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Walk the moon | Johannes

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MessageSujet: Walk the moon | Johannes   Dim 9 Juil - 19:04

Installée sur le rebord de la fenêtre, je regarde le Lakestorm et la Riverdance qui s'y plonge, comme hypnotisée. Je ne saurais dire depuis combien de temps je suis ici, dans cette position, mais les fourmillements que je commence à ressentir dans les jambes sont un bon indicateur. Pourtant je ne bouge pas, prenant de grandes inspirations pour me remettre les idées en place, pour essayer d'ordonner toutes les informations qui se bousculent dans mon esprit. J'aime venir ici et je le fais régulièrement depuis quelques semaines… quelques mois même si j'y réfléchis bien. J'ai hésité avant de revenir la première fois mais, passé les premiers instants, j'ai eu hâte de revenir à chaque fois. Parfois, je viens même quand nous n'avons pas rendez-vous, cette chambre étant réservée sur la durée maintenant. C'est probablement le seul endroit où je peux me réfugier sans avoir à rendre de compte à personne, où je peux me détendre et ce, sans même songer au plaisir que j'ai pu éprouver dans ce lit. Il m'arrive même de travailler ici, ce que j'ai fait durant les dernières heures avant de voir l'heure et de me changer pour la venue de Johannes. Je n'aime pas être négligée quand il me voit, ne serait que pour ce petit sourire satisfait qui se dessine sur ses lèvres, ce sourire de prédateur qui sait qu'il a gagné, une fois de plus. Et autant être honnête avec moi-même, ce sourire me plait. Nous ne nous sommes pas vus vraiment souvent mais la régularité de nos rendez-vous commence à s'intégrer dans mon quotidien et à être des plus appréciables. Je ne sais pas s'il en est de même pour lui. Oh, nous discutons évidemment, mais de tout et de rien, de sujets sans importance. Comme une parenthèse bienvenue dans mon existence.

J'ai réussi à ne pas lui parler du cambriolage du CNRB, ne sachant pas vraiment à quel point il a connaissance de l'implication des vampires au sein du centre, mais, ces derniers jours,  avec tout ce qu'il y a à refaire, les rapports à comprendre, à compiler, les mesures à prendre, j'avoue que je commence à ne plus pouvoir mettre tout cela de côté complètement lorsque j'en ai envie. Et une part de moi a envie de savoir ce qu'il pourrait avoir entendu de cette histoire. Je ne sais pas quel est réellement son rôle dans la hiérarchie vampirique et une part de moi s'en moque mais, d'une certaine façon, avoir un autre point de vue pourrait être intéressant et pourrait peut-être même m'aider à me donner des idées pour gérer l'avenir du centre, sans bien savoir si c'est une bonne ou une mauvaise idée. Oh, elle doit probablement être mauvaise, à n'en pas douter. Pourtant, cela n'enlève en rien mon envie d'en parler à un vampire. Et je n'ai pas envie d'aborder le sujet avec Leygh, dont je me suis éloignée depuis que Johannes et moi sommes devenus amants. De toute façon, nous sommes tous les deux bien trop occupés et sa présence ne me manque pas. Je n'ai plus à me convaincre que je faisais ça pour avoir des informations, pour le travail, pour le manipuler autant qu'il me manipule. Avec Johannes, je me contente de prendre du plaisir sans avoir à me demander si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Après tout, ce n'est pas comme si je partageais encore mon lit avec mon mari avec qui mon mariage n'est plus qu'un morceau de papier que nous déchirerons en temps utiles. Tout du moins, c'est comme ça qu'il l'a présenté et je n'ai pas particulièrement envie de le contredire, tant la colère qui m'anime envers lui n'a pas baissé depuis notre dernière dispute.

J'entends la porte s'ouvrir et je me contente d'étirer mes jambes sur le rebord, la petite robe bleue que je porte s'arrêtant à mi-cuisse alors que je lui jette un bref regard. "La lune est vraiment belle ce soir. Elle se reflète sur le lac. Viens voir." J'attends qu'il se rapproche, mon cœur s'accélérant déjà légèrement même si je reste aussi tranquille qu'avant son arrivée. En apparence tout du moins. Il le sait bien et il en joue, j'en ai parfaitement conscience. Mais s'il est déjà revenu, c'est qu'il apprécie cet instant autant que le reste non ? Et je fixe de nouveau le paysage, laissant filer un soupir, plus à l'aise tout de même que je ne l'étais ce matin en quittant le centre.

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MessageSujet: Re: Walk the moon | Johannes   Sam 15 Juil - 12:44

[HJ Heureusement que j’arrive pour tenir chaud à Jaana, on est en Norvège nioulle !]


Le soleil se couche et je sens la vie, ou plutôt sa parodie, affluer dans mes veines. Je rouvre les yeux. Etendu seul dans cet énorme lit de la résidence Orvandil. Une demeure luxueuse, même dans le noir le plus complet. Les volets de protection métalliques se relèvent. L’avantage sous ces latitudes, c’était que je n’avais plus été forcé d’avoir tant de sommeil que cela. Si près du cercle arctique, la lueur du jour ne durait pas très longtemps en plein cœur de l’hiver, comme c’était le cas actuellement. Ce vaste espace, si luxueux et si riche, n’en paraît que plus vide. J’ai envie de rejoindre mes humaines, aujourd’hui. Je ne saurais dire si elles me manquent. La dernière fois, nous nous étions encore disputés. Mais je sentais un fort attachement de ces femmes envers moi. Pour l’une j’étais un sauveur. Pour l’autre, plus que ça encore. Un ange gardien, un peu comme un super-héros de la nuit. Je file me doucher, sachant très bien que ce soir, en tout cas en début de soirée, j’avais d’autres impératifs et d’autres appétits à ne pas négliger. Une fois lavé, les cheveux encore humides et des mèches de cheveux en vrac me retombant sur le front, je m’asseyais sur petit tabouret en face du vieux piano qui trônait dans un coin. Je me remémorais elle, assise dans une pièce analogue. Jouant de ses doigts fins et agiles. Mes doigts glissent sur les touches et les pressent doucement. La symphonie n°5, Chopin. Pas trop dur à apprendre, encore moins à retenir. Je me laisse doucement porter par la mélodie, alors qu’en mon for intérieur, je sens mon diaphragme vibrer aux temps de jadis. La charge de Leipzig. Combien étions-nous ? Des milliers. Les casques à cimier volent vers les russes et nous sabrons trois divisions avant d’être ramenés par la garde. Ces sonneries de clairon, les décharges de mitraille…


Je me rends compte qu’une bonne heure a passé. Cela arrive parfois, quand on dépasse les deux siècles d’existence. Je n’aimais pas cela au début. Maintenant,j’apprécie au moins le fait de ne pas en être arrivé à me perdre moi-même, à n’avoir aucune idée de ce que je devenais. J’étais toujours le même mais en mieux, en plus brutal, en plus cruel, en plus mortel. C’était comme cela. Je m’habille rapidement. J’y vais chaudement habillé, cette fois-ci, la dernière fois j’avais remarqué le regard que les humains m’avaient lancé alors que les températures étaient négatives. Un pull aux couleurs discrètes, épais. Une écharpe en laine épaisse, un manteau qui l’est tout autant. Je m’engouffre dans la nuit pour aller la rejoindre. Nous avons défini quelques petites conventions dans notre relation, depuis un certain temps maintenant…


J’entre dans la chambre, et la découvre peu vêtue vers le balcon, admirant la vue. La jeune femme m’invite et un léger sourire accroît l’angle en coin de la commissure de mes lèvres et arquant la moustache. Je me défais d’abord de mon écharpe, puis de mon manteau. Je me rapproche d’elle, mais reste debout pour admirer la vue.



| C’est très beau, oui. Mais très froid aussi. Si d’ici ça semble calme, tranquille, crois-moi tu n’as pas envie d’un bain de minuit… |


Je dépose un baiser sur son épaule, un baiser qui s’attarde.


| Cela fait un petit moment que je ne t’ai pas vue. Tu as eu des soucis ? |

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MessageSujet: Re: Walk the moon | Johannes   Mer 26 Juil - 19:09

Parfois, je me demande ce qui se passerait si je lâchais réellement prise. Si j'arrêtais de vouloir essayer de contrôler ce qui, au fond, m'échappe des doigts à mesure que le temps passe. Est-ce que je vivrais mieux les choses ? Est-ce que je dormirais sereinement ? Est-ce que je laisserais Philippe vivre sa vie sans me demander à quel point je vais regretter de ne pas m'être battue pour le garder ? Est-ce que j'aurais essayé de le faire ? Toutes ces questions ne cessent de s'entrechoquer et je me rends compte que je ne trouverais probablement jamais de réponse, que ce soit sur le plan de ma vie privée, de mon couple, de ma famille, ou encore de ma vie professionnelle. Je me demande à quel moment mes choix ont été mauvais, s'ils l'ont vraiment été et ce qui m'attend maintenant que tout semble sur le point de changer, de basculer. J'ai un bref soupir alors que j'entends la porte s'ouvrir. Au moins, Johannes aura le mérite de me changer les idées, tout du moins je l'espère, même si cela ne durera pas longtemps.

Et j'ai un sourire quand il prend la parole, lui coulant un regard par-dessous avant de reporter mon attention sur le lac. "Oh, je sais bien. Quand j'étais enfant, certains s'amusaient à se lancer des défis. A qui mettrait le pied dans le lac, à qui mettrait le bras. Je crois qu'ils ont arrêté quand l'un de mes camarades a perdu presque tous les doigts d'une main à cause du gel. Mais j'aime tout de même le calme des lieux. Comme si le temps était suspendu, comme si rien n'allait changer." J'ai un frisson quand je sens ses lèvres sur mon épaule et je tends une main pour effleurer sa joue. "J'ai eu quelques soucis oui. Des problèmes bien humains et bien triviaux qui te feront peut-être sourire." Je ne sais pas vraiment à quel point ma vie privée l'intéresse vraiment. Je sais pertinemment être une distraction pour lui, comme il l'est pour moi. Et pourtant, je me sens à l'aise en sa compagnie. De là à vraiment lui raconter ce qui me tracasse ? Je ne saurais le dire. De là à lui demander son avis ? Peut-être, probablement même. Il a l'air avisé, plein de ressources et surtout, assez retors pour arriver à ses fins. Même si, me concernant, c'était un peu facile, dans la mesure où j'ai du avoir envie de finir dans son lit à peu près au moment où nos regards se sont croisés. N'y voyez pas là le moindre coup de foudre ou quoi que ce soit de romantique. C'est juste que, pour la première fois depuis longtemps, j'ai écouté mes envies sans me soucier des conséquences. Et, ma foi, c'est plutôt agréable. Je ne sais si je peux vraiment lui faire confiance, après tout, il s'agit d'un vampire et je ne suis qu'une humaine dont il peut facilement se jouer. Mais je souffle, non sans une mine amusée. "Je ne sais pas ce qui est le pire, qu'avec mon mari nous ayons atteint le point de non retour et qu'il me jette sa maitresse en pleine figure ou que le centre ait été cambriolé sans que je sache d'où cela peut venir. A ton avis ?" Je m'étire légèrement, sans prêter attention à ma robe qui remonte un peu plus et je me redresse sur mes genoux, mes lèvres effleurant les siennes, non sans que je pense, un peu stupidement, que sa moustache me chatouille. "Enfin, rien de bien grave si l'on ne se cantonne pas à l'échelle d'un simple humain lambda en tout cas." J'ai presque l'air convaincue non ?

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MessageSujet: Re: Walk the moon | Johannes   Mer 9 Aoû - 18:54

L’inquiétude qui pointe sous mon propos n’est pas totalement sincère : je vois Jaana à dessein. Bien sûr, je l’apprécie. Autrement je ne me serais jamais dévoilé autant en sa compagnie, je n’aurais jamais donné tous ces détails, ni sur moi, ni sur ma lignée… Sur rien. Mais j’ai su reconnaître de l’intérêt pour cette humaine, en faire naître et en faire développer. Elle n’est ni Leila, ni Théa. Elle est différente. D’une intelligence et d’une acuité rare sur ce monde. J’étais toujours étonné d’avoir rencontré ce véritable génie scientifique, cette personnalité brillante qui se cumulait avec la mièvrerie très profonde, l’amour absurde qu’elle nourrissait pour son mari, un parfait connard si je savais lire entre les lignes. La jeune femme est solide comme un roc, capable de se dépêtrer de toutes les situations, sans aucun doute. D’une rare clairvoyance. Mais elle faisait preuve d’une certaine naïveté toute humaine sur quantité de sujets, ce qui la rendait attachant pour un vieux vampire tel que moi. Jaana sourit lorsque je prends la parole, barrant mon visage d’une moustache de biais, surlignant l’expression amusée de mon visage.


Jaana me raconte les jeux et les défis auxquels elle se livrait, enfant. Le pied et la main dans le lac. Absurde. Les gamins d’ici étaient tout aussi cons que ceux d’ailleurs, toujours à se mettre en danger, à tester et à repousser leurs limites. C’était quelque chose que je ne pouvais que difficilement concevoir, en fait. Se mettre en danger, jusqu’au danger de mort, pourquoi pas. Mais gratuitement ? Je secouais la tête.



| Stupides gamins. |


Les miens, jadis, avaient été beaucoup plus sages et bien mieux élevés que cela. De fait, je ne pensais pas avoir pu craindre quoi que ce soit. Jaana me confirme ensuite qu’elle a eu des soucis, et au ton de sa voix, malgré la diversion évidente, je notais bien que ces problèmes l’avaient assez profondément affectée, c’était évident à mes yeux. Je la laisse m’expliquer, ne cherchant en aucun cas à anticiper sur tout ce qu’il pouvait arriver. Je la dévisage, me frottant le menton alors que je réfléchis d’un air indifférent, presque innocent, comme si je réfléchissais sincèrement à sa situation.


| Les humains ne sont pas simples, jamais. Mais au fond, ton mari tu le trompes aussi, non ? Et d’après ce que tu m’avais dit je n’étais pas le premier. Qu’est-ce qui a changé du coup ? Et pour ce fameux cambriolage, vous en savez plus aujourd’hui ?


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MessageSujet: Re: Walk the moon | Johannes   Lun 21 Aoû - 11:28

Il m’est arrivé plus d’une fois de me demander ce que Johannes pouvait bien retirer de nos rencontres. Au vu de son âge et de sa position, je gage qu’il n’a aucune difficulté à trouver des femmes pour le satisfaire, pour une nuit ou plus. L’effet de découverte commence à s’estomper, si ce n’est pas déjà fait et je n’ai jamais vraiment été un défi, me jetant sans hésitation dans la gueule du loup lorsqu’il a montré son intérêt. C’était irréfléchi et probablement stupide d’agir de la sorte mais, en ce qui me concerne, je sais pourquoi j’apprécie ces rencontres. Parce que je me sens vivante quand je suis là, qu’il arrive à me donner l’impression que toute mon existence n’est pas en train de s’effondrer. Oh, je sais, je ne suis pas à plaindre, loin de là. Et j’ai ma part de responsabilités dans tout ce qui m’arrive. Sans compter le fait que cette sensation n’est que fugace et commence déjà à s’estomper quand je quitte les lieux. Pour autant, cela ne la rend pas moins appréciable, même si, pour la première fois depuis que je le connais, son arrivée ne suffit pas à me faire mettre de côté tout ce qui ne va pas. Probablement un trop plein, une saturation, un point de non-retour que je n’avais pas atteint jusque-là. Pour autant, cela le concerne-t-il ? Non, pas vraiment. Alors, le sujet que nous évoquons me convient tout à fait, le temps de savoir ce que j’ai vraiment envie de dire ou non. J’ai un sourire amusé à sa répartie, haussant une épaule. « Les enfants n’ont jamais été réputés pour leur intelligence, je suis contente que les miens n’aient jamais tenté ce genre de choses. Ou alors, s’ils l’ont fait, ils ont eu la présence d’esprit de me le cacher. »

Et là, j’avoue, j’hésite. A lui dire ce qui me tracasse vraiment, à être sincère ou à détourner la vérité. Nous n’avons pas vraiment défini la nature de nos relations mais, pour le coup, je ne suis pas persuadée que ça en fait partie. Mais je me rends compte que je me suis beaucoup plus dévoilée à lui que je l’aurais pensé au premier abord, au sens propre comme au sens figuré. Tout comme j’ai appris certaines choses de lui, quand bien même il y a toujours une certaine distance entre nous, que je ne cherche pas à franchir. J’ai un mince sourire à sa répartie et je le fixe un instant avant de souffler, comme si le sujet ne me touchait pas vraiment. Oh, j’imagine bien que pour lui, il est plus facile de discerner quand je suis angoissée par quelque chose ou non. Mon cœur ne pas doit battre au même rythme, ma respiration change. Mais je sauve les meubles en gardant une certaine dignité, tout du moins, j’aime à m’en convaincre. « Tu trouves ? J’avoue que je trouve parfois les gens bien trop complexes pour arriver à tout saisir, mais je pensais qu’avec un certain recul, l’on voyait les choses autrement. » J’inspire avant de secouer la tête, non sans un regard malicieux. « Je ne suis qu’une femme, je n’ai pas dit que j’étais toujours cohérente. Je l’avais trompé avec un autre … homme avant toi. Enfin, ce n’était pas simplement un homme mais… enfin, tu vois l’idée. Ce qui a changé, c’est la façon dont il m’a annoncé son infidélité. En arguant que c’était parce qu’il s’ennuyait, que c’était ma faute. J’avoue que si j’ai ma part de responsabilité, j’apprécie moyennement que l’on m’accuse de tous les maux de la terre alors qu’il aurait pu venir me parler, essayer d’arranger les choses. » J’inspire, me massant la nuque pour essayer de me détendre. « Je sais, mon discours peut paraitre des plus hypocrites mais… je ne sais pas, j’aurais aimé que les choses se passent autrement. »

Et je grimace avant de reprendre, d’un ton pensif. « Pour le cambriolage, j’ai surtout l’impression qu’on se paie ma tête et de ne plus vraiment pouvoir faire confiance à qui que ce soit. Est-ce que… tu en as entendu parler de ton côté ? Les vampires ont la main mise sur presque tout le centre, ils en parlent ? »

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MessageSujet: Re: Walk the moon | Johannes   Mer 30 Aoû - 0:01

Je ne tenais pas avec son idiot de mari, mais je savais que Jaana était bien plus intelligente que cela et qu’elle n’était pas du genre à ne pas penser à toutes les éventualités. Si elle pointait du doigt ce qu’avait fait l’homme qui partageait officiellement sa vie, cela voulait aussi dire qu’elle pensait aussi à ses propres actes. Je n’étais pas prêt à la laisser filer. Pas elle. Pas une proie de cette stature. Qu’importe. Je sais qu’elle m’utilise, comme je l’utilise. Elle voit en moi un conseiller, un ami, un soutien. Je suis vieux, terriblement vieux. Cela lui sert. Cela me donne la figure paternelle pourtant tellement dévoyée. Je sais ce que je risque à ce rapprochement. Mais pour la maison que je suis sensé représenter, que dire et que faire d’autre ? Je dois continuer. C’est ma mission. Et je la désire. Pas seulement Jaana Raulne, mais ma mission tout court. Je sens qu’il se passe quelque chose d’important autour de ce centre. Je dois agir. Je ne peux que sourire lorsque la jeune humaine me dit qu’elle pense ses enfants assez intelligents pour avoir évité les problèmes, ou surtout pour le lui avoir caché.


| Je pense qu’ils ont dû le faire. Enfin, je ne les connais pas. Mais c’est répandu, par ici. Dans ma jeunesse, il y a si longtemps… On sortait de nuit. Et même si je suis né noble, enfants on ne savait pas vraiment. Et on restait debout des heures durant sur un vieux tronc d’arbre, la nuit tombée depusi longtemps. Dos à la forêt, qui était pleine de bruits, de craquements, de grognements. Bien sûr, il y avait des loups. Des sangliers, des cerfs. De tout. Mais petits, nous pensions qu’il s’agissait de monstres. Cela nous servait de tests avec les gamins du coin, pour prouver notre courage. L’essentiel de ces jeunes garçons l’a prouvé bien plus tard, en mourrant en masse entre 1806 et 1815. |


Moi-même, j’étais mort en 1813. Leipzig… Quelle folie ! C’était une époque passionnée, pleine de fureur, de feu et de larmes ! Tant de gens étaient morts, dans le sanglant prélude de ce que serait le siècle suivant. Et ces tueries de masse, condensées en quelques heures, n’arrivèrent finalement pas à la cheville de ce à quoi je participais un siècle plus tard. Qu’importe ; cette période ne veut déjà plus dire grand-chose pour les vivants d’aujourd’hui. Je comprends ce que me révèle Jaana, même si ce n’est qu’à demi-mot. Je suis donc sur la bonne piste. Je choisis de jouer cartes sur table, c’est le plus simple, le plus direct, et cela correspond plus à mon caractère. Tout en tranchant significativement avec ce à quoi elle était accoutumée à cause de son mari. J’ai un vague sourire, un peu réconfortant malgré tout.


| Tu es effroyablement compliquée, c’est un fait. Tu reproches à ton mari les manquements partagés et attends de lui le premier pas que tu pourrais faire aussi. Et ta propre infidélité, à quoi est-elle dûe ? Pas à tes goûts ? Ou alors tu m’en as caché certains. Je pense que tout ça c’est surtout une histoire de fierté mutuelle. Et d’histoire qui avance. Si cela doit craquer, alors cela craquera. De tout ce que tu m’en dis, malgré les tords de l’un et de l’autre, vous n’avez surtout plus grand-chose en commun en dehors de vos enfants, non ? Mais bon, que vaut mon avis ? Je suis mort plus jeune que vous ne l’êtes et la femme que j’aimais m’a trahi et trompé pendant presque deux siècles. |


Et elle cherche des infos côté vampires. Je soutiens son regard.


| Penses-tu vraiment que je peux t’en parler ? Je sais que tu couches avec un autre vampire, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Mais tu ne me dis pas qui. Donc lignée concurrente. Donc les vampires en parlent sûrement, mais pas chez moi. Dans quel guêpier t’es-tu fourrée, Jaana Raulne ? | soufflais-je en caressant son visage.

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MessageSujet: Re: Walk the moon | Johannes   Mar 12 Sep - 11:54

Et si je lui ce que lui fait ici, dans cette chambre avec moi ? Qu’est-ce qu’il me répondrait ? Ou, plutôt, quelle réponse ai-je envie d’avoir ? J’ai passé l’âge de croire qu’il s’agit là d’une aventure passionnelle et spontanée et que nous ne venons que pour notre plaisir mutuel. Oh, il y a de ça évidemment, mais c’est loin d’être suffisant. Et encore moins pour lui. Alors parfois, j’hésite à lui demander et puis, je finis toujours par chasser cette pensée, préférant me focaliser sur des moments qui sont, au final, une bulle d’oxygène au milieu de pensées bien troubles et bien difficiles à gérer. Mon sourire se fait plus amusé quand il me répond. Evidemment qu’ils ont été assez malins pour que je ne vois rien. Et puis, de toute façon, j’ai fini par être trop prise par mon travail pour être capable de voir quoi que ce soit. Je l’écoute pourtant avec une attention non feinte. Il ne parle pas souvent de son passé et ce n’est que dans un moment comme celui-là que je me rends compte de ce gouffre d’années qui nous sépare. Le début des années 1800. Je me demande comment il fait pour s’adapter de la sorte, pour paraitre à l’aise, même s’il est, au fond, un peu vieux jeu. Mais ça reste tout de même impressionnant. Pourtant, je me contente de souffler, avec un sourire en coin. « A t’entendre, les enfants n’ont jamais été que des têtes brûlées, quelle que soit l’époque. Je suppose que tout le monde a besoin de connaitre ses limites et si possible, loin du regard maternel. Et tu as réussi à montrer aux gamins du coin que tu étais courageux ? Avant la guerre s’entend. » J’ai tout de même une moue pensive alors que j’essaie de m’imaginer, sans succès cette guerre et ce qu’il a pu vivre.

« Tu as conscience que là, en cet instant, j’essaie de m’imaginer ce qu’a pu être cette époque ? Et que j’avoue être particulièrement peu douée dans cet exercice en réalité. » Et pourtant c’est intéressant de l’entendre en parler, même aussi brièvement. Tout comme sa façon d’aborder les choses, quand je lui parle de mes propres pensées, a quelque chose de nouveau et de plus efficace que je ne l’aurais cru. Parce qu’il m’arrache de nouveau un sourire, même si je pourrais me sentir un peu piquée au vif par les propos qu’il tient. Qu’importe. Au moins quelqu’un qui joue franc-jeu avec moi. Plus ou moins en tout cas. « J’avoue, présentées de la sorte, les choses prennent une autre tournure. C’est certain, c’est aussi une histoire de fierté. Parfois c’est tout ce qu’il reste alors on s’y raccroche comme on peut. Quand à ma propre infidélité… » Mon sourire se fait plus amusé alors que je lui darde un regard mutin, non sans continuer de discuter, comme si de rien était. « … je dirais bien qu’elle est le fruit du hasard et d’une envie que je n’avais pas ressentie depuis bien longtemps te concernant, mais tu vas dire que j’en fais trop. Quant au reste… à dire vrai, je me demande si nous avons jamais vraiment eu quelque chose en commun en réalité… » J’ai une moue avant de tiquer à ses derniers propos. « Deux siècles ? Vraiment ? » Et je cille, essayant tant bien que mal de me représenter cette durée.

Et nos regards se croisent alors que je tente le coup. Evidemment, ça ne fonctionne pas, le contraire aurait été étonnant. Mais je suis bonne joueuse et je hausse une épaule à ses propos. « Je sais bien que non mais je pouvais toujours tenter. Et dis-moi, que se passera-t-il si je te dis son nom ? Est-ce que tu veux vraiment le connaitre ? Quant au guêpier dans lequel je me suis fourrée… ça je ne suis pas sûre de vraiment vouloir trouver une réponse. » Je ferme les yeux quand il effleure mon visage, laissant échapper un bref soupir et essayant tant bien que mal de me remettre les idées en place.

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