécie ce temps de repos, cette sorte d’état de sérénité, un moment de calme avant la tempête.

J’ai toujours apprécié le silence, prendre le temps d’observer le monde qui m’entoure et pas juste me contenter de la traverser comme bien d’autres gens autour de moi. Malheureusement, il me semble qu’à mesure que le temps passe, le gens qui gravite autour de moi sont ceux qui sont incapable d’apprécier ce silence pour ce qu’il est et tente toujours de le combler en prononçant des mots vides de sens.

Lorsque ses paroles retentissent enfin à mes oreilles, me sortant de la transe contemplative dans laquelle je me suis plongé par inadvertance, je peine à saisir le sens de ce qu’elle vient de me dire, je la fixe sans cligner des yeux quelques instants, avant de reprendre mes esprits et de lui répondre.

« Il est vrai que l’ordre est quelque chose que j’apprécie tout particulièrement, mais il n’est pas chose rare à voir, surtout de nos jours, n’est-ce pas ? » dis-je en inclinant légèrement ma tête sur le côté, tentant toujours de rassembler mes pensées.

« Quant au chaos… Je dirais que c’est un mal nécessaire, oui, après tout, comme il faut avoir connu la souffrance pour apprécier pleinement le plaisir, je pense que pour pouvoir obtenir l’ordre, il faut d’abord passer par le chaos. »

Je laisse mes paroles en suspens, avant de prendre appui contre la table sur laquelle est posé le verre d’eau presque vide. Alors que je m’apprête à nouveau à partir dans mes pensées, sa voix résonne à nouveau, m’obligeant à lever les yeux vers elle et à trouver un semblant de réponse à lui donner.

Je cherche alors, mais ne trouve rien au fond de moi, rien de ce que je pourrais lui donner comme réponse ne pourrais arriver à satisfaire son insatiable curiosité, ça, j’en suis certain et par-delà les innombrables couches de superficialité faisant office d’armure entre Lionel la figure publique et Lionel la figure privée, je ne trouve rien d’autre à lui donner que du néant, ce même néant que je souhaite tellement voir représenté.

Admettant ma défaite, je me frotte les tempes, cherchant à apaiser le mal que je sens naître dans mon âme, avant de lever les mains vers la jeune femme, lui signifiant ainsi ma déconfiture.

« Je dois bien admettre que je n’en ai pas la moindre idée… » dis-je en me frottant la nuque d’une main, alors que l’autre s’accroche au rebord de la table.

« Je ne sais pas pourquoi j’ai dit une chose pareille, oublions cela, si vous voulez bien. »


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MessageSujet: Re: Spirit Meeting ♦ Lionel & Sofia   Sam 19 Aoû - 3:16


Spirit Meeting
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Certains disent que le regard est ce qui nous trahit le plus en ce monde. Que le regard est le miroir de l’âme...Mais pour être trahi, il nous faut avoir des ennemis. Il nous faut se sentir prédateur ou proie en ce monde. Et ce n’était clairement pas mon cas. Je n’avais pas envie d’un monde de luttes, même si c’était ce qu’il était. Mon idéalisme me poussait à croire que si chaque individu s’ouvrait à la vie, nous trouverions une autre façon - plus franche - d’entrer en contact les uns avec les autres. Mais je me rendais bien compte que tu ne partageais pas cela avec moi. L’opacité de ton regard, ce reflet que tu m’avais renvoyé, me prouvait que notre échange ne pourrait pas se détourner de son objectif premier: acheter - ou pas - l’une de mes toiles. C’était comme si quelque part, nous ne pourrions jamais nous comprendre car une part de toi appartenait au néant dont tu m’avais parlé. Se pouvait-il que tu sois aussi coupé de tes émotions? Car c’étaient elles la vie, celle qui nous rappelait en tout instant que notre destinée pouvait s’éteindre autant que de changer de route. Mais pas chez toi. Les choses semblaient posées et éternelles. À l’image de ce silence qui nous enroba tous les deux.

Je ne pouvais qu’être en accord avec ta vision sur le néant et l’ordre. Tout sur cette terre était un joyeux mélange de polarités positives comme négatives. Pour connaître la joie, il nous fallait vivre la tristesse, pour vivre, nous savions tous qu’un jour nous mourrons. Quelque part, c’était là que se trouvait l’équilibre. Mais je ne pris pas le temps d’exprimer cette pensée, préférant te questionner plus directement sur l’attente que tu pourrais avoir envers ce tableau représentant le néant. Et c’est là, à l’aube d’une réponse qui jamais ne naquit, que je contemplais ce que tu ne sus pas m’exposer. J’inclinais légèrement le visage, tandis que je contemplais ce vide, ce néant au creux de ton regard. J’eu comme la sensation que deux parties de toi n’arrivaient pas à se rejoindre. Comme s’il y avait une facette que tu osais montrer - que tu devais montrer - et qu’il y avait l’autre, plus dangereuse, plus sournoise peut-être qui n’avait pas le droit d’exister. Pas en ma présence tout du moins.

Mon regard contempla un instant cette jungle que j’avais commencé à dessiner avant ton arrivée et je sus dans mon coeur qu’il y avait là une part de ta vérité. C’est là que tu commenças à t’excuser, mais également à t’agiter. Je ne comprenais pas en quoi ce sujet venait tant te perturber, mais je ne pouvais nier ce que je ressentais. C’est ainsi que je me déplaçais doucement, m’approchant de toi tandis que tu proposais de tout oublier. Arrivée face à toi, totalement silencieuse, je vins déposer ma main sur la tienne, la faisant délaisser ta nuque afin de venir se déposer dans mon autre main. C’est ainsi que ta main se retrouva entre mes deux mains, tandis que mon regard se porta dans le tien avec douceur, mais détermination également: «J’en ai une vague idée.» De ce fameux néant qui semblait t’avoir fait perdre l’équilibre. «Tu m’as fait part de ton souhait car tu sais que je peux le comprendre et le réaliser.» Au final ce néant venait faire écho à ce vide au creux de mon ventre qui se manifesta d’ailleurs à cet instant, me donnant une sensation de vide peu agréable.

Mon regard accroché au tien, je poursuivis: «Je peux le comprendre car je porte le même à l’intérieur de moi.» Cette connexion me dépassait en cet instant. C’était totalement hors du temps et du contexte. Je ne me rendais pas compte que tu n’étais qu’un étranger et que j’étais la même chose pour toi. À travers le vide, j’avais l’impression que nous nous rejoignons. Mes mains glissèrent, revenant vers moi, libérant ta main. Mes paupières papillonnèrent un instant, comme si je revenais à moi. Et c’était le cas. Je n’avais pas compris ce qui venait d’être vécu, ma bouche s’entrouvrant sans savoir que dire. C’est ainsi que je reculais d’un pas - coupant cette intimité qui venait de nous étreindre - puis d’un autre afin d’être en mesure de retourner de l’autre côté de la table centrale, comme pour m’éviter d’être aspiré par ton néant qui faisait écho au mien. Mon regard se porta sur la toile - la jungle - et j’arrivais simplement à te dire: «Si vous n’avez rien qui vous plait dans l’atelier, je pourrais vous montrer ce qui se trouve en galerie, mais aussi finir cette toile...ou en créer une autre avec le...néant donc.» J’étais soudainement gênée. Le fait que tu sois le collègue de mon frère me revenant en mémoire. Je ne comprenais toujours pas pourquoi j’étais venue jusqu’à toi...


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MessageSujet: Re: Spirit Meeting ♦ Lionel & Sofia   Dim 20 Aoû - 8:40

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「 Spirit meeting 」

17 Janvier 2018

Je l’observe sans un mot, son regard se détournant du mien pour se plonger dans son œuvre, celle qu’elle a commencé pur moi, bien avant que mes pas me conduisent à son atelier. Alors que son regard perd de sa puissance, signe indéniable qu’elle est perdu quelque part dans un recoin de son esprit créatif, je ne peux m’empêcher de la détailler, chose que je ne me suis pas permis de faire jusque alors.

Si dès le premier instant ou nos pas se sont croisés, grâce à son frère Alek, j’ai remarqué et apprécier la beauté délicate de la jeune femme me faisant face, je commence seulement maintenant à réaliser que cette beauté cache en fait un esprit des plus aiguisé, comme elle me l’a prouvé à de maintes reprises lors de cet entretien.

Encore une fois, c’est elle qui me tire du silence qui s’est installé entre nous, ce silence, l’espace d’un instant, j’ai l’impression que c’est lui qui caractérise notre relation. Elle qui tente encore et encore de percer à jour ce que je suis et moi qui encore et encore, ne lui offre que mensonges, platitudes et silence.

Je la regarde l’espace d’un instant, à peine quelques battements de cœur, sans rien dire, laissant un sourire doux se dessiner sur mon visage.

« Peut-être. Je ne sais plus. » dis-je à voix basse, à peine plus haut qu’un murmure « Peut-être que… Peut-être que j’ignore tout simplement ce que je veux, ce que je suis… »

Une partie de moi, la partie fermement encrée dans les préceptes de l’Ordre, est horrifiées par la demi-vérité que je viens de lui révéler, exigeant que je me rattrape, que je minimise l’importance de ce que je viens de dire. L’autre partie elle, se sent presque soulagé de mon aveu et pendant quelques précieuses secondes, je me sens presque humain, mais bien entendu cela ne dure pas, cela ne dure jamais et bien vite l’Illuminati domine à nouveau.

D’une main de fer, il reprend le contrôle de mon corps, mon cœur et mon âme, ne tolérant plus aucun écart que je pourrais faire.

« Je passe tout simplement trop de temps à travailler, voilà tout. Qui a le temps pour l’introspection, quand il a une ville à superviser ! » dis-je avec bonne humeur.

« Ceci dit, je suis heureux que vous me proposiez de faire le tour de votre galerie. » dis-je poliment

« J’adorerais que vous me montriez un peu plus de votre travail, nous pourrons toujours revenir au tableau plus tard, n’est-ce pas ? »

Elle a l’air gêné et cela me perturbe un peu, jusqu’à présent, j’avais l’impression d’être le seul à avoir ressenti cela, obnubilé que je suis par elle, je n’ai pas remarqué que Sofia non plus n’est pas complètement à l’aise. Peut-être que je ne suis pas le seul à subir l’influence de l’autre, peut-être que d’une certaine façon, je suis arrivée à l’atteindre, la faire douter aussi.


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MessageSujet: Re: Spirit Meeting ♦ Lionel & Sofia   Lun 21 Aoû - 13:40


Spirit Meeting
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Le temps sait nous faire prendre des raccourcis. Il sait éteindre nos paroles pour que l’on contemple nos émotions. Il sait faire frémir notre coeur pour nous dire Hey, il y a quelque chose d’important ici. J’aime écouter ces instants. Certains disent que c’est car je sais les écouter que je suis une artiste. Que les artistes, peu importe leur support, savent écouter l’âme du monde. Et ici, je me suis même permis de la toucher car elle se logeait dans ta peau, ton être de chair et de sang. Cette part de toi que tu recouvres sans cesse de masque, sans que je ne sache ce que tu trouves si hideux en toi pour ne pas vouloir le montrer. Et te voici à parler du néant, et te voici à te perdre au sein de ce dernier, comme un dernier soupir qu’on n’avait pas vu venir.

C’est ainsi que j’entends ton murmure. Des paroles hors du temps, hors de toute convention. Un aveu. Que tu remarques à peine. Un aveu loin de ton assurance habituelle. Ces mots venant de toi sont étranges à entendre. Comment ne pas savoir qui on est, ou ce que l’on veut? Pendant quelques secondes j’ai l’impression que tu es à l’image d’une bougie à la flammèche éteinte. C’est très perturbant. C’est pour cela que je tente de revenir au sujet premier. Nous ne nous connaissons pas suffisamment pour que je sois engloutie par ton chaos personnel. Et c’est là que tu changes. Que tu redeviens ce masque souriant qui se cache derrière son emploi. Je ne souris pas en réponse. Je ne veux pas devenir ton miroir dans ces moments où tu te mens le plus à toi-même.

Suite à tes paroles, je sors d’un tiroir un large catalogue qui reprend les toiles qui se trouvent dans le centre-ville. «Faire le tour de la galerie demanderait à partir d’ici...Alors je vous propose de regarder tout cela dans ce catalogue.» J’ouvrais à la première page le dit catalogue et le tournait vers toi. Je n’avais aucun droit de t’amener là où tu ne le souhaitais pas à l’intérieur de toi. Alors ici, ça ne me gênait pas tant que cela que de changer totalement de sujet. «Pour le tableau...peut-être n’aurais-je pas à vous en créer un sur mesure si vous tombez en amour avec l’un déjà exposé...» Je souriais avec plus d’assurance que précédemment. Je ne comptais pas revenir sur ce moment que nous venions de vivre, car je sentais que cela ne nous appartenait pas.

Je ne pouvais pas dire que j’avais beaucoup vécu, après tout je n’avais que 23 ans et n’avais jamais manqué de rien. Du moins de rien de visible, de palpable. Car depuis que mes parents m’avaient annoncé que j’étais adoptée, il y avait eu comme une cassure à l’intérieur de moi, une cassure qui m’avait fait me demander qui j’étais réellement vu que mes boucles brunes ne faisaient pas écho à celles blondes de ma mère. Depuis j’étais en quête de moi-même, et je me demandais ce qui t’empêchait de faire de même. Étais-tu marié? Ne l’avais-tu jamais été? Peut-être as-tu même des enfants? Que de questions qui n’avaient rien à faire ici, lors de ce rendez-vous - je le comprenais - plus professionnel qu’amical au final. «Vous pouvez aussi l’emporter avec vous si vous souhaitez prendre plus de temps pour les contempler...voir si une des toiles vous fait ressentir quoi que ce soit.» Car après tout, l’art était présent pour nous rappeler à quel point nous étions en vie, ne crois-tu pas?


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MessageSujet: Re: Spirit Meeting ♦ Lionel & Sofia   Dim 10 Sep - 16:01

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17 Janvier 2018

L'espace de quelques instants, la situation a totalement échappé à mon contrôle, à ma plus grande surprise. Jamais cela ne m'était arrivé, en tout cas, plus depuis mes premières années en tant qu'Illuminati ; à cette époque, mon masque n'était pas aussi poli, pas aussi raffiné que celui que je porte maintenant et lors de quelques occasions, des craquelures à sa surface ont permis à quelques rares personnes de deviner ce qui se cache sous la surface.

Elle semble être une de ces personnes, pas uniquement à cause d'une simple affaire d'incompétence de ma part non, mais aussi et surtout, à cause de l'incroyable perspicacité dont elle semble faire preuve. Cette perspicacité qui me glace jusqu'au sang...Malgré le malaise qui grandit de plus en plus en moi, tourbillonnant presque hors de contrôle, ma façade elle reste parfaite ; un masque d'intérêt poli mélangé à un peu de familiarité et agrémenté de quelques paroles doucereuses. Je l'écoute d'une oreille distraite, alors qu'à l'intérieur, je n'aspire qu'à une seule chose : fuir.

« Un catalogue ? Nous aurions peut-être dû commencer par le feuilleter, même si je vous avoue préférer regarder une œuvre de mes propres yeux, je suppose que cela fera l'affaire. »

Alors qu'elle se met à feuilleter le catalogue, je me place à ses côtés, prenant soin de converser une distance polie entre nos deux corps. Bien que toujours sous le coup de mes émotions, je regarde néanmoins attentivement les diverses représentations miniatures de ses œuvres se présentant à mon regard inquisiteur.

D'aussi loin que je me souviens, j'ai toujours apprécié l'art, contrairement à d'autres collègues qui eux ne voient là qu'un moyen supplémentaire d'étaler leur statut social aux yeux de tous. Pour moi, l'art a toujours été une sorte d'échappatoire une pause dans la représentation constante qu'est ma vie ; que ça soit la peinture, la musique ou le théâtre ; il y a toujours eu quelque chose de fascinant pour moi de voir ces artistes se montrer à nu aux yeux de tous, de partager leurs émotions, leur être de cette façon : sans peur, sans tabou.

Toutes ces années, j'ai observé ces gens libres d'être, d'aimer, d'avoir peur, de haïr, de désirer… Libre de vivre leur vie tout simplement. Cette humanité à jamais hors de ma portée, ils la portent fièrement tel un étendard, cette humanité qui nous sépare, puisque je n'ai jamais été et ne serais jamais un être humain.

Encore une fois, c'est sa voix qui me sort de mes pensées, me ramenant à la réalité me faisant face. Alors qu'elle me propose de reprendre le catalogue chez moi, je sais que le moment est venu pour moi de tirer ma révérence, de mettre fin à cette rencontre si perturbante.

« Bien, je vais le reprendre chez moi puisque vous proposer si gentiment. Je ne manquerais pas de vous recontacter si jamais l'une de vos créations devait retenir mon attention. »



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