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[Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants

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MessageSujet: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Lun 23 Jan - 23:52






« La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants.»
Feat: Philippe Raulne


M’adossant à une des poutres de bord de piste, je ne ratais rien de la mise à mal du nouveau prétendant, laissant mes pensées s’envoler à une réflexion sur ce qui se dessinait autour de moi. Faut avouer que combien d’entre eux ce soir cherchaient à s’attacher à une personne, à quelque chose que qu’ils savaient sûrement qu’ils perdraient à plus ou moins long terme ? Combien ont laissé leur amour grandir au point qu’une simple rencontre de courte durée ne devienne plus que toutes choses, en priant pour que l’inéluctable ne vienne pas ? Que les cartes lancées sur la table au début de la partie ne se révèlent pas et changent par miracle ? Parfois l’homme est bête pas vrai ? Aimer une personne qui ne vous aimera jamais en retour à la valeur que vous faîtes de lui ? Il s’attache à croire que pourtant cela reste possible et, alors qu'une à une ses utopies s’effondrent, qu'un à un les rêves tombent pour ne devenir que cauchemars, il s’accroche, il continue à combattre, à vouloir réparer des morceaux devenus poussière et grains de sable. L’amour est ainsi fait qu’il trouve sa source même dans la cendre ou la poussière… On pourrait vous assurer que des cendres naissent une terre fertile pour ne pas contempler le champ désolé qu’il reste de nos vies. Pourtant, à bien y regarder, là où avant ils n’y voient que douceurs éphémères, moi j'y trouve la douleur plus que toute autre chose. L’amour n’est en rien un bienfait, c’est une malédiction propre à l’homme, même les animaux ne s’attardent pas à croire qu’un autre leur apportera le bonheur. Il n'y a bien que l’humain pour compter sur un autre pour lui donner un peu de paix, quand il n’est pas en paix lui-même. Sommes-nous tous idiots ou simplement trop rêveurs pour comprendre que personne dans ce bas-monde ne nous donnera la paix et le bonheur, mais s’attachera à nous donner une illusion avant de déchirer le voile pour révéler un terrain détruit par l’ouragan qu’il aura provoqué ?

Oh mais on pourrait alors me dire : « Non !!!  De tout champ brûlé renaît un champ fertile et que d'un sentiment de peine ou de solitude peut renaître aussi des petites pousses de bonheur. » Croire que l’on puisse réparer et colmater un mur en ruine est bien propre à l’homme, à croire que nos cœurs sont tels à la nature, et peuvent reprendre leurs droits et, bien qu’emplis d’une profonde solitude, ils puissent laisser renaître cette étincelle qui les consumera à nouveau d’une même façon. Des excuses, on sait tous en trouver, pas vrai ? Surtout quand il s’agit de sentiments. Pourtant, il n’y a aucune excuse acceptable, un échec reste un échec et quand l’un tourne le dos à l’autre, c’est qu’il pense à sa poire et pas à celle de la personne soit disant aimée. Qu’on ne vienne pas me vendre qu’un autre puisse réparer les conneries d’un précédent quand celui-ci n’a pas été lui-même capable de tenir le cap simple d’un partage, comme si celui qui a été détruit peut tout gommer et ouvrir la porte au suivant sans souffrir des maux que l’autre a laissé. Même une terre dévastée par un gros temps garde en elle les marques d’un tel acte. Alors comment un cœur, une personne, peut croire que sa vie ne le marque pas des actes égoïstes de ses paires ?

Le fait est pourtant que la dure réalité reste encore et toujours celle de ma conviction première. Elle reste inchangée et si, dans un souffle, j’ai comme beaucoup nourri l’âtre d’un espoir, ou que je me trompais, me mentant un instant, je finissais par retrouver la raison. Je puis vous affirmer, d’un œil ouvert sur cette duperie que ce que vous appelez aimer, qu’en amour il y a pourtant et toujours un perdant, une personne qui donnera plus que l’autre, une qui pleura plus que l’autre. Il est impossible que les deux souffrent à part égale de la décadence d’un sentiment. La mort peut emporter l’être aimé, comme la vie peut vous l’arracher, des personnes peuvent se placer entre vous ou encore un sentiment peut se dessécher car l’homme est ainsi fait qu’il n’est altruiste qu’avec lui-même en amour. Si, à un moment, il se sentira étouffé ou moins libre ou encore délaissé, il s’en prendra à l’autre au lieu de trouver des solutions, il placera sur l’autre les torts et l’autre en fera de même, alors que le coupable est face à lui dans le miroir et que le seul qui pourra réparer sa propre défaillance morale. J’ai toujours aimé voir les couples comme ces doubles miroirs qu’on vous sert dans la salle de bain, placez chacun d’eux en face et dites-leur qu’ils sont la cause de leurs peines et vous verrez qu’ils n'auront pas le regard braqué sur leurs traits mais sur le reflet de leur compagnon.

Mais comme l’homme est aveugle, je ne me pense pas plus clairvoyante que lui. J’ai réalisé simplement bien jeune que s’il se berce d’illusions à croire qu’il ne finira pas seul le chemin qu’il a débuté pourtant seul et qu’une soirée comme celle-ci pourrait faire la différence. Non, c’est certain, il finira seul, personne ne vous suivra dans la mort quand vos iris se changeront en lueurs vides, nul ne sera dans ce moment à vos côtés. On vous tiendra la main et alors vous aurez gagné la partie, laissé l’autre en souffrance face à un morceau de viande encore tiède et vous serez seule comme lui de son côté. Il n’y a aucune échappatoire à ce que vous soyez, un jour prochain, le perdant ou le vainqueur de ce combat est totalement seul. Les bars, les pubs ou même les boites de nuit ont toujours été propices à mes sarcasmes mentaux quand à ces absurdités émotionnelles qui régissaient mes semblables. Non pas que je me pensais au-dessus d’eux, mais simplement que pour ma part tout cela était porte close. J’acceptais quelques relations sans but, mais dès que mon partenaire voulait un peu plus de teneur, il trouvait un aller simple vers la sortie de ma vie et la fin de nos échanges. Impossible pour moi de ne voir ou ne vouloir plus qu’une simple relation sans prises de bec ou sans sentiments, je me contentais de jouer l'homme parfait pour des rencontres parfaitement banales et de prendre ce que j’obtenais en échange, je ne valais donc pas mieux que ces crétines qui le convoitaient ou ces autres qui me convoitaient. A la différence peut-être que je ne leur donnais aucune belle promesse et rien de plus que des moments agréables à deux et gagnant pour moi. Je vivais ma vie de mon côté sans souffrir d’un souci de solitude.

Perdue dans mes pensées, je ne vis pas Gabriel revenir, ayant décroché de ses aventures quand il avait repassé commande et lancé un regard vers moi, suivi du regard de la femme qui massait sa main discrètement. Mon regard se glissait à nouveau sur lui alors que d’une démarche guerrière, il se glissait entre les groupes et se rapprochait armé de deux breuvages. Un sourire presque invisible se glissait sur mes lèvres alors que je tentais de déterminer ce qu’il avait en tête sans le fixer. D’un mouvement gracieux, presque délectable dans ce flot de bruit, il me tendit le verre le plus clair, un brin rosé et s’illuminant sous la lumière bleutée d’un néon voisin.

« Quel âge as-tu beauté ? » Me lança-t-il sans détour. Sans relever de suite, je récupérais le verre, l’approchai de mes lèvres et mon nez, et sentis l’odeur avant d’éclater d’un rire franc et spontané.

« Visiblement pour toi, j’ai tout au plus cinq ans. » Ma main libre se glissa sur sa hanche et l’attira vers moi alors que la chanson suivante s’élevait autour de nous, brisant les voix qui se soulevaient et nous entourant de notes.

« On m'a dit qu’on ne demandait pas son âge à une femme, donc évitons de parler des années passées, elles n’ont pas plus d'importance que les années futures… » Je marquai un temps et déposai mes lèvres, amusée, sur sa joue. « Merci pour le lait fraise, mais je ne suis pas sûre que tu feras mon affaire… ». Je lançais un regard à la table voisine et mon regard s’illumina en reconnaissant l’homme du séminaire où je m’étais invitée quelques jours plus tôt.



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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Mer 25 Jan - 19:35

Je sortais tard, ce soir. Sans Jaana, bien sûr, ça c’était l’évidence. Ca faisait des lustres qu’on ne sortait plus ensemble, rien que tous les deux. Sans Cass’ aussi. Parce que j’avais besoin d’un peu de temps pour moi afin de progresser dans le sens souhaité. Sans Tonni. Parce que la dernière chose dont j’avais envie, c’était de tirer un coup. Pas forcément que je n’avais pas d’attrait pour le sexe, récemment, mais franchement… La situation était assez compliquée comme cela, vous ne pensez pas ? En plus, la jeune femme avait des partiels, ou je ne savais quoi. Comme si je savais ce que ça voulait dire d’ailleurs. Partiels de quoi ? Des examens, sans doute, mais je n’étais pas sûr de moi. Peu importait. Ce soir, je sortais avec des collègues. Mais pas juste pour me pinter. Pas juste pour esquiver l’ambiance pesante de la maison. Je sortais pour pouvoir parler à Maggs. Ce collègue était chargé des fournitures de notre branché sécurité. C’est lui qui achetait les flingues de nos équipes de sécurité, qui s’occupait de l’approvisionnement en munitions pour les entraînements, en uniformes pour nos équipes, en ressources diverses et variées. J’avais déjà un flingue, chez moi. Mais rien qui suffise devant les épreuves à venir. Je buvais donc, mais sans me mettre la misère. Parce que plus tard dans la soirée, quand Maggs serait comme toujours le dernier luron à quitter la soirée, j’allais le chopper pour savoir ce qu’il pouvait faire passer sous le manteau. Oh bien sûr, il se défendrait de toute corruption. Je le voyais venir d’ici. Mais Maggs était un ancien marine norvégien et je savais de source sûre qu’il avait fait transiter de l’équipement lourd pour une de nos équipes en Mer de Barents, menacée par des « terroristes » russes.


Je buvais une bière de plus, malgré tout, pour me fondre dans la masse de ses ronds de cuir qui venaient de toucher le pactole de leur prime annuelle. On claquait sans compter. Certains avaient même acheté un gallon de champagne, me le faisant goûter en premier car français d’origine, j’étais unanimement jugé comme l’ « expert » dans ce domaine. Mon regard traîne sur la piste de danse du bar alors que des couples s’y démênent pour séduire ou s’amuser. Je suis un peu débraillé ; la cravate est dénouée, la chemise ouverte sur ses deux premiers boutons. J’ai abandonné ma veste quelque part, vide, de peur de me faire piquer des trucs. Je passe mon regard sur l’entrée… Avant de revenir sur une table non loin, reconnaissant un regard qu’on me lançait. Je ne me rappelais plus de son prénom mais je l’avais croisée à un séminaire, lundi soir. Sur les nouvelles techniques de sécurité. Elle avait l’air d’être abordée par un gros lourd, alors que pris sur moi de sauver sa soirée en attendant que mes collègues s’avinent suffisamment pour se tirer. Je pose la bouteille de vodka sur la table, deux verres et m’asseois directement à côté de la jeune femme.



| Excuses moi je ne t’avais pas vue, à porter des toasts avec les collègues…. Tu nous excuses ? | lançais je à l’autre homme, qui, maugréant, s’éloigna par dépit.


Je nous sers un verre à chacun et, ravi de mon nouvel alibi, je trinquais.


| Vous noterez ma discrétion pour vous débarrasser de cet energumène. Quelle coincidence quand meme de se retrouver ici. Vous bossiez pour qui déjà ? |


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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Sam 28 Jan - 0:30






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La douleur physique est une chose simple à oublier. On peut l’omettre, la repousser, l’ignorer, la surpasser. Elle peut devenir obsédante ou lancinante, vous terrasser, vous couper le souffle. Mais à tout moment, l’homme peut apprendre à la surpasser, il suffit pour cela d’une simple pensée, d’un regard, d’un sourire. Mais quand l’enfer vous plonge dessus, vous n’en sortirez jamais pareil, il gardera une part de nous et je puis vous assurer que rien ne nous prémunis face à ce que nous avons à affronter réellement quand l’aube de la mort s’invite dans les draps de la plus perverse des prédatrices.

Ici l’enfer pouvait s’oublier et fermer ses portes, on pense que Lucifer s’amuse avec la chaleur, laissez-moi rire. Il est plus doux de mourir de chaud que de mourir transi de froid surtout quand face à vous l’horizon sombre et pétille avec qui vous avez toujours regardé avec un regard bienveillant se brisant. Si j’avais pensé un jour que je souhaiterai voir ma mort venir juste pour échapper à ses yeux à elle, à ce regard qu’elle venait de me lancer, perdu et brisé, qui en disait plus long que tous les discours. Je passais ma main encore et toujours sur mon menton à la recherche d’une paix intérieure qui ne semblait vouloir m’habiter cette nuit alors que mon interlocuteur un peu lourd tentait de me distraire.

Depuis le premier l’an, une seule idée revenait en récurrence, celle d’une profonde envie de fuir, de marcher, de courir le plus loin possible d’eux, de lui…

De prendre le temps de digérer ce que je semblais ne pas arriver à effacer, malgré l’illusion de l’avoir eu surmonter.

Leur en voulais-je ? Je ne sais pas, en cet instant je ne savais qu’une chose, j’avais mal. Mal de cette simple certitude et de la conviction que quelque part qu’il était bien mieux loin, et que je ne pourrais que vivre avec ceci, si tel était le cas. J’étais sortie pour tenter de me changer les idées, de chasser, ou simplement d'occuper mon crâne, et voilà que ma proie du moment ne suffisait pas.

Détaillant l’homme qui contre toute attente, venait à mon secours, je restai silencieuse à demi-perdue dans mes pensées obscures et le souvenir de son identité, amusée de voir que le monde aimait se jouer de malice ou que le hasard semblait faire pour une fois de bonne choses.

Il me demanda dans quel boite j’opérais, visiblement désireux d’en savoir plus ou de parler du sujet commun de la sécurité qui préoccupait nombre d'humains avec les événements. Et je m’inclinai à prendre le verre qu’il m’offrait en délaissant le lait fraise débile de l’autre idiot d’un instant.

« Je suis dans un domaine privé, je veille à la discrétion et au bien de riches établis dans la région, votre accent me rappelle ma mère patrie, êtes-vous français ? » Dis-je en levant le verre vers lui pour trinquer.

« Ceci expliquerait pourquoi vous avez l’âme d’un chevalier à me sauver ainsi d’un bon gros lourd. » Continuais-je en tapant dans le verre et en portant la liqueur russe à mes lèvres pour l’avaler d’une traite.

« Parfaite, frappée mais bon nous ferons avec pour ce soir, votre compagnie rendant déjà la soirée plus prometteuse. » Je le détaillai sans le moindre détour, amusée de voir qu’il avait débraillé son complait et semblait près à une détente toute relative si on oublie la présence de nombreux collègues en tenue tout aussi sérieuse que lui.

« Vous êtes encore en séminaire ou c'est une habitude de sortir ainsi dans votre équipe ? » Dis-je en reposant mon verre vide sur la table et en retirant ma veste pour me retrouver simplement vêtue d’une robe ajustée à mes courbes.


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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Dim 12 Fév - 17:24

Dans ce boulot, je rencontrais des gens en permanence. Rarement pour très longtemps, rarement de manière approfondie. Mais entre les autres boites avec qui nous collaborions, les prestataires, les représentants de divers organismes publics, la presse, les stagiaires et autres jeunes encore à l’école, ça faisait du monde qui brassait en permanence le cercle très général de mes connaissances professionnelles. Autant dire qu’on n’était pas sorti de l’auberge quand venait le moment de se poser sur les gens avec qui on bossait au sens large. La jeune femme me disait quelque chose, bien sûr. Quand vous regardez ce genre de joli petit lot elle s’imprime forcément à un moment donné dans votre mémoire, mais il y avait encore eu tellement de noms d’échangés lors de ce séminaire que je ne me rappelais pas du sien. Autrefois, j’étais bon à ce genre de chose. Militaire, dans la reconnaissance de surcroît, j’étais du genre à pouvoir me rappeler du moindre nom, de la plus petite adresse. Plus aujourd’hui. Je vieillissais. Et avec l’âge mes capacités s’effilochaient, lentement. Serais-je encore capable de nettoyer un point d’appui, pièce par picèe, sans rien risquer, en éliminant froidement chaque menace ? J’en doutais. Mes mains tremblaient, même, parfois. Je faisais de la tension. Comme presque tous les quadras que je connaissais, je prenais des médocs par période. Fallait faire attention… L’empâtement d’une vie bien tranquille, où je n’étais plus le jeune para bien affûté de jadis. La jeune femme m’explique qu’elle est dans la sécurité et assure celle de bourgeois du coin. Peut être même dans la boîte qui gère notre propre alarme, qui sait ? J’en faisais partie grâce à ma femme, aujourd’hui, de cette bourgeoisie. Comme les choses avaient changé… Mais oui, elle me dit maintenant qu’elle est française aussi. Mon visage s’illumine, et je reprends en français.


| Mais oui, je suis du Nord ! Vous êtes d’où vous ? |


Ah, c’était si rare de croiser des français en dehors de quelques jeunes qui parfois, poussaient jusqu’ici pour fréquenter les pistes de Trek de la région ! Ca me faisait un bien fou et c’était le genre de moment où je sentais le plus vivement le mal du pays. Je souris de toutes mes dents et je suis flatté de son compliment.


| Oui, de toute manière, les Norvégiens n’ont pas d’alcools très fins non plus, la vodka c’est tout aussi bien. Avec l’équipe on sort régulièrement. On fait pas un boulot facile, sur les plateformes en mer, du coup quand on peut et qu’on est tous sur Valhöll on essaie de sortir un peu. Ca permet de décompresser. Et vous, vous êtes amenée à rester dans la région ou vous n’êtes que de passage. |

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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Dim 12 Fév - 18:09






« La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants.»
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| Mais oui, je suis du Nord ! Vous êtes d’où vous ? |

Son sourire est franc, son cœur bat un peu plus rapidement, il est assez proche pour que la sonate de vie si fragile de son organise claironne dans mes tympans. Glissant mon verre entre mes lèvres après avoir trinqué avec lui. Je me penche un peu sur ma chaise pour qu’il puisse m’entendre sans les encombrements sonores de la salle.

« J’ai grandit en Bretagne, à St Malo où l’alcool est aussi peu fin qu’ici. Mais bon, ce qui me manque le plus reste la cuisine française ou le plaisir simple du pain chaud au matin. » Enfin, pour ma part, le plaisir chaud du boulanger. Depuis le temps, j’avais bien noté les nuances du sang, de l’alimentation des humains et de la douceur ou l’aigreur de leurs modes de vie. Et clairement, ici-bas, dans ce pays, rien ne prévalait le sang français, plus riche et savoureux…

| Oui, de toute manière, les Norvégiens n’ont pas d’alcools très fins non plus, la vodka c’est tout aussi bien. Avec l’équipe on sort régulièrement. On ne fait pas un boulot facile, sur les plate-formes en mer, du coup quand on peut et qu’on est tous sur Valhöll on essaie de sortir un peu. Ça permet de décompresser. Et vous, vous êtes amenée à rester dans la région ou vous n’êtes que de passage ? |

Je glissais mes yeux sur quelques de ses collègues et revenais a lui.

« Ainsi vous allez pouvoir me parler de ses pèches en mer de Béring, je me doute qu’un homme du nord comme vous n’a pas pu se priver du plaisir de quelques bons crabes des neiges cuisinés à la française ? Bon je vous accord, que sur les plate-formes, le repas doit être plus cantinier tout comme la vie plus rudimentaire. Mais j’aimerais un jour voir cela de plus près. J’ai toujours aimé les tempêtes, les vraies celles qu’on a sur les côtes ; et bien que notre petite ville est bien placée pour le gros temps, cela ne doit pas être comparable en pleine mer si ? C’est là aussi que consiste toute votre tâche de sécurité: non vous assurez de celle des hommes, mais aussi de celle des lieux ou êtes-vous juste contraint à la tache humaine ? Pour ma part l’action me manque ces dernier temps. J’ai la sensation de devoir plus rassurer nos clients que vraiment avoir à agir. Ces histoires de monstres, de danger de l’ombre, troublent nos travaux bien plus que par le passé. Enfin passons, dîtes-moi tout sur vous, que fait un français aussi loin de chez lui ? »
 


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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Ven 17 Fév - 21:57

La jeune femme est une compatriote. C’est suffisamment rare pour que le fait relève mon intérêt, d’autant plus stimulé que deshinibé par l’alcool, la joie est facile à ressentir. Et la voilà qui se penche en avant, souriant, pour se faire entendre malgré tout le tapage qu’il y avait autour de nous ; musique, rires, chants même, et toutes ces discussions qui se mélangeaient dans le volume sonore. La française me dit qu’elle est originaire de Bretagne. Autrefois, je n’aimais pas du tout les bretons. Toujours tellement convaincus d’être les gens les plus intéressants du monde du fait d’une pseudo culture celtique réinventée au XXème siècle, défendant un nationalisme tantôt français, tantôt national. Jamais contents. Je savais qu’il s’agissait d’a priori ; j’en avais déjà rencontré de très bien, et ce soir ça n’avait aucune espèce d’importance ; je rencontrais quelqu’un de chez moi. Ah, je ne pouvais que la comprendre sur ce qui lui manquait !


| Ca me manquait tellement que j’ai acheté un four à pain qui a dû me servir trois fois ! Et la cuisine… Vous avez raison. Ici on mange bien, mais ça manque de ce petit quelque chose de la maison. |


Qu’est ce que je donnerais pas pour un welsh-frites avec une bonne pinte de brune pour le faire descendre, suivi d’une tarte au sucre pour tremper dans un café noir comme la nuit. Ici on mangeait bien. Mais trop léger, ou trop lourd, et on n’y buvait que de la pisse ou des alcools étrangers. J’avais bien rencontré, curieux comme j’étais, quelques bouilleurs de crû qui m’avaient fait goûter quelques liqueurs locales, mais ça n’avait pas été byzance pour autant. La voilà qui continue de parler de cuisine et de crabe. Ca au moins, fallait reconnaître qu’ils savaient le cuisiner, ici. Je répondais à sa curiosité, mais dans certaines limites ; je ne tenais aucunement à ce que je me fasse lourder pour défaut de sécurité, en ayant eu la langue trop bien pendue.


| Oui, on bouffe mal là bas. C’est la cantine, vous voyez ? Etre en haute mer ne nous permet pas pour autant de pêcher. Je protège les deux en fait. Parce qu’avec le monde d’aujourd’hui on craint tout, partout, tout le temps. J’établis des plans, des systèmes de surveillance, d’évacuation, de défense même. Il faut bien vivre, et ça paie bien. Quant à comment j’en suis venu à bosser ici, eh bien, vous savez peut être ce que c’est. Ma femme est du coin. Elle tenait à ce qu’on vive là, alors je l’ai suivie. Mes gosses ont grandi ici aussi. Et vous ? |


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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Sam 18 Fév - 0:02






« La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants.»
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« Rien d'aussi impérial que vous, simplement un coup du sort, une histoire d’amour qui finit mal et on part pour se faire oublier, on vous oublie, puis au fil du temps, vous comprenez que les choses ne changent pas malgré la distance, mais que votre vie se trouve à présent ici. »

Voilà un résumé, presque vrai de la situation à cela près que ma vie se trouvait ici, car je n’en étais pas vraiment libre. Tout me répugnait dans ce pays, du sang des habitants, généralement trop aigre, aux croyances qu’ils avaient sur nous depuis cette vidéo. Non je ne trouvais pas grand chose de plaisant dans ces villes, hors le fait que je pouvais parfaire ma façon de mettre à mort dans mon travail et tuer à petit feu, l’idiote incapable de venir à bout de quelques sentiments infectes qui l’avaient conduite à sa propre perte. Enfin pour la somme on n'était pas là pour s’ébattre sur mes petits soucis, mais pour comprendre un peu plus ces humains et surtout celui qui se trouvait être le père d’un de mes jouets du moment. Je ne pouvais lui retirer une bonne discussion, pas plus que je ne pouvais lui ôter un certain charme, sûrement dû à son origine, cependant son besoin de glisser sa femme dans la discussion laissait entendre qu’il croyait me plaire au point que je veuille retirer mes vêtements et ce simple petit fait me fit sourire.

« Je suis bien d’accord avec vous, la sécurité est un domaine qui nous rapporte et nous a enrichi par le passé, toutefois tout semblait plus simple, depuis que des rumeurs ont pris place, les gens semblent plus enclins à partir sur des agences plus militaires, des forces moins discrètes, et je crains que sur le temps, nous devions finir par dépendre totalement d’un système militaire, ce qui de mon point de vue serait un bon point pour les armes et autorisations, mais une grande perte pour notre liberté morale, car ça ouvrirait la porte à tous les fous de l’adrénaline refusés dans les rangs plus nationaux. Enfin passons, je m’égare, revenons à vous c’est bien plus plaisant de parler du pays et de toutes ces choses qui nous manquent et vous manquent. Je n’ai jamais vraiment eu le plaisir de voir votre région, qui est comme le dit le chanteur remplie de gueule noires et de pauvre bougres trop penchés sur la bière ? »

Je prenais plaisir à parler en français, cette langue qui m’avait manqué depuis plus de vingt années à présent et dont je devais me faire deuil à cause de l’origine allemande de ma lignée.

 


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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Sam 25 Fév - 18:29

Je demande à la jeune femme pour quelle raison elle est venue jusqu’en Norvège. C’était vrai qu’il ne fallait pas se leurrer, au fond. Beaucoup de gens s’expatriaient dans le monde d’aujourd’hui. Certains parce qu’ils ne sentaient absolument aucune fibre nationale, ils n’avaient aucun goût pour leur patrie d’origine. D’autres parce que leurs opinions politiques ou leurs valeurs morales étaient pensées comme plus proches de celle d’un autre pays. D’autres enfin étaient obligés de le faire s’ils voulaient évoluer dans des professions très précises. Et enfin, les derniers le faisaient comme moi par amour. Et chacune de ses raisons avait sans nul doute ses forces et ses faiblesses. On voyait comment ma propre voie avait tourné… Et je constatais que c’était pareil pour elle, visiblement, sauf qu’elle semblait la fuir en fait, plutôt que rester au pays. Je pouvais comprendre également. Je haussais les épaules, un peu fataliste devant la tournure que prenaient les choses.


| Ah je vois. Condoléances pour ça alors. |


Et j’accompagne le geste à la parole. Je lève mon verre en guise de salut et le descends d’une traite avant de me resservir. Ma vis-à-vis me répond et me dit que notre secteur d’activité est assez porteur ; il faut reconnaître qu’on y gagne bien notre vie car même si notre secteur n’est pas en soi producteur de richesses, s’il est négligé ça peut être proprement désastreux pour les entreprises qui ont beaucoup à perdre. Je ne peux que convenir aux mots de mon interlocutrice. Putain, c’était quoi déjà son nom ? Je commençais à être bourré et je n’étais pas capable de dire si je n’avais pas déjà demandé son nom. C’est moche… Je ris à ses paroles suivantes.


| Oh, je ne pense pas qu’on en arrivera là. Les gens ont peur, mais on n’a pas besoin de couvre-feu, de loi martiale ou autres. Je suis un ancien militaire et j’avoue volontiers que les soldats n’ont pas du tout la vocation à devenir les policiers du monde moderne, bien évidemment. Pour le reste, les gueules noires sont aujourd’hui toute au chômage et les pauvres bougres ne boivent plus uniquement de la bière, on s’est diversifié, nous, madame ! | la taquinais-je | Euh, je sais plus si vous me l’avez rappelé, vous vous appelez ? |

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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Dim 26 Fév - 3:48






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J’attrape la bouteille et me verse un verre que j’avale d’une traite avant de m’en resservir un et lui tendre la bouteille.

« Alors à la diversification des saveurs du nord. » Je tends mon verre vers lui et commence à ressentir la douce morsure de la faim en détaillant sa jugulaire qui palpite sous le col blanc de sa chemise. Mais je détache mes yeux de cette petite tentation. Mes yeux explorent la salle quand les verres s’entrent choquent je le porte à ma bouche.

« Votre femme doit s’ennuyer de vous non ? Avec toutes ces conventions et soirées avec votre équipe, d’autant que si j’ai bien tout compris à votre position, vous êtes souvent au loin. Finalement les condoléances dans mon cas ne sont pas de mise, car je ne sais pas si je serai capable de supporter l’idée que la personne que j’aime s’endorme avec pour seule chaleur mon souvenir et la promesse de ma fidélité. Non je suis bien trop indépendante ou trop passionnée pour une vie aussi sage que la vôtre. » Je déposai mon verre et le poussai vers lui. « Vous avez toute mon admiration, un homme tel que vous qui attire autant de regards » Je désigne du menton quelques glousseuses à une table qui le dévorent des yeux.

« Et qui reste inlassablement loyal, malgré la distance et la solitude. »

Je lui fais un petit sourire et plante mes yeux dans ceux de la petite blonde qui le dévore des yeux, elle ne bouge plus, elle me détaille soumise et j’incline la tête pour la voir faire de même sous mon pouvoir. Ma bouche s’entre ouvre doucement et je lui fais signe de me suivre.

« Excusez-moi, je reviens, le petit coins m’appelle, la prochaine bouteille est pour moi. » Je me lève et me glisse entre les gens, attrapant le bras de la jeune femme dès que je suis hors de sa vue, elle me regarde avec envie et je souris.

« Je veux que tu donnes tout ce que tu as ma belle, tout pour que l’homme à ma table couche avec toi ce soir. File. » Elle acquiesce et part en roulant des hanches alors que je me plaque au mur et compte mentalement trois minutes avant de revenir vers la table où bien sûr elle s'est invité, je fais signe au barman de remettre la table et m’avance vers Phil, un regard un brin étonné. « Je vous ennuie autant que vous m’avez déjà oublié, Phil ? »




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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Mar 28 Fév - 21:21

La vodka n’a jamais, absolument jamais, été mon alcool préféré. Loin de là. Très loin de là. C’était âcre, ça n’avait pas de vraie saveur en dehors celle, relevée, de l’alcool. Ce n’était ni fin ni particulièrement goûteux. Mais c’était un bon expédient, un bon moyen de faire la fête. Je savais bien que je ne pourrais pas tenir très longtemps à ce rythme, il était clair pour moi que je ne buvais absolument plus les quantités que je pouvais ingurgiter autrefois. Je lève mon verre au toast de la jeune brunette et une fois nos récipients entrechoqués, je porte le miens à mes lèvres pour le descendre d’une traite. Et voilà que les questions se font plus personnelles. Elle me demande si ma femme ne s’ennuie pas de moi. Déshinibé par l’alcool, j’ai un éclat de rire.


| Oh non, elle ne s’ennuie pas de moi. C’est elle qui a une vie compliquée, qui l’a toujours eue ainsi. La connaissant, elle doit être en train de bosser tard, ou de rencontrer les ronds-de-cuir qui financent son activité. |


Et que faisait-elle de ses soirées ? Je savais qu’elles étaient chiantes à en mourir, mais Jaana elle-même ne l’était pas. Elle aimait la vie, elle était passionnée par plein de choses. Elle devait rendre ces dîners, ces réunions, infiniment moins ennuyeuses. Je m’étais déjà souvent interrogé sur sa fidélité dans ce genre d’occasion ; adoptait-elle un comportement qui pouvait être préjudiciable à notre couple ? Honnêtement, je ne savais quoi dire. Il y avait toujours eu ce côté mystérieux, charmeur, envoûtant chez mon épouse. Mais elle n’avait absolument jamais donné de grain à moudre à ma jalousie. Ma vis-à-vis, en tous cas, s’engouffrait dans le sujet avec une certaine avidité, et si c’était de l’attirance que je voyais dans ses yeux, je me sentais plutôt flatté, même si je n’étais pas prêt à y répondre. Je finirais peut être la soirée chez Tonni, si elle était disponible… Et voilà qu’elle ma flatte plus encore et me montre de jeunes beautés.


| Oh oui, je suis comme ça moi. Salut ! Héhé. |lançais-je, un peu bête mais ravi, aux jeunes femmes qui nous regardaient alors que je les saluais de la main


Ok, moi, je suis bourré. Je sais que si je veux garantir mes chances de rentrer seul ce soir, je devrais tout de suite remballer mes affaires, prendre mon manteau pour affronter les températures polaires du dehors et me tirer dans ma bagnole au plus vite, pour fuir ce repaire à mortes-de-faim. J’acquiesce du regard lorsque la fille s’éloigne pour aller au pipi room. Et là, une blonde superbe se ramène vers moi, s’asseoit et me dévore des yeux. Elle se fait tactile, immédiatement. Je suis flatté. Elle finit mon verre. Je ne sais pas si je dois être excité ou vexé qu’on m’ait privé de ma boisson, mais ce décolleté est… Non. Je vois Tonni. Je vois Jaana. C’est avec elles que je devrais être ce soir. Elles. Enfin. L’une des deux quoi. Tonni. Elle sera là pour moi, ce soir. Je ris, un peu gêné, quand je comprends que la blonde ne serait pas contre un petit tour aux toilettes. Je suis toujours plus à l’aise quand c’est moi qui suis à l’offensive que l’inverse ; ça « titille mes sens d’araignée » comme dirait l’autre et je prends mon manteau pour partir, quand la fille brune revient. Je suis gêné, j’hésite avec un « euuuuh » digne de mes examens oraux adolescents.


| Oh non, non. C’est juste que j’ai vu l’heure qu’il était déjà, et si je rentre pas tout de suite, je saurais plus du tout rentrer après. On se le fait la prochaine fois, ce verre ? |


Tonni, je dois voir Tonni, avant de me mettre encore plus dans la merde.


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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Dim 19 Mar - 4:09






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| Oh non, non. C’est juste que j’ai vu l’heure qu’il était déjà, et si je ne rentre pas tout de suite, je saurais plus du tout rentrer après. On se le fait la prochaine fois, ce verre ? |

Sur mon visage se lit une moue totalement perdue, il était sérieux, là ?

« Vous êtes comme ça, alors, de ces hommes qui invitent et profitent de la moindre occasion pour me planter comme une fille qui n’a pas su vous donner pour votre contant… » Me mordant les lèvres je m’approchai d’un pas de lui « Vous avez trop bu pour conduire, laissez-moi au moins vous reconduire, je n’ai pas la sensation d’avoir simplement comblé l’ennui avant que vous courriez à la mort. » Dans un mouvement rapide je récupérai ses clés dans la poche de sa veste. Un geste si vif qu’il en resta imperceptible à l’œil humain, j’aurai tout aussi bien pu lui casser la nuque ou planter ma main dans sa poitrine et voir de quel sang se réchauffait son foutu cœur d’humain. Mais cela m’aurait encore causé des brimades.

« Franchement Phillipp, ai-je l’air de ces idiotes qui ont besoin de faire boire un homme pour le glisser dans leur lit au point que vous ayez besoin de fuir comme un lapin pris au piège ? Vous allez vraiment me blesser, moi qui pensais avoir trouver un possible ami dans ce pays aux coutumes si lointaines du nôtre. »

Plusieurs choix s’offraient à moi, le soumettre et lui tirer les vers du nez, mais c’était bien moins amusant que de le soumettre et jouer avec lui, c’était fort tentant, j’avais un petit creux, la Vodka avait toujours eu un fâcheux rappel à la luxure avec moi et à l’envie de sang. L’endormir et le conduire chez Dicky pour élaborer quelques idées afin d’user de son savoir-faire humain contre la petite vie trop tranquille de mon ex compagnon, ou alors simplement le laisser partir et voir ce que donnerait cette prochaine fois… toutes ces options m’ennuyaient et il était encore trop tôt pour moi, trop tôt pour rentrer, trop tôt pour laisser passer un peu de plaisir, le laisser partir sans un peu plus de promesses qu’un peut être…

Pourquoi me venait-il toujours des idées folles quand rien ne me préparait à autant de malice. Le regardant dans sa fourberie, prêt à me faire le coup du tu m'as vu, t'es pas mon style, je me tire… J’avais envie de lui montrer qu’on ne me jouait pas de la sorte, mais sur l’instant j’attendais, je restais là comme médusée et quelque peu blessée par son acte, qu’il réalise son manque de savoir vivre, au pire il le réalisera à pied sans les clés de sa voiture, ou dans un taxi, enfin si je le laissais ainsi partir, tout dépendrait en somme de sa façon de réparer l’outrage. A croire que dans le fond je restais de la veille école, celles où les hommes avaient de la galanterie et bien que leur savoir vivre n’était en général que la conséquence d’un public, il manœuvrait avec plus de doigté.



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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Dim 26 Mar - 17:39

Pouah, l’alcool m’était monté un peu trop vite à la tête et voilà que je n’allais pas tarder à en payer le prix. D’autant plus que la soirée était en train de déraper. J’avais appris dans ce genre de cas à ne pas tenter bêtement le destin. Paradoxalement pour un mari infidèle comme je l’étais, je n’étais pas pour autant un bête coureur de jupons. J’avais bien compris que si je le voulais, je pouvais aller troncher la blondasse dans les chiottes de ce bar. Mais non. Je voulais pas faire de conneries. On vivait tous avec sa propre croix, avec le poids de ses propres regrets. Je ne voulais pas en ajouter bêtement, sans y réfléchir ne serait-ce qu’une minute. La situation méritait plus de réflexion de ma part. Ce n’était pas forcément que j’y mettais de la mauvaise volonté, mais simplement, ce n’était pas pour moi. Et voilà que la français y ajoute encore un peu à la tournure confusante de la soirée. Qu’est ce que c’était que ce bordel.


| Hey, j’ai rien signé moi hein, ma femme m’attend et l’autre blondasse était un peu trop chaude, là. |


Elle me dit que j’ai trop bu pour conduire. C’est pas totalement faux. D’un autre côté, j’ai conduit déjà vachement plus bourré que ça. Mais quand même. J’aurais l’air de quoi moi, à être ramené par une femme qui n’était pas la mienne, et bourré en plus ? Non non non, j’allais me démerder.


| Merci, c’est sympa à vous, mais je saurais me débrouiller, je suis un grand garçon. |


Là, elle attaquait un autre sujet un peu trop frontalement.


| Ah mais… On est amis hein ! Juste là j’ai trop picolé, ce serait mieux que je rentre. |


Je cherche mes clefs et retourne mes poches. Panique. Putain, qu’est ce que j’en ai fait. Je regarde partout autour de moi, par terre. Je me rappelle même plus où j’ai pu les foutre.


| Putain… Vous auriez pas vu mes clefs ? J’étais sûr de les avoir dans ma poche y’a pas trois minutes ! |

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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Lun 27 Mar - 20:49






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| Merci, c’est sympa à vous, mais je saurais me débrouiller, je suis un grand garçon. |

Silencieuse un instant je le détaillai en croisant les bras patiente au possible, alors qu'il tanguait comme on cogne dans la tempête.

« Oh ça je n’en doute pas on est toujours certain d’être fort dans ce genre de moments. » Dis-je dans la limite d’un murmure avant de lui parler mielleuse d’amitié et autres conneries dont je doutais presque des valeurs.

| Ah mais… On est amis hein ! Juste là j’ai trop picolé, ce serait mieux que je rentre. |

Il se mit alors à chercher ses clés bien décidé à me fausser compagnie, et bien il le ferait à pied, je n’aimais guère qu’on me tienne tête et je n’étais pas décidée à être dévouée à les lui rendre.

| Putain… Vous auriez pas vu mes clefs ? J’étais sûr de les avoir dans ma poche y’a pas trois minutes ! |

Faisant un signe de tête négatif, je lançai quelques regards sur le sol où elles ne se trouvaient pas, inspectai les poches retroussées où elles n’étaient plus et le dépassai pour prendre ma veste et mon sac.

« Laissez-moi commander un taxi et un de vos collègues ou la blonde a du penser à raison que vous n’étiez pas en état de conduire. Il serait triste que notre amitié soit aussi courte car vous avez décidé de conduire dans un pays aussi rude que celui-ci. »

Plaçant la lance de mon sac sur mon épaule, j’attrapai mon téléphone et glissai dans un geste aussi sournois les clés au fin fond de mon cabas que je refermai consciencieusement. Un homme tout aussi ivre voir plus que lui s’approcha et je le reconnu comme étant un de ses collèges, visiblement la soirée a été assez arrosée pour lui aussi.

« Tu ne voulais pas causer tout à l’heure ? » Dis-t-il en s’adossant à un pilier. « Je suis libre, les filles sont parties… » Son teint doucement tournait au vert et son regard était baigné de ruptures des vaisseaux sanguins de la conjonctive, signe d’hypertension et d’une forte ivresse. Je reculai prudente d’un pas et lançai un regard à Phillipp, me demandant s’il avait remarqué dans son propre état ce qui se tramait. Mais avant que j’ai eu le temps d’en dire mot, un lancer de repas et d’alcool jaillis de la gorge de l’homme qui arrosa la veste du français alors que l’homme tournait au rouge, s’étouffant visiblement dans son vomis. Ses genoux glissaient à terre et une nouvelle fois il vida le contenu de son estomac sur le sol avant de suffoquer un peu plus. Sous mon regard dégoûté et ma main tenant mon cellulaire glissé sous mon nez.

« Appeler les secours, appelez la police ! » Hurla une femme paniquée alors que la foule du bar se reculait et que d’autres s’avançaient pour lui venir en aide.

J’attrapai le bras du français pour le sortir du bar et m’arrêtai devant la porte une fois à l’air libre de la nuit.

« Vaut mieux pour vous qu’on parte, la police et les secours vont vite venir et c'est rempli de mineurs, un casier ne serait pas forcément bon pour nos emplois, suivez-moi j’ai ma voiture sur le parking, je vous déposerai à quelques maisons de chez vous si vous avez peur qu’on me voit avec vous, bien que comme vous le dîtes, nous sommes amis et que je pense que votre femme pourrait comprendre que je vous reconduise après quelques verres de trop. » Dis-je lui indiquant la route du parking de ma main libre.



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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Dim 2 Avr - 14:40

Et voilà que la jeune femme se fait moralisatrice et me réprimande indirectement, alors qu’elle semble considérer que je ne suis pas capable de gérer la situation. J’ai bu mais sans me rendre malade, alors ce genre de réflexion typique des personnes qui ne buvaient pas, je m’en passais bien. Et je n’aimais pas non plus qu’on me sermonne. Je n’aimais pas ça du temps de mes parents et je n’aimais pas ça non plus maintenant que j’étais marié et que je partageais la vie d’une femme. Je gardais le silence, mais je commençais à perdre un peu patience. On peut pas me laisser tranquille, faire ce que je voulais faire ? Nan mais c’était quoi le problème des gens. Toujours à me casser les bonbons. C’était pour ça que j’avais fini par aller voir ailleurs, quitte à foutre mon mariage en l’air, autant le faire bien. Mais là ça commençait à me gonfler. J’avais envie d’aller voir Tonni, ou de rentrer à la maison pour dormir trois jours durant. Elle avait raison à propos du « rude » pays, mais bon il ne fallait pas pour autant oublier que j’avais l’habitude maintenant, ça faisait presque dix ans que je vivais ici et avant ça j’étais venu de nombreuses fois à Valhöll.


Et voilà que mon pote sort et nous rejoint. Je lève les yeux au ciel, blasé. Maintenant il va dire partout, si jamais il se rappelle de cette soirée, que je suis reparti avec un joli petit lot. Alors que tout le monde me savait marié au boulot. J’allais encore au devant des problèmes moi, avec toutes ces histoires. Et je vois tout de suite, quand il arrive juste à côté de nous, que quelque chose cloche. Il va être malade… Et voilà qu’il me vomit dessus !



| Ah putain, mais fais gaffe ! |


Trop tard, j’en ai partout sur moi. Et voilà que des gens déboulent, qu’une pimbêche dit d’appeler la police, et la jeune femme me tient le bras.


| Un casier ? Mais vous débarquez ou quoi. On va pas avoir un casier parce que je suis bourré. Celui qui en aura un, c’est le patron du bar si des mineurs sont présents. J’ai pas pris le volant, je suis blanc comme neige. Alors je vais attendre un taxi ici. |


Mon collègue reprend sa respiration maintenant qu’il a tout rendu, et quelqu’un parle d’appeler les pompiers pour l’amener à l’hosto. Il est bon pour un lavage d’estomac. Je soutiens son regard.


| Je vous remercie, mais je vais appeler un taxi. Ce serait trop con de vomir dans votre bagnole et de toute façon, je rentre chez moi chercher mon second jeu de clés pour revenir chercher ensuite ma voiture. |


je retirais ma veste en ayant un haut-le-cœur, la foutant en boule pour éviter que le vomi ne coule sur mes autres fringues. Je sors mon téléphone et contacte un taxi. Je vais en avoir pour la peau du cul, mais là j’ai pas le choix.

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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    Sam 8 Avr - 22:38






« La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants.»
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Visiblement éméché et pas enclin à recevoir mon aide ou quelques offres que ce soit, il me mordit quelque peu sur mon commentaire, en rapport aux mineurs qui l’avaient plus qu’allumé il y a peu. Je me gardais de toute relance qui ne serait pas constructive aux veux de son empressement à vouloir me dégager comme un parasite trop entreprenant. Je n’en pris pas plus l’ombrage en détaillant l’horloge de ma montre et en décidant finalement de le laisser appeler son taxi pour ne pas encore me prendre un refus.

Je regrettais sincèrement l’époque où on pouvait jouir de nos proies sans plus d’ombrage que le besoin de bien dissimuler nos traces. J’en venais presque à ma dire qu’avec le temps on finirait à jouer les serviteurs de nos aliments à ne pouvoir jamais les rompre quoi que si je pouvais encore l’hypnotiser.

Mais quel grand intérêt dans le fond ? Lui demandais-je de danser nue dans la glace et de chanter kumbaya entre deux morsures et soins pour le laisser repartir avant l’aube comme neuf. Non franchement j’avais eu ce que je voulais, un moment avec lui à voir de quel bois il était fait et si ce serait à regret que je lui volerai sa fille ou pas et finalement au vu de son comportement je me disais que je ne ferai qu’offrir un plus bel avenir à sa gamine que celui prévu pas ses parents bien trop occupés par eux-mêmes que par ce qu’elle pourrait devenir.  

Je lui fis un signe de main simple et radical de ok fait comme tu veux et me détournais pour glissais mes mains dans mes poches et jouer avec la clé que je briser en miette sous la pression ma force et laisser tomber au sol une fois devant la portière de ma voiture dans la quel je pénétré pour lancer l’appel vers Dicky lui annonçant ma venue prochaine.



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MessageSujet: Re: [Livre I] La lucidité n’est rien d’autre qu’une ivresse de puissants    

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