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Le vent de prospérité change bien souvent de côté | Samuel Jelsi

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L'équilibre de la meute
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MessageSujet: Le vent de prospérité change bien souvent de côté | Samuel Jelsi   Lun 12 Juin - 21:44


Le 06 janvier 2018


Le visage meurtrie par le froid, je tentais tant bien que mal à me camoufler dans mon immense écharpe polaire, mais c'était sans compter la brise glaciale qui commençait à se lever et ne cessait de faire virevolter ma longue natte dans mon dos. Je ne lui laissais que peu de chance face à son assaillant ; un simple bout d'élastique ne pouvant rien n'y faire. Il tiendrait aussi longtemps qu'il le pourrait, mais à un moment ou un autre l'envie lui prendrait de battre en retraite et de se laisser valser au gré du vent. Je réajustais rapidement mon bonnet. La tâche s'avérait moins évidente avec cette paire de gant, qui, au final me semblait totalement inutile ; mes doigts se faisant douloureux. Quelle idée avais-je eu de vouloir faire un tour ? Ah oui, prendre quelques repères. Ce n'était pas comme si ça faisait quasiment trois mois que je vivais dans cette ville et que je n'avais osé sortir le bout de mon nez. La peur ? Non, loin de moi cette émotion. Mon emménagement s'était seulement avéré plus compliqué que prévu et c'était sans oublier ma prise de fonction au sein de l'université. J'avais à peine eu le temps de dire ouf que plusieurs mois s'étaient écoulés. Si je voulais me rendre utile, j'avais intérêt à me donner un bon coup de fouet et arrêter de flâner de la sorte. Alors pourquoi cette soudaine envie de faire du tourisme ? J'sais pas moi, j'aurais tout simplement pu continuer mes recherches chez moi. « Google » est mon meilleur ami. Non, il avait fallu que ce foutu désir d'aventure me saisisse alors que la température extérieure ne frôlait guère 0°C. Frileuse ? J'étais suédoise. Pour autant, je n'étais pas doté de fourrure épaisse qui me permettait d'ignorer le froid. Ma doudoune me réchauffait, certes, mais seulement ce qu'elle pouvait couvrir.

Une odeur familière chatouilla mes narines sensibles tandis que mes bottes continuaient de creuser lourdement la neige. Cette sensation me fit sourire. Quand j'étais petite, j'adorais jouer dans la neige. Je la trouvais si pure, bien que glacée. Chaque année je l'attendais avec une impatience certaine. Aujourd'hui, je me dépêchais simplement de rejoindre la petite file qui s'était formée autour d'une maisonnette. Des éclats de rire résonnaient tout autour de moi. Je n'y prêtais pas plus d'attention, beaucoup trop occupée à me réchauffer les mains dans un mouvement frénétique. Lorsque ce fut mon tour, je commandais naturellement un chocolat chaud. Je payais ma dette, offrais mon plus charmant sourire et attrapais l'objet tant convoité. Le liquide était si chaud que même le plastique n'empêcha pas la chaleur soudaine de me brûler. Je grimaçais, mais ne m'en séparais pas pour autant. J'étais gelée et déshydratée. Que risquais-je, si ce n'était d'avoir les doigts endoloris et légèrement rouges. Je reprenais tranquillement ma route.

Bientôt, l'immensité du lac accaparât mon champ de vision et je ne pus m'empêcher de siffler mon admiration à son encontre. La fine poudreuse l'avait recouverte et lui donnait un air surréaliste. Pour autant, je ne m'y risquerais pas. Finir sous la glace n'était pas dans mes projets du jour. Je sillonnais du regard les alentours. Il n'y avait pas foule. Avec le froid et les événements récents, les habitants et, éventuellement, les touristes préféraient rester au chaud et en sécurité. Comme si une simple porte allait les protéger... Mes pas se faisaient lent et ma tresse avait commencé à se défaire de ses liens. Je m'étonnais à me demander ce que pouvaient bien faire les autres illuminati de cette ville. Était-ce réellement important ? Je m'arrêtais subitement devant un grand panneau. On y voyait plus grand chose – la glace étant sa prison. Je prenais une grande aspiration et soufflais plusieurs fois sur la vitre. Le plan de la ville apparut par partie. « Vous êtes ici » indiquait un cercle rouge. Ce n'était pas ce qui m'intéressait. Je soufflais plusieurs fois à différents endroits, mais rien n'y fit et tout ce que je récoltais de ma quête était un toussotement disgracieux. Mes bronches me faisaient mal et je n'arrivais à rien avec cette toux. Je renversais sans le vouloir quelques gouttes du chocolat chaud qui contrasta violemment sur la neige et formait en quelques secondes un trou. Je jurais avant de m’abreuvais maladroitement de ce liquide chaud – encore trop chaud.  
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