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[Livre I] Mondanités, champagne et... ?

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Mortal ♦ Agent de l'Etat
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MessageSujet: [Livre I] Mondanités, champagne et... ?    Mer 4 Jan - 22:17

Les rires fusent, les coupes s'entrechoquent et le champagne coule à flot. Un verre à la main auquel je n'ai pas touché, je regarde autour de moi, la mine curieuse, mes yeux passant des uns aux autres sans trop s'y attarder. L'espace d'un instant, sans bien savoir pourquoi, je repense à mon enfance passée à épier mes parents lorsqu'ils donnaient ce genre de soirées. Avant de m'y ennuyer mortellement lorsque j'étais adolescente et de m'enfuir le plus loin possible dès que j'en avais eu l'occasion. Pour sauver le monde.

Et maintenant, je suis dans l'une de ces soirées mondaines que j'exécrais, qui m'avaient fait fuir à l'autre bout du monde à jouer un de ces rôles qui m'horripilaient. Dans quel but ? Faire du charme aux investisseurs, soi-disant là pour financer les projets de l'université mais en réalité prêts à débourser des sommes folles pour le CNRB. Nous sommes certes financés en grande partie par le gouvernement mais il ne faut pas faire la fine bouche. A cette pensée, je ferme les yeux, agacée en réalisant que je pense comme mon père. Pire, que je dois être le portrait craché de ma mère en cet instant précis. Et je me rends compte que je pourrais partir, laisser cette maudite coupe de champagne pour rentrer chez moi, retrouver ma famille et essayer de sauver ce qui peut encore l'être. Après tout, je ne manquerais  personne ici non ? Peut-être un peu certes, mais personne n'est irremplaçable et, toute douée que je puisse être dans mes travaux, mes recherches, ils seraient tout simplement ravis d'avoir un peu plus la mainmise sur ce qui se passe au centre.

Mais une petite voix me souffle que j'aurais fait tout ça pour rien. Mis en péril le peu de vie de famille qu'il me restait encore pour du vent si je pars maintenant. Si j'abandonne, tout ce en quoi je crois partirait en fumée pour de bon. Et pourtant, je me rends bien compte que ce n'est pas comme ça que je voulais mener ma vie, loin de là. Maintenant, reste à savoir si je pourrais faire quelque chose qui m'importe vraiment, qui pourrait être réellement utile ou si je vais me contenter de serrer des mains et de faire ce que tous attendent de moi sans broncher. J'ai un profond soupir, totalement perdue dans mes pensées et je ne vois même pas l'homme dans lequel je rentre avant qu'il ne soit trop tard et que ce qui reste de mon verre se retrouve répandu sur lui.

Je me fige, décontenancée et ne sachant vraiment pas comment réagir. Voilà bien quelque chose qui ne m'est jamais arrivé, même dans mes pires moments et quand je fréquentais des bars mal famés où j'avais même du mal à mettre un pied devant l'autre. Personne ne semble faire attention à nous et je grimace alors que je tends la petite serviette sur laquelle mon verre était posé quelques instants plus tôt. Autant dire que c'est dérisoire mais c'est moins pire que de rester à ne rien faire non ? Et je souffle, mi-figue, mi-raisin.

"Bien, je crois que je suis au top des pires clichés que je pourrais faire lors d'une soirée de ce genre. Je suis vraiment confuse et je suppose que je devrais dire que je dois vous rembourser la facture de teinturier mais si vous êtes là c'est que vous n'en avez pas vraiment besoin. Je me trompe ? Ou alors vous êtes venu essayer de grappiller quelques dons vous aussi ?"

J'aurais pu tenter de dire autre chose et à cette pensée, je reprends, avec un semblant de rire.

"J'espère que vous n'êtes pas en train de vous dire que j'ai tenté de vous aborder comme ça. J'aurais été plus subtile. Et moins maladroite."

Je lui jette un regard en coin, me demandant si je vais avoir droit à un inconnu furieux ou amusé. Et si, en fonction, je vais devoir me carapater à l'autre bout de la pièce et espérer que ça n'aura pas d'incidences sur les financements du centre.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Mondanités, champagne et... ?    Jeu 5 Jan - 13:34

Les Orvandil aiment bien ces soirées mondaines. Ils aiment bien paraître, infiltrer, avancer. Comme les Myklebust. Je ne me fais aucune fausse idée sur la raison de notre présence ici, ni le point de vue qu’ont ces gens aujourd’hui les miens, sur les humains. S’ils savaient pour Leïla, ils exigeraient sans doute que je me nourrisse devant eux, avec eux, que j’use de cette beauté de toutes les manières possibles et imaginables et une fois brisé, que je jette son cadavre dans l’océan. Ce serait sans doute pire pour Théa, parce que j’avais brisé pour elle quantité d’interdits et de règlements, non seulement de ma maison, mais de ma race toute entière. Je ne pouvais absolument pas prendre ce genre de risques. Et quand bien même, je partageais relativement leur avis sur les humains. Non pas qu’ils soient du bétail tout juste bon à être saigné ; les humains seuls étaient capables d’innovation, non les immortels. L’aspect éphémère de leur existence était le moteur de leur civilisation alors que nous autres ne pourrions jamais qu’être parasites. Cela ne voulait pas dire que j’accordais beaucoup d’importance de manière générale à leur existence individuelle. Pour moi, un être vivant n’est jamais qu’un amoncellement de muscles, d’organes et de nerfs, avec un réseau de vaisseaux sanguins pour faire fonctionner cette machinerie.


Je suis ici pour protéger, de loin, un représentant plus distingué de la maison. On vient ici pour s’acheter des complicités en même temps que des parts d’entreprises, d’organismes. L’avantage de l’immortalité, est que l’on peut établir des plans financiers complexes à très long terme, au besoin, et que cela rapporte gros dans le monde d’aujourd’hui. Je m’ennuyais, car je n’entendais rien à la gestion de l’argent, à la recherche, à l’innovation, ni aux dispositifs légaux. En revanche, j’étais familier de ce genre de soirées. Jadis, j’y dansais et y buvais en compagnie d’une foule de maréchaux et de généraux, leurs épouses, tout ce que l’Empire comptait de beau monde. A Dresde, à Leipzig, à Erfurt, à Mayence, à Vienne même, au lendemain de Wagram. Je savais comment évoluer dans ce monde. Pas les mêmes vêtements, pas les mêmes musiques et chants, pas les mêmes alcools ni les mêmes danses. Mais la même finalité. Les grands de ce monde sont prévisibles… Je m’avance pour rechercher un nouveau verre, lorsqu’une femme brune me rentre dedans. J’aurais pu l’éviter avec facilité ; les vampires ont ce genre de faculté. Mais, amusé, je laissais faire l’humaine, tomber dans sa propre maladresse.


Elle est ravissante. Grande et svelte, brune comme la nuit. Instantanément, elle éveille ma soif. Elle semble embarrassée, et cherche à faire amende honorable. Je m’incline doucement pour la saluer, mon sourire égayant mon visage en plissant ma moustache.



| Oh, quel dommage. J’eusse largement préféré que vous tentiez de m’aborder, ce serait bien plus plaisant et le sacrifice de ma chemise serait moins vain. |


je lui prends la main et y dépose un baiser. A l’ancienne. A la très ancienne. Et avant de lâcher sa peau du bout des lèvres, je redresse mon regard vers elle.


| Johannes Von Reiner. Je commençais à me demander si cette soirée en valait la peine ; je suis maintenant convaincu que oui, mademoiselle… ? |


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MessageSujet: Re: [Livre I] Mondanités, champagne et... ?    Lun 16 Jan - 19:09

Je me demande ce que cherchent les différentes personnes présentes ici. Mon objectif à moi est simple, en tout cas il parait simple. Je dois sourire et me montrer suffisamment intelligente pour obtenir des subventions, mais pas trop pour éviter de heurter certaines sensibilités. Nous avons beau être au 21ème siècles, il semblerait que certains sont encore assez arriérés pour ne pas apprécier qu'une femme ait un poste important comme le mien.

Et pourtant, quand je songe à tout ce qui se passe en ce moment, je me demande à quel point mes responsabilités sont réelles et à quel moment je suis en fait tout simplement manipulée par des gens bien plus hauts placés que moi. Voilà l'exemple typique de réflexions qui ne cessent de hanter mon esprit depuis quelques mois alors que je continue d'avancer et de m'enfoncer dans un dédale dont je risque de moins en moins de pouvoir sortir. Une part de moi me dit que j'aurais pu en parler à Philippe mais j'ai comme l'impression que l'occasion m'a échappée et ne se présentera peut-être plus jamais.

Je devrais vraiment me reposer et me changer les idées mais autant dire que je ne vois absolument pas comment je pourrais y arriver, d'une façon ou d'une autre. Encore moins dans une soirée telle que celle-là où le paraitre est encore plus important qu'en temps normal. Et c'est le moment que je choisis pour me montrer d'une maladresse inhabituelle chez moi. J'essaie de me confondre en excuses tout en gardant un semblant de dignité et, à ma grande surprise, cela semble plutôt efficace.
Je darde une œillade amusée à la victime de ma maladresse alors que sa réplique m'arrache un sourire sans même que je ne cherche à le masquer. Au moins, je ne suis pas tombée sur un vieux rabat joie qui aurait invectivé l'ensemble de la création en parlant de la maladresse féminine. Et oui, ce sont encore des choses qui arrivent, surtout dans un monde comme le mien. Et encore plus maintenant que je sais que certains de nos invités sont en fait centenaires et très vieille école. Au moins, ça explique pas mal de choses.

"Oh, j'ose espérer que j'aurais trouvé quelque chose de plus clinquant pour vous aborder. Histoire de vous éblouir avec mon esprit, ma répartie ou que sais-je encore. Là vous supposez juste que je peux être maladroite ce qui n'est pourtant pas dans ma nature en temps  normal. Vous me voyez donc navrée pour votre chemise et son sacrifice."

Il a une façon de parler un rien désuète qui me fait tiquer et ce sentiment étrange ne fait que s'accentuer quand il se penche pour me faire un baisemain. Et bien, voilà qui est peu conforme. Pour un peu, je serais presque à penser que l'homme qui me fait face est bien plus vieux qu'il en a l'air. Mais je n'ai pas envie d'être paranoïaque ou d'imaginer des choses. Pas avant d'avoir un signe supplémentaire en tout cas.

"Madame Jaana Raulne. Je suis la directrice du CNRB et l'une des hôtes de la soirée semblerait-il. Enfin, une des personnes qui doit sourire le plus pour mettre nos invités de bonne humeur en tout cas."

Je me rends compte que j'ai hésité un instant, infime, avant de corriger le mademoiselle, sans bien arriver à saisir pourquoi. Je secoue la tête avant d'ajouter, mon sourire me faisant plus large.

"Ne me faites pas croire que vous n'êtes pas friand de ce genre de mondanité. De devoir faire des ronds de jambes, d'avoir à réfléchir à chacune des paroles que vous devez prononcer pour éviter de heurter des sensibilité et, surtout d'éviter de renverser du champagne sur un potentiel généreux donateur. Je ne vous croirais pas."

Et je le fixe, le regard pétillant de malice, me demandant vaguement comment il va réagir et, surtout de quel coté il se place, s'il a vraiment de l'argent à investir. Et, si c'est le cas, si ma façon inhabituelle de discuter avec lui sera bénéfique ou non. A défaut, je me serais amusée quelques instants avec un homme à l'allure inhabituelle qui n'est pas déplaisante à voir.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Mondanités, champagne et... ?    Mer 18 Jan - 22:20

Je ressentais de l’appétit, maintenant que l’on m’avait bousculé, j’avais envie de mordre. Cela me rappelait à la bestialité de ma propre nature. Je ne savais que singer les vieux vampires, qui savaient garder une contenance. Les ténèbres et le tumulte de ces dernières décennies avait réussi à me sustenter, à me permettre de me glisser dans l’obscurité pour m’adonner aux vils penchants de ma nature. Mais voilà que la Soif Rouge se réveille, embrase mon âme, fait brûler mes organes, bouillants sous l’effet de la fièvre induite par cette violente pulsion. La femme que j’avais sous les yeux était sans doute plus âgée que je l’avais été de mon vivant ; je sentais de subtiles nuances dans l’odeur de son sang. Je ne savais pas exactement ce qu’il contenait ; je devrais la goûter pour cela. Mais je me sentais en appétit. Je savais que Leila m’attendait, mais je ne pourrais sans doute pas passer la voir cette nuit, à cause de cette soirée. Je devais faire ce que je pouvais pour me contenir, en tous cas jusqu’à la fin de la soirée. Qui avançait comme une flèche. Cette femme transpire la force, en tous cas. Et l’intelligence. Je le vois dans son regard ; c’est une femme douée d’une puissance intrinsèque ; elle sait ce qu’elle est, et elle l’accepte.


Elle me fait sourire, fendant ma moustache d’un sourire alors qu’elle dit qu’elle s’y serait sans aucun doute prise autrement pour m’aborder. Je ne peux que la conforter dans sa tentative d’excuses ; elle s’en sort avec honneur, c’est impossible à contester.



| Oh, mais vous êtes bel et bien éblouissante, je vous l’assure. Vous rayonnez tellement que je pourrais sans doute partir en fumée. |


Au sens littéral, bien sûr. Mais ça elle n’était pas sensée le savoir. Madame. Je note, pas désappointé. Les hommes comme les femmes ont tant de vice. Moi-même, n’étais-je pas « avec » Leila ? Je l’aimais bien, cette humaine. Mais le niveau élevé de ses attentes me rebutait, parce que j’avais conscience que je ne pourrais que la décevoir. CNRB ? un organisme semi-gouvernemental de recherche, il me semblait m’en rappeler des briefings reçus à mon arrivée en Norvège. Je souris et baisse la tête un instant.


| Je peux vous garantir, Madame Raulne, que vous me mettez de bonne humeur. |


Ma vis-à-vis a semblé buter sur le « madame ». J’en conclus donc que son histoire personnelle est compliquée. Parfait. Et voilà qu’elle me tance. Intelligente, capable de faire de l’esprit. J’aimais cela.


| Oh, mais j’aime cela. Croyez-le ou non, je suis né dedans. Vous aussi avez l’air d’être un poisson dans l’eau. Et donc vous collectez des fonds. Et sur quel projet travaillez-vous donc ? |

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MessageSujet: Re: [Livre I] Mondanités, champagne et... ?    Mar 24 Jan - 12:10

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours réussi à combattre l’ennui procuré par ce genre de soirées en observant les invités. Il y a eu toujours quelque chose d’amusant à voir la façon dont chacun essaie de paraitre le plus à son avantage, de se mettre en avant, simplement pour briller l’espace d’une soirée, avant que chacun ne retourne à ses occupations et n’oublie ce pour quoi il est venu. Je ne sais pas si j’ai jamais vraiment fait partie de ces gens-là ou non. Oh, je fais partie de leur univers, c’est une certitude, mais j’aime à me convaincre que je n’ai pas besoin de paraitre autant qu’eux. Même si, bien évidemment, sentir le regard des hommes peser sur moi au vu de ma robe est flatteur, tout comme la déférence dont certains font preuve lorsqu’ils apprennent qui je suis, que ce soit à cause de ma famille ou de mon poste. Mais je sais que tout ça demain sera encore là, que ce n’est pas de la poudre aux yeux que je cherche à jeter sur des inconnus pour me sentir mieux. Parce que, dans le fond, je ne me sens pas mieux du tout lorsque je quitte une soirée pareille, bien au contraire.

Je pourrais me perdre longtemps dans ce genre de pensées mais heureusement, ou malheureusement, je n’ai pas encore décidé si les conséquences de ma maladresse seront positives ou non, un léger incident interrompt mes réflexions et mon envie de fuir au loin pour préserver le peu d’intégrité qu’il me reste. Avant que je n’aie au final envie de faire comme tous ces gens qu’une part de moi méprise vaguement en s’accrochant à des idéaux qui ne sont plus que de vagues idées lointaines.

Le sourire de mon interlocuteur est pour le moins agréable et, s’il est forcé, il n’en laisse rien paraitre. C’est toujours ça de pris et cela rend surtout le mien plus sincère qu’il n’aurait pu l’être dans d’autres circonstances, surtout au cours de cette soirée.

" Prenez garde, je ne suis qu’une femme, je vais finir par ne plus savoir où donner de la tête avec de tels compliments."

Le regard amusé que je lui lance et mon ton légèrement ironique démentent largement mes propos, même si, dans le fond, je suis plutôt flattée. Et je souffle, d’un ton tout aussi badin, comme si la réponse n’avait pas réelle importance.

" Et je serais navrée de vous voir partir en fumée pour si peu… même s’il ne s’agit là qu’une figure de style n’est- ce pas ?"

J’arque un sourcil alors que je continue de le fixer, me demandant s’il s’agit là d’un indice lâché volontairement quant à ses origines ou si je deviens paranoïaque. Les deux n’étant pas incompatibles, je continue, comme si de rien était et comme si tout se passait pour le mieux dans le meilleur du monde.

" Jaana. J’ai horreur du madame à dire vrai, j’ai l’impression de vieillir en vitesse accélérée quand je l’entends. Et vous me voyez ravie de vous mettre de bonne humeur, même si je peine un peu à deviner comment. En tout cas, pour être tout à fait honnête, vous avez fait échouer ma tentative de fuite de ces lieux mais je commence presque à me dire que ce n’est pas une si mauvaise chose."

Sans compter le fait que le madame me renvoie à mon mari mais ça, inutile de s’appesantir sur le sujet n’est- ce pas ? Je laisse filer un rire à sa répartie qui est à la hauteur de ce que j’imaginais en lançant cette petite pique.

" J’avoue, je suis démasquée. Mais en réalité, je suis surtout là pour les petits fours. En tout cas, vous semblez effectivement réellement à votre aise. Je collecte des fonds oui, nous ne sommes qu’en partie financés par le gouvernement et si nous voulons du matériel et des chercheurs de qualité, nous sommes parfois obligés d’aller frapper aux portes. Ce sont souvent des entreprises pharmaceutiques qui nous financent, en espérant que le fruit de nos recherches leur permettra d’obtenir le nouveau médicament révolutionnaire qui leur assurera un monopole sur le marché. Et en ce moment, nous travaillons sur des moyens de régénérer les cellules nerveuses du corps humain, surtout dans le cadre de maladies telles qu’Alzheimer. Vaste projet n’est-ce pas ?"

J’attrape un nouveau verre à portée d’un serveur qui passe par là et je reprends, après avoir bu une gorgée.

" Et vous, dites-moi, vous m’interrogez par pure curiosité ou êtes-vous là pour une raison précise ?"

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MessageSujet: Re: [Livre I] Mondanités, champagne et... ?    Dim 12 Fév - 16:50

J’ai toujours apprécié ce genre d’endroits, de moments. Bien sûr, j’étais d’une nature parfois trop impatiente et trop impétueuse pour avoir envie d’y passer du temps, d’y fournir des efforts également. Mais j’étais né dans ce genre d’univers, où chaque événement, chaque phénomène, était l’occasion de faire la fête. Pas dans le genre débridé et libéré comme au sein du peuple, non, mais avec un cadre parfois fort rigide, avec sa phase de danse, de boisson, de dégustation, et les inévitables alliances qui se jouent entre les consortiums politiques, économiques, voire même militaires ou industriels. J’étais familier du discours que l’on y portait. Des sujets que l’on pouvait aborder. Bien sûr, je comprenais bien que la manière d’être en vogue à mon époque, celle de mon humanité perdue depuis longtemps, n’était plus le genre de choses que l’on pouvait dire aujourd’hui. Ou alors, à certaines personnes, et en certaines occasions. La femme que j’avais sous les yeux était plus âgée que je ne l’avais été, humain, du moins en ai-je l’impression. Elle reflète aussi toutes les transformations du monde d’aujourd’hui. Je sens, d’expérience, qu’elle est intelligente, qu’elle fait partie de la direction de son entreprise, qu’elle est un leader. Peut être aussi dans son couple ; j’ai vu son alliance. Ce n’était pas si rare de mon temps, bien au contraire. Les femmes étaient souvent les chefs, à l’intérieur du foyer. Mais une fois au dehors, elles n’avaient alors plus voix au chapitre. Les choses avaient changé. Et c’était à moi de m’adapter, pas à elle. Je n’étais pas comme ces vieux vampires qui voulaient modeler le monde à leur image ; j’étais né dans une grande période de bouleversements qui avaient à jamais changé la face du monde, et je savais bien que ceux qui ne s’adaptaient pas finissaient par mourir. Regardez la majorité des monarchies, des empires avant 1815. Bonaparte avait échoué, le vieux brigand, mais peu de ses ennemis lui avaient survécu. Je me penche vers elle et lui murmure, d’un air de connivence.


| Oh, dans ce cas madame, tournez là vers moi. |


Je la sens intéressée, au-delà de la seule politesse de rigueur dans ce genre d’endroit. Il ne m’en faut guère plus pour l’être plus encore de mon côté ; j’aime ce que j’ai avec Théa, mais la pression que l’humaine me fait ressentir, inédite, n’est pas sans engendrer des frustrations qu’il m’est difficile d’évacuer avec elle sans aller trop loin. J’arbore toujours le même sourire.


| Comment savoir sans vérifier ? |


Invitation suffisamment entendue pour ne pas me faire taper dessus. Je reprends, sur le même ton enjoué, qui commence à se faire plus séducteur.


| Jaana, alors. Ravissant, comme nom. Je suis ravi de mon côté de vous avoir ainsi acculée, mais je comprends ce que vous dites. Ce genre de soirée est parfois un passage obligé bien peu source de distractions et je ne vous cache pas que vous êtes également la mienne ; je n’ai, de plus, pas grand intérêt à être venu ici sinon pour accompagner l’équipe de mon employeur. Nous travaillons quant à nous sur le développement de sang de synthèse et tous ses dérivés. Rien d’aussi poussé que le cerveau, mais la reproduction industrielle de cellules humaines n’en est encore qu’à ses balbutiements. Là, je fais celui qui y connaît quelque chose, mais je lis simplement les plaquettes de ma boîte. Moi, je suis là dans la sécurité. Mon patron est un des financeurs présent ce soir. |


Je viens lui murmurer, accrochant son regard.


| Mais ce que je fais, présentement, est infiniment plus trivial qu’encadrer mon boss. J’essaie, comme je le peux, de séduire une femme de toute évidence brillante en plus d’être belle à tomber. J’en serais facilement jaloux de celui qui partage votre vie. |

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MessageSujet: Re: [Livre I] Mondanités, champagne et... ?    Lun 13 Fév - 11:35

Si l’homme qui me fait face semble tout autant que moi habitué à ce genre de mondanités, il y a quelque chose en lui de différent qui capte mon attention. Ce n’est pas seulement lié à ma maladresse, même si elle y est pour beaucoup, ne serait-ce que dans l’instigation de cette rencontre, mais c’est quelque chose de plus diffus, sur lequel je ne peux mettre le doigt dessus dans l’immédiat. Et dans le fond, cela n’a pas grande importance. Il est évident que, si nous ne sommes pas forcément du même monde, nous avons évolué dans le même depuis longtemps. Et, aux quelques signes qu’il semble enclin à vouloir laisser paraitre, il se pourrait que dans son cas, ce soit depuis bien plus de temps que son physique ne le laisserait paraitre au premier abord. Il sait faire preuve d’esprit également, ce qui deviendrait presque inhabituel dans le monde dans lequel nous gravitons et où il vaut mieux avoir l’air important que d’être à même de discuter plus de deux minutes sans que ça ne devienne barbant. C’était ce qui m’avait attirée en premier chez Philippe après tout. Cette capacité qu’il avait de me sortir de mes habitudes, de m’obliger à faire preuve d’esprit et de répartie sans avoir à m’appuyer sur mes origines ou quoi que ce soit du même genre.

Je réprime un soupir à cette pensée avant de laisser filer un rire à la répartie de mon interlocuteur et surtout, à cet air de connivence qu’il aborde. Je secoue la tête, me faisant mutine avant de souffler, me penchant à mon tour vers lui.

"Et que se passera-t-il si je le fais ? Qui me dit que vous serez en capacité de me gérer si je commence à être toute perturbée par cette avalanche de compliments. Et méfiez-vous que je ne vous prenne pas au mot non plus."

Son attitude m’amuse et c’est exactement ce dont j’ai besoin pour survivre à ce genre de soirée. Alors, forcément, mon sourire se fait plus large quand il répond dans le faire à mon interrogation indirecte. Je le fixe un instant avant de rétorquer, d’une voix amusée.

"Ce serait bien dommage que je le vérifie et qu’au final ce ne soit pas une image. Je serais privée d’une compagnie qui semble prometteuse pour ce genre de mondanités."

J’arque un sourcil quand il reprend et explicite les raisons de sa présence aussi, non sans avoir secouée la tête à ses premiers mots. Le ton qu’il emploie ne laisse guère la place à la confusion quant au petit jeu auquel il semble vouloir se prêter et j’avoue qu’il est plus que tentant de le suivre sur cette voie. Probablement la faute à cette soirée d’un ennui mortel et dont je ne peux pas me soustraire ou d’autres choses encore auxquelles je ne veux pas songer.

"Aculée ? Je ne sais pas vous mais ce terme me fait vraiment l’effet d’être une proie entre vos griffes. Pourtant, ce n’est pas moi qui vous ai agressé en premier ? N’essayez donc pas d’inverser les rôles. Donc nous nous distrayons mutuellement et cela nous sauvera probablement de la mort par ennui que promettait cette soirée. Dites-vous qu’en plus, nous allons avoir droit au discours du doyen dans quelques minutes. C’était pour ça que j’essayais de fuir en fait."

J’ai un léger rire au reste de ses propos avant de lui rétorquer, la mine complice.

"Rassurez-vous, vous êtes très crédible dans l’image de celui qui sait exactement de quoi il parle. Pour un peu, je m’y laisserais prendre. Donc vous êtes dans la sécurité et là pour éviter que votre patron ne se fasse bousculer par des gens qui auront essayé de boire le buffet à eux tout seuls ? A quel point est-ce indiscret de vous demander qui est votre patron ?"

Sans bien savoir pourquoi, je me sens rougir quand il reprend et que son regard accroche le mien. Voilà qui est un brin plus direct que ce à quoi je me serais attendue et qui pourtant n’est pas désagréable à entendre. Même si je devrais être habituée à ce genre de flatteries qui ne portent pas à conséquences et qui seront oubliées passée cette porte. Je le suis d’ailleurs ou tout du moins je l’ai été.

"Brillante et belle à tomber ? Rien que ça ? Allez, avouez que vous cherchez juste à me faire rougir un peu plus. Remarquez, c’est plutôt efficace en fait. Tout comme vos tentatives de séduction. Quant au fait d’être jaloux de mon mari, inutile de…"

Je me fige alors, mon attention brusquement captée par un bruit de verre brisé un peu plus loin. Je me rends alors seulement compte que les rires et les conversations se sont tus et que tout le monde a le visage rivé sur une jeune femme vêtue d’un imperméable, qui brandit une bouteille cassée en direction du doyen. Et je souffle alors, arquant un sourcil.

"Et bien, on dirait que d’autres ont décidé aussi de pimenter un peu la soirée."

Si je ne semble pas inquiète c’est que je vois déjà deux hommes de la sécurité arriver derrière elle, prêt à récupérer le colis. Mais ce qu’elle fait par la suite est autrement plus surprenant et semble prendre tout le monde de court. Voilà qu’elle se débarrasse de son imperméable pour courir, complètement nue, entre les convives. Je me mordille la lèvre, essayant de ne pas rire et sans remarquer les deux autres personnes qui elles ne semblent pas éberluées par le spectacle, en tenue de serveurs. Et qui sortent des bouteilles en plastique pleines d’un liquide rouge de je ne sais où.

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Les idéaux sont pacifiques, l'Histoire est violente
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MessageSujet: Re: [Livre I] Mondanités, champagne et... ?    Ven 17 Fév - 22:56

La brunette a achevé de me mettre en appétit. Il y a quelque chose chez elle, une profonde intelligence, qui m’attire. Ca plus sa plastique, bien évidemment. Il faut dire qu’elle est bien foutue. Pas comme les femmes que j’affectionne habituellement, aux formes sans doute plus généreuses. Mais celle-ci semble sûre de ses atouts, tant physiques qu’intellectuels, et j’ai toujours été sensible à toute forme de confiance en soi, né et élevé dans un monde d’hommes et de soldats. J’ai envie de la faire mienne, de goûter son sang, j’ai envie de la posséder. Comme si j’étais un collectionneur… Ce que je suis sans doute, au vu de mon passé. Mais cele-ci figurerait en bonne position des femmes les plus remarquables qu’il m’ait été donné de rencontrer. Et voilà qu’elle entre dans mon jeu. L’affaire me semble bien engagée. Je poursuis donc, reconnaissant le moment où l’ennemi, affaibli, est prêt pour l’estocade. Ca tombe bien. Jadis, je fus cavalier émérite, et je sais saisir l’opportunité au vol, comme les hussards de jadis.


| Mais vous gérer est plus qu’une obligation, Jaana. C’est un devoir. Et j’ai l’habitude des situations complexes, qui requièrent du doigté et de la fermeté. |


Ce n’était pas qu’un sous-entendu ou une promesse, c’était un véritable engagement. Je continue de plaisanter avec elle mais mon instinct me fait prendre conscience d’un subtil changement dans l’atmosphère de la soirée. Il y avait quelque chose. Une odeur. Du sang. J’étais sûr que c’en était. Je me mis instantanément sur mes gardes, prêt à bondir.


| Mais vous êtes une proie entre mes griffes. Ou plutôt, mes crocs. La plus habile des feintes, Jaana, est de faire croire à son adversaire que l’on est en position de faiblesse. Peut-être êtes-vous vous-même en train de m’inculquer cette leçon-ci, d’ailleurs. |


Je m’en amuserais et ce serait opportun, mais j’en doutais malgré tout. Elle m’interroge sur mon patron mais je feinte en reprenant une coupe de champagne d’un loufiat qui passe dans les rangs des invités. Et voilà qu’elle rebondit maintenant sur les compliments que je lui fais. J’ai juste le temps de sentir l’espoir s’exacerber du fait qu’elle dit qu’il est inutile, à propos de son mari, de… De quoi ? Et voilà qu’une femme se pointe après qu’un bruit de verre brisé ne se soit fait entendre. Je m’avance alors que je sens venir le scandale quand deux types se ramènent avec des bouteilles. Je fends la foule par le côté, et sitôt passé une ou deux personnes… Je me volatilise. Et j’arrive aussi vite que je surprends les deux hommes en m’étant glissé derrière eux. Je me penche par-dessus leurs épaules et glisse, sous ma moustache, des menaces que je n’ai besoin que de souffler. Les hommes se figent. Il reculent. Je relève la tête et la hoche en direction des deux autres hommes de mon employeur, qui s’approchent et font sortir les deux types. Un troisième repousse manu militari la femme qui se baladait à poil. Putains d’activistes. Je reviens vers Jaana, alors que bon gré mal gré, la soirée reprend son cour et que notre hôte se lance dans des excuses malhabiles. Je garde le silence, un instant, avant de murmurer à Jaana.


| Si vous acheviez de pimenter la mienne ? Mon employeur, Mr Orvandil, va se retirer à la suite de cet esclandre. Il va attendre que mon équipe revienne. Et ils n’auront pas besoin de moi pour jouer les chauffeurs. Si vous voulez courir nue vous aussi, je peux trouver l’espace adéquat… Sauf si vous êtes déjà attendue, bien sûr. | achevais-je, au creux de son oreille.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Mondanités, champagne et... ?    Mar 21 Fév - 10:19

Je mentirais si je ne disais pas que l’homme qui me fait face me plait. Il y a quelque chose dans son assurance, dans cette façon qu’il a d’être persuadé d’arriver à ses fins, quelles qu’elles soient, qui a de quoi en séduire plus d’une. Et c’est ce dont j’ai besoin en ce moment. Etre séduite. Oh, je sais bien, je pourrais rentrer chez moi et tenter de souffler sur les cendres de mon mariage, en me demandant à quel point mon mari en a envie, si tant est qu’il soit là. Je pourrais aussi contacter Leygh mais là encore, je n’en ai pas envie. Cette relation n’est que manipulation, de son côté comme du mien et j’ai envie, l’espace d’un instant, de croire que je peux être séduite pour ce que je suis et non pour ce que je représente ou parce que cela fait partie du contrat de mariage. Je ne saurais dire à quel point cette pensée est pathétique et je préfère souffler un rire à ses propos avant de secouer la tête.

"Un devoir ? Voyez-vous ça. Quant à votre doigté… Ne vous faites pas trop présomptueux, je n’ai pas envie d’être déçue."

Je lui accorde une œillade amusée, même si je me rends compte que je suis en train de dépasser allègrement les limites que je me fixe en temps normal. Si je ne prends pas immédiatement conscience de ce qui se passe autour de nous, je repère tout de même un changement dans son attitude, même si, à sa répartie, j’arque un sourcil, le fixant un instant, le regard pétillant.

"Et bien, vous n’essayez même pas de me faire croire que je ne suis pas une proie ? Ce serait presque vexant en fait. Les petits humains fragiles n’aiment guère qu’on leur rappelle leur place dans le grand cycle de la vie. Mais qui sait, je pourrais effectivement vous donner une ou deux leçons, allez savoir."

Il faudrait être idiote pour ne pas voir qu’il esquive ma question concernant son patron et je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose. Après tout, personne n’est ici par hasard mais j’aimerais tout de même avoir une vague idée du « camp » dans lequel il peut être, si l’on peut dire ça comme ça. Mais je n’ai pas vraiment le temps de m’appesantir sur la question que les choses dérapent un peu. Je n’ai que le temps de battre des cils qu’il est déjà derrière les troubles fêtes et je le suis des yeux, un sourire flottant sur les lèvres alors qu’il semble prendre en main la situation avec rapidité. Les gens n’ont pas vraiment le temps d’être choqués par ce qu’ils ont pu voir et les activistes n’ont même pas le temps de faire entendre leurs revendications.

"Vous êtes un vrai héros, il semblerait que vous ayez évité de justesse un petit scandale. Même si j’aurais été curieuse de connaitre ce qu’ils avaient à nous dire. En tout cas, il semblerait que vous soyez particulièrement doué pour prendre les choses en main rapidement. Quant à pimenter votre soirée…"

Je ne peux m’empêcher de frissonner en sentant son souffle contre mon cou, alors que je me demande vaguement à quel point c’est idiot d’être autant attirée une fois de plus par un vampire. Pour un peu, je vais vraiment finir par me poser des questions. Et si je me sens un peu rougir, je ne me démonte pas et j’arque un sourcil, le toisant un instant avant de rétorquer, d’un ton léger.

"Nous savons tous les deux que je ne suis pas attendue. Sinon vous ne m’auriez pas fait une telle proposition. Pour autant, je vous trouve bien assuré. Qui vous dit que j’ai envie de courir nue dans une pièce ? Et que je n’ai pas plutôt envie de vous voir vous à l’œuvre ?"

Je peux encore dire non, tourner les talons et continuer de faire semblant d’être intéressée par cette soirée. Et ignorer cette question qui commence à me tarauder, à savoir si je ressentirais autant de plaisir à être mordue par lui que par Leygh. C’est une pensée aussi stupide qu’inconsciente et pourtant, elle arrive à balayer tout le reste.

"Supposons cependant que votre proposition attise ma curiosité. Où voudriez-vous m’emmener ?"

Dire que je suis à deux doigts de succomber est un euphémisme. Mais l’assurance qu’il dégage a quelque chose de presque envoûtant, surtout en voyant à quel point son attitude dénote avec le reste d’une soirée passablement morne, si ce n’est un incident à peine scandaleux, qui fera tout de même bien parler demain je suppose.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Mondanités, champagne et... ?    Dim 26 Fév - 18:37

Réprimer ce vague mouvement de rebéllion des humains m’avait mis en appétit, et maintenant je voulais me faire les crocs sur cette jolie brunette, qui, je le voyais dans le fond de ses yeux, ne serait sans doute pas contre un peu de sport… Et je voyais bien que je lui donnais envie, à elle aussi. Je n’étais pas dans une relation asymétrique de vampire/proie comme on pouvait le voir assez souvent. Je voyais dans le fond de ses yeux le même désir qui devait déjà couver dans les miens ; cette femme était de celles qui, gourmandes, aimaient croquer la vie à pleines dents. Cela ne voulait pas dire qu’elle était facile pour autant ; il avait fallu que je me « batte » pour obtenir cet avantage que je poussais maintenant avec Jaana, mais c’était ça aussi qui rendait la chose intéressante. Elle était le fruit que j’avais cherché à attraper, et le croquer n’en serait que plus goûteux encore. Et voilà que quelque chose étincelle avec encore plus de force, dans son regard. Je vois qu’elle comprend. Petite maligne. Mon désir n’en est qu’exacerbé, alors qu’elle me confirme avoir compris ma nature. Ainsi, son travail lui a permis d’avoir accès à bien des informations… Je me dois maintenant de joindre l’utile à l’agréable. Je dois savoir ce qu’elle sait, car la Loi des miens est formelle, même si l’humaine n’est pas forcément au fait ; nous devons être discrets sur notre existence.


| Vous venez donc d’augmenter l’enjeu, Jaana. A vous donc, de me convaincre que je ne suis pas une proie. |


Je me penche vers elle, inspire son odeur, comme un prédateur le fait pour sa proie. Moi aussi, j’augmente un peu la pression.


| Sinon, je le crains, je me devrais de vous manger tout cru. |


La belle me flatte et me dit que je suis un « héros » évitant un scandale. C’est exagérer la chose, car ce genre de personne n’a finalement qu’un pouvoir de nuisance des plus limités, vous pouvez me croire. La voilà qui maintenant, adhère à mon idée. Je ne peux plus que m’enflammer, mes appétits enflant dans ma conscience jusqu’à oblitérer tout le reste, bouleversant ma conscience d’une lame de fond puissante, acidulée. Je lui lance un regard entendu, lui présente mon bras.


| Si vous êtes véhiculée, vous pouvez nous emmener au Bergen Hotel. Un superbe endroit, très classe, avec champagne offert pour la nuit, vieux lits à baldaquins et un cadre sympathique, même si, bien évidemment, je n’aurais d’yeux que pour vous. Le gérant y est discret, également. |


Là, je franchis toutes les limites, mes lèvres frôlant son oreille, brisant toute distance pour de bon.


| Vous pourrez m’y donner tous les leçons que vous voudrez, et l’endroit est suffisamment discret pour que personne ne surprenne vos cris… De plaisir. |


[HJ tu nous y emmènes ?]

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