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[Livre I] Paint it Black

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Running After My Fate
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Running After My Fate
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MessageSujet: [Livre I] Paint it Black    Sam 5 Nov - 16:38

Ma voiture tourna sur la droite, mes phares éclairant les arbres, de grands résineux sombres, et une impressionnante densité de fougères, alors que je passais le chemin de graviers de la propriété. Je rentrais enfin chez moi, après huit jours passés sur une plate-forme Offshore, non loin de l'Islande. L'endroit était froid et inhospitalier, il avait plu tout du long et pas avec de petites averses de merde, c'était le déluge, avec une mer démontée. Mon retour avait été repoussé de deux jours, car un hélicoptère n'était pas capable de rejoindre Reykjavik par un temps pareil. Nous avions finalement réussi à auditer l'endroit malgré les conditions, en fait presque exceptionnelles pour quelqu'un comme moi. Je voyais comment cet endroit tenait face aux éléments, ce qui donnait des idées en matière de sécurité, et faisait aussi clignoter quelques alertes dans mon esprit. J'avais pu envoyer mon rapport, et les soirs de tempête, converser un peu avec les enfants avant d'aller me coucher. Je n'avais pas vraiment eu de nouvelles de ma femme, et je ne savais même plus si ça devait m'étonner, m'attrister, ou me rendre complètement indifférent. Je n'avais pas encore décidé quand mes phares illuminèrent la porte de garage, qui commença à s'enrouler sur elle-même pour me laisser passer. Je coupe le contact, une fois garé. Et je soupire, fermant les yeux un instant. Lorsque je les rouvre, j'écoute ma messagerie. Quelques messages sans trop d'intérêt, un message de boulot. Et deux de Tonni, qui me demande quand je rentre, et quand je viens la voir. Qu'elle a hâte de ce moment. Il me faut une bonne minute pour quitter la voiture, prendre mon sac de voyage sur la banquette arrière, et ma sacoche d'ordi portable. Je passe la porte, monte le petit escalier et arrive dans l'appartement.


| Y'a quelqu'un? |


Personne. Je vais voir sur la table de la cuisine, non loin de l'entrée. Mes pas résonnent dans cette maison vide, claquant sur le parquet en bois massif. Je vois deux mots. Un du fils, qui écrit qu'il a étudier tard chez un ami en vue des examens du moins prochain. Un de la fille, qui m'indique qu'elle est sortie au restaurant et au cinéma avec sa tante Cassie et qu'elle reviendra tard. De Jaana, quedal. Je hausse les épaules, laisse mes clefs sur la table, ma veste sur la chaise. J'ouvre le frigo. Je prends une bière glacée à la vodka, de quoi me faire un sandwich, et je vais jusque dans le salon. Je ne prends même pas la peine de me dessaper ; je dénoue juste la cravate et j'entrouvre le veston par dessus la chemise. Je pose mes grolles sur la table, croise mes jambes, décapsule ma bière et entame à grandes bouchées mon sandwich, devant un vieux film de guerre.


Je me réveille en sursaut. Les sens en éveil. Saisi d'une peur panique et soudaine. Mon cœur bat la chamade et j'ai entendu un bruit. L'assiette tombe dans le canapé, glissant de mon torse où elle était depuis que je m'étais endormi. La lumière de la cuisine a été allumée et j'y vois... Jaana. Je me détends.



| Salut. | disais-je simplement, pâteux.


Je m'étendant en baillant.


| Désolé pour le bordel, je vais ranger tout ça. |


Je reprends ma canette, mon assiette, et je ramène tout dans la cuisine. Sans un mot, je jette la première canette pour en prendre une seconde, que je décapsule en regardant ma chère épouse.


| Tu as sauvé le monde, au moins? |


Blague de jadis sur ses énormes horaires, qui la faisaient souvent aller de réunion en expérience en réunion, jusque tard le soir. Je me frotte les yeux, rougis de fatigue. Il n'y avait plus que de l'amertume maintenant, dans cette vieille plaisanterie.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Mar 8 Nov - 18:53

La journée a été longue et étonnamment semblable à la précédente. Et à celle d'avant. Si on me le demandait, je serais incapable de donner la date exacte sans réfléchir. Je me sens fatiguée comme je ne l'ai jamais été et surtout, je ne sais pas du tout dans quelle direction va la route que je suis. Enfin, plus ça va et plus je me dis qu'elle me mène surtout droit à une impasse. Et autant dire que ce n'est pas ce qui m'enchante le plus. Je ne prête même pas attention à la route qui me ramène à la maison et j'ouvre distraitement la porte avant de me figer en écoutant du bruit. Les enfants ne sont pas là et… Philippe devait rentrer aujourd'hui ? Aucune idée. Il faut dire que nous avons à peine parlé pendant son absence, encore moins que d'habitude alors que je me suis réfugiée dans le travail pour éviter d'écouter ma conscience qui me soufflait que mon attitude ne faisait qu'effriter un peu plus notre mariage. Alors, je sens mes mâchoires se contracter tandis que j'attrape la bombe au poivre que j'ai acheté tout récemment. Dérisoire évidemment, surtout si je tombe sur un loup ou un vampire, mais elle me rassure. Un peu. Je m'avance aussi silencieusement que possible avant de soupirer de soulagement quand je vois qu'il s'agit bien de lui. Endormi devant la télé.

Je le fixe, toujours silencieuse et un sourire se dessine sur mon visage, sans que je n'arrive bien à comprendre pourquoi. En fait si, je le sais, même si je me refuse à l'écouter. Quand il est là, je me sens en sécurité, quoi qu'il se passe entre nous. Il veille sur nous tous, c'est l'une des dernières certitudes qu'il me reste encore. Je pourrais le réveiller mais je préfère m'éclipser et me réfugier dans la cuisine. Mais, bien évidemment, une fois là-bas, je trébuche et mon sac heurte le plan de travail dans un bruit sec. Je réprime un soupir alors que j'entends l'assiette tomber dans le salon. Pour ce qui est de le laisser en paix, voilà qui est raté.

Je me retourne et je lui souris alors que je souffle, d'une voix douce.

"Bonsoir Philippe…"

Je laisse filer un silence alors que je le suis du regard sans trop oser bouger. Devrais-je me précipiter à sa rencontre et lui dire que je suis heureuse de le voir ? Qu'il m'a manqué ? A dire vrai, je n'en ai pas la moindre idée. C'est le cas pourtant mais, malheureusement, sa présence ne comble pas le manque que j'ai de lui depuis tout ce temps. Je sens mes doigts se crisper sur le plan de travail mais je me contente de souffler, d'une voix douce, avec une ombre de sourire dans la voix.

"Moi qui pensais m'être arrangée et être moins maniaque… j'essaie pourtant. Et je n'ai pas voulu te réveiller. Tu avais l'air… tranquille."

Enfin, jusqu'à son réveil. Il a l'air d'avoir du mal à reprendre ses esprits ou alors, c'est juste une impression trompeuse. Je le regarde ouvrir sa cannette alors que je finis par ouvrir le frigo et par sortir de quoi me faire un casse-croûte à mon tour. Et une bouteille de vin blanc que je pose entre nous deux alors que je secoue la tête, la mine pensive à ses propos.

"Parfois, je me demande si le monde peut encore être sauvé."

J'ai parlé dans un murmure, plus pour moi-même qu'autre chose. Et pourtant, si j'y retrouve les termes qui  nous amusaient tous les deux autrefois, j'y perçois aussi une amertume que nous partageons tous les deux. L'espace d'un instant, j'ai envie de lui demander où est-ce que les choses ont commencé à déraper entre nous, ce qui a pu nous mener jusque là mais, à la place, je commence à me faire un sandwich avec une application digne de la maniaque que je ne prétends plus être. Et je reprends, comme si de rien était.

"Tu en veux un ? Et tu comptes continuer à boire de la bière ou tu m'accompagnes ?"

Je désigne la bouteille d'un mouvement du menton, attendant de voir s'il va nous servir ou se contenter de retourner sur le canapé. Je pourrais difficilement l'en blâmer, surtout si j'écoute cette part de moi qui me demande à quoi bon m'acharner. Et pourtant, je préfèrerais que les choses se passent autrement.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Mer 16 Nov - 13:37

« Philippe ». Cela sonne si proche et si distant à la fois. Comme est-il possible d’un simple nom, qu’une simple intonation, recoupe tant de sens différents ? Je me sens aimé comme elle m’appelle comme ça. Mais pas pour ce que je suis. Pour ce que j’étais, sans aucun doute. Dans un passé pas si lointain où c’était tout feu tout flammes entre nous. Avant que je n’aille me réconforter dans les bras fragiles d’une jeunette, avant qu’elle-même ne fasse toutes ces choses que je ne faisais que suspecter dans mon dos. Nous nous méritions l’un l’autre, sans aucun doute. Cette pensée n’avait rien d’agréable. Le réveil, difficile. Je me sentais encore exténué, et je ne savais pas comment allait finir la nuit mais ça ne commençait pas très bien. Elle ne m’embrasse pas ; je ne vais pas la chercher non plus. Nous avons passé ce stade il y a bien longtemps, dans le sens où nous avions encore une intimité, mais fragile, ténue. Je haussais les épaules quand elle me dit qu’elle m’avait trouvé tranquille, serein, dans mon sommeil.


| Je suis crevé. C’était la merde sur la plate-forme, tempêtes en haute mer… J’ai plusieurs fois cru que le vent allait nous jeter à la baille et nous faire couler à pic. Au moins les protocoles fonctionnent bien. C’est toujours ça de pris. |


J’ai l’impression pesante d’avoir la gueule de bois, en tous cas, je suis dans le coltard. Je n’ai aucune idée de combien de temps je tiendrais, surtout avec un peu d’alcool en plus. Ma femme garde soigneusement le silence alors qu’elle s’installe pour manger un bout et de sortir une bouteille. Cela aussi, je ne savais pas quand nous l’étions devenus. A boire comme ça, un soir de semaine. Enfin, c’était le week end maintenant, mais quand même. Il était tôt, il n’y avait personne. Mais nous avions du vin blanc à table. Je prends le tire-bouchon. J’ouvre la bouteille, lui jetant un regard entendu.


| Allez, soyons fous. |


Je verse une mesure de liquide blanc-jaune dans chacun des deux verres.


| D’où vient pareil pessimisme ? Sauver le monde, c’est ce que tu fais depuis toujours. Renoncer, ça ne te ressemblerait pas. |


Etions nous en train de parler de son boulot ?

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Mer 16 Nov - 15:48

Je réprime difficilement un soupir quand je vois l’espace qu’il y a entre nous. S’il est physique, sa symbolique est d’autant plus forte. Je me rappelle d’une époque où je me précipitais dans ses bras, sans même lui laisser le temps de poser ses sacs pour qu’il me fasse oublier son absence dans des étreintes passionnelles que je n’ai jamais trouvées ailleurs. J’aurais pu me faire à la disparition de ce pan de notre relation. Si le reste n’était pas en train de mourir avec. Et sans pouvoir vraiment m’y résoudre, je me retrouve, comme toujours, à ne pas savoir comment agir avec lui, d’autant qu’il ne semble guère s’en plaindre. Je le fixe un instant, cillant quand il évoque son séjour en mer et sentant mon cœur se serrer quand il me répond. C’est vrai qu’il a l’air fatigué. Et que je ne m’en suis guère souciée jusqu’à ce qu’il en parle. Après tout, il est rentré, cette information était suffisante pour le moment.

"Je ne savais pas la météo si mauvaise. A dire vrai, je ne me suis pas renseignée, je suis tellement habituée à te voir revenir en un seul morceau et complètement sec qu’il ne me viendrait pas à l’esprit qu’il puisse t’arriver quelque chose. Mais si je te vois revenir avec un gilet de sauvetage et la bouée autour de la taille, je suppose qu’il faudra que je m’inquiète un peu, c’est ça ?"

Je ne sais même plus si je plaisante ou non. Avant, il aurait probablement sorti un mot d’esprit qui m’aurait fait rire et les choses auraient plus simples, plus évidentes. Mais maintenant… Au regard qu’il me lance alors que je lui montre la bouteille, j’ai une moue avant de me masser la nuque et de lui décocher, sans bien savoir pourquoi, mon plus beau sourire.

"Voilà qui me plait. Je me serais sentie seule à boire toute seule cette bonne bouteille de vin. Enfin, je suppose qu’elle est bonne, ce n’est pas comme si j’y connaissais enfin quelque chose."

Je vais évidemment éviter d’ajouter qu’il m’est de toute façon déjà arrivé de boire quelques verres de vin seule dans cette maison horriblement vide. Les enfants sont de moins en moins là et lui, c’est encore pire que tout. Mais ce serait m’exposer à un retour de bâton que je ne suis pas vraiment prête à affronter. Pas du tout même, autant être parfaitement honnête.

Je lui tends alors le sandwich que je viens de terminer avant d’en commencer un autre, jetant un regard aux deux verres qu’il remplit et je fronce les sourcils quand il reprend la parole. Pourquoi ai-je dis ça à voix haute ? Probablement à cause de cette lassitude qui me gagne et que je peux de moins en moins contrôler. Ou alors que je réalise à quel point je me sens désemparée face à tout ce qui se passe autour de moi. De nous. Sans être capable de faire quoi que ce soit. Philippe pourrait probablement m’aider, surement même. Il a toujours su veiller sur moi. Et pourtant, je n’arrive pas à me résoudre. Alors je souffle doucement, mon regard un peu perdu dans le vide.

"La vidéo. Je… en voyant tout ça, je me demande comment espérer sauver le monde alors qu’on ne sait pas ce qui se cache derrière ces créatures. Je n’arrive pas à ne pas y penser. C’est ridicule, je le sais bien, mais je ne peux pas faire autrement. Et j’ai peur pour nos enfants avant même de songer à l’humanité. Pour nous aussi."

Une demi-vérité, qui est bien loin du mensonge que j’aurais pu lui servir. Et, dans le fond, ces craintes sont bien réelles. Je me contente juste de ne pas évoquer mon degré de responsabilité dans toute cette histoire. Et, dans un nouveau soupir, j’effleure sa main avant d’attraper mon verre de vin sans le boire.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Mer 16 Nov - 20:09


L’atmosphère est lourde et pesante, comme toujours. C’est toujours étrange comme sensation, car j’ai toujours l’impression de connaître Jaana comme personne, tout en me rendant compte que je ne la connais absolument pas. Comme si j’avais couché et partagé tous mes secrets durant mon existence entière avec quelqu’un qui s’avérait être parfaitement inconnu. Désagréable, comme sensation. Je sens le poids de nos secrets, et surtout de son travail entre nous. Elle a vaguement l’air mal à l’aise quand j’évoque les conditions difficiles de ma dernière mission. Mon boulot n’était pas qu’un travail de bureau, il fallait aller régulièrement sur le terrain. Selon les périodes, ça pouvait même être assez souvent. Les éléments n’étaient pas toujours faciles en Mer du Nord ou près du cercle polaire. Si lui lancer une pique sur son désintérêt total pour ce que je faisais dans la vie était facile, je n’en ressentais même pas l’utilité. Nous avions depuis longtemps passé l’aigreur des absences de l’autre. On composait avec. Plus le temps passait, et plus je me disais que nous nous serions déjà quittés s’il n’y avait pas les enfants. Elle tente un trait d’humour, assez creux et maladroit. Je n’essaie pas de rétorquer, même si je me sens blessé, malgré tout, du fait qu’elle ne se soit pas inquiétée.


| Oh, je nage si bien que je serais plutôt en train de faire coucou aux poissons, si ça devait vraiment mal tourner. Mais c’est vrai que le temps était pire que d’habitude. Les vagues, on a l’habitude qu’elles fassent tanguer les super(-structures, mais à ce stade-là, ça a fichu les pétoches à tout le monde. |


J’étais honnête. Je trouvais moins terrifiant le fait de se retrouver sous le feu d’une mitrailleuse, que de se manger une tempête pareille, avec des murs de vague si hauts qu’on avait l’impression qu’elles allaient engloutir tout ce qu’il y avait sur leur passage. Jaana est contente que j’ouvre la bouteille, et je lui envoie un mince sourire taquin.


| Après toutes ces années à vivre avec un français, et madame joue les filles qui n’y connaissent rien ? |


Surtout, je savais que le train de vie de mon épouse lui faisait fatalement connaître pas mal de vin. Tous ces repas d’affaires, ces réceptions officielles, ces dîners de gala, tout, absolument tout, la poussait à bien manger et bien boire en permanence. Pots, réunions, séminaires etc. Pas forcément dans de grandes quantités, mais quand même. Je note tout de même que l’inquiétude revient sur le visage de ma femme. Et sur le mien. Ce qu’elle me dit me fait réfléchir. J’y pensais, parfois. Mais la plupart du temps, je refoulais dans les tréfonds de ma mémoire les souvenirs que je tenais d’une nuit particulièrement froide. Je repense à tous les détails. Je finis par me secouer, conscient que Jaana me regardait. Je prends mon verre en main et j’en bois une longue gorgée.


| Ecoute, pas besoin de paniquer pour ça. Si ces créatures existent –et ce n’est peut être qu’un gigantesque canular-, alors nous ne risquons rien de plus qu’il y a deux mois. Faisons attention. Joran est prudent et Solvei est avec Cassandra. Ca devrait aller. D’accord ? |

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Mer 16 Nov - 22:59

L'espace d'un instant, je me demande depuis quand exactement les choses sont aussi tendues entre nous. Depuis quand est ce que je me sens obligée de faire de piètres tentatives d'humour pour essayer de masquer ce qui se fissure ? Et ces questions tournent encore et toujours dans mon esprit alors que lui ne semble guère enclin à vouloir faire semblant ce soir que nos relations n'ont pas changé. Je me rends compte que mes propos sonnent encore plus creux qu'ils ne le faisaient déjà dans mon esprit et je lui coule un regard en coin, sans bien savoir quoi répondre. M'excuser ? Est-ce que nous en sommes encore là ou n'est-ce pas trop tard maintenant ? Même pour ça. Je souffle alors, d'un ton hésitant.

"L'idée que tu ailles faire coucou aux poissons est…"

Je fronce les sourcils et je secoue la tête, essayant de ne pas me focaliser sur cette peur qui m'enserre le cœur au reste de ses propos.

"Je ne pensais pas que ça pouvait être à ce point-là à dire vrai. Non pas que je t'imagine bien au chaud et en sécurité, ça n'a jamais été le cas. Mais là…"

Et je soupire, gageant que là non plus je n'ai plus vraiment mon mot à dire. Après tout, s'il se retrouve sur ces plateformes c'est aussi ma faute. Mais, d'une certaine façon, à ce stade, j'ai presque envie de dire qu'un peu plus ou un peu moins… Heureusement qu'il attrape la bouteille et qu'il me sourit. Sinon, je n'aurais probablement pas su quoi répondre d'autre. Pour quelqu'un qui se targue d'être intelligent, autant dire que je suis totalement  coté de la plaque.

Ce sourire me rappelle fugacement, et douloureusement, celui qu'il peut être. Ou a été. Je ne saurais le dire. Et pourtant, je me surprends à croire que je pourrais le retrouver. C'est idiot, je le sais bien mais je n'ai jamais su me montrer raisonnable avec lui, ça ne va pas commencer aujourd'hui. Alors je lui décoche, avec un clin d'œil malicieux.

"Peut-être que je n'y connais rien et que je compte sur toi depuis toutes ces années pour me souffler les bonnes répliques pour chaque verre qu'on me serre. Et que, quand tu n'es pas là, je me contente de hocher la tête, sans vraiment savoir si le vin est bouchonné ou non. Va savoir…"

Ou alors, c'est juste pour … jouer le jeu ? Avoir l'impression de retrouver un semblant de connivence ? Je n'en sais rien du tout et je n'ai pas envie de me poser vraiment la question ou de réfléchir à quel point tout cela pourrait être pathétique. Mais je n'arrive pas vraiment à masquer ce qui me tracasse. Et, même si nos routes semblent vouloir se séparer, il le voit, c'est évident. Et il ne dit rien. Il ne répond pas. L'inquiétude monte d'un cran avant qu'il ne finisse par se décider enfin, après avoir bu une longue gorgée. Autant dire que ses propos sont tout sauf rassurants et je prends une profonde inspiration avant de reposer mon verre sur la table, sans y avoir touché.

Je lève les yeux vers lui et mon regard accroche le sien. Je ne sais pas s'il peut vraiment lire cette peur qui, d'un coup est montée d'un cran à ses propos. J'ai cru, l'espace d'une seconde, qu'il saurait trouver les mots mais, s'il n'y croit pas vraiment, comment pourrait-il protéger nos enfants de ces monstres ? Alors, ma main s'accroche au plan de travail et se crispe. Je souffle, d'une voix peu assurée, sans le quitter des yeux.

"Et si après cette vidéo j'avais acquis la certitude que ce n'est pas un canular ? Et si justement, ils n'appréciaient pas que la vérité soit dévoilée à leur propos, que nous connaissions maintenant leur existence ? Et s'ils décidaient de s'en prendre à nous pour nous le faire payer ? Je sais que Joran est prudent, que Solvei est entre de bonnes mains et surtout, que tu veilleras sur eux quoi qu'il arrive. Mais si ce n'est pas suffisant ?"

Je me rends compte que ma main tremble et je croise les bras pour éviter que ce soit trop voyant. Sans bien savoir s'il va y prêter attention et surtout, inquiète de sa réaction. Finalement, je décroise les bras pour attraper mon verre et en boire la moitié d'une traite, non sans grimacer, incapable d'ajouter quoi que ce soit. Il faut dire que la peur est plus que palpable dans mes derniers mots et que, même si l'amour qu'il peut y avoir entre nous n'est plus suffisant pour nous deux, je me raccroche pourtant à l'idée qu'il peut nous protéger malgré tout.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Lun 21 Nov - 19:44

L’ambiance est étrange sans l’être, avec Jaana. Elle est bizarre parce qu’autrefois, nous étions terriblement proches. Si différents, mais tellement semblables. Maintenant je ne savais même pas s’il nous restait vraiment quelque chose à partager, comme si nous nous étions éloignés au point de briser ce qui nous scellait autrefois. Je ne savais pas si ces discussions philosophiques menaient où que ce soit, mais s’imposait à nous la cruelle vérité de ce que nous étions devenus ; un couple vide, qui ne faisait la discussion que pour s’organiser, l’amour que pour se rappeler le passé. Elle a l’air un peu mal à l’aise vis-à-vis du fait que je pourrais mourir d’un de ces accidents d’exploitation sur plateforme offshore. J’achevais sa phrase d’un air impertinent.


| …. Rigolote et assez ironique, pour un ancien para, que de finir au fond des océans. Mais ne t’en fais pas, j’exagère et je force le trait pour être désagréable, le fait est que ce genre d’excursion n’est qu’assez rarement agréable. |


le sujet ne prêtait pas à rigoler uniquement si on se prenait la tête et qu’on commençait à angoisser, autrement il fallait reconnaître qu’il n’avait pas grand-chose de déplaisant. J’aurais peut être dû lui montrer ce film américain là, sorti l’an passé, où l’on voyait ce que ça faisait un simple incident de forage sur plateforme et tout le bordel qui s’ensuivait. Ah ah, si je voulais achever de niquer la soirée, c’était sans nul doute la meilleure marche à suivre, croyez moi. Ma femme finit par se dérider et me fait un clin d’œil qui jadis, lui aurait sans doute valu une main aux fesses ou un autre truc du genre. Je lui jette un regard entendu, ravi de retrouver, ne serait-ce que pour un instant, la femme que j’aimais comme un fou autrefois.


| Bien sûr que non, je sais depuis toujours que tu as un sens du goût qui est très… Développé. | lui jetais-je d’un air entendu.


Jaana est inquiète. Je le sens et je le vois. Je fronce les sourcils alors qu’elle me fait part de ce qui la tracasse vraiment. Je ne savais pas que c’était à ce point.


| Toi, tu sais quelque chose. Et je suis pas sûr de trouver ça super cool. Est-ce que tu as appris quelque chose que je ne saurais pas encore ? |


Je ne répondais pas au reste car je n’avais pas de véritable réponse à lui donner. Je n’étais tout simplement pas capable de lui donner des garanties contre quelque chose dont je ne savais rien. C’était vraiment la merde, en fait. Si une de ces saloperies surnaturelles toquait à la porte ce soir ; je n’avais qu’un flingue que je planquais depuis des années. Et je me rappelais très bien que cette arme contre ce genre de monstre, le résultat, c’était peanuts.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Jeu 1 Déc - 18:20

Dire que je ne sais plus sur quel pied danser avec Philippe est un doux euphémisme. Je sais que c’est en partie ma faute, sans pour autant être capable de dire jusqu’à quel point et ce que nous avons pu faire, ou ne pas faire plutôt, pour en arriver là. Et pourtant, j’essaie encore de me persuader que l’attachement qu’il y a pu avoir entre nous n’est pas totalement brisé, qu’il peut encore en ressortir quelque chose, sans bien arriver à savoir quoi et encore moins à être capable de le définir. Et puis, une part de moi me souffle que je serais incapable de vivre sans lui, que ce soit par cette affreuse force de l’habitude ou parce qu’il fait partie de moi, tout simplement.

Je n'aime pas la façon notre conversation semble tourner court et pourtant, j'en suis la première responsable et je paie le retour de bâton de ne pas avoir songé à demander de ses nouvelles pendant son absences, quand bien même Joran m'en donnait sans que j'ai besoin de demander. Je lui jette un regard en coin et j'ai un bref haussement d'épaules avant de souffler, un rien pensive.

"Surtout ironique en réalité, je ne suis pas vraiment sure qu'on puisse dire que c'est rigolo."

Je laisse filer un instant de silence avant de me décider et de souffler, comme si de rien était.

"Et tu veux être désagréable parce que j'aurais pu prendre de tes nouvelles quand c'était pertinent et non pas une fois que tu es sain et sauf dans notre cuisine. Si c'est le cas, tu marques un point. Et je suppose qu'après coup, dire que je suis désolée serait tout aussi ironique que toi luttant pour t'accrocher à une bouée de sauvetage en pleine mer. Pourtant, je le suis."

Je ne cherche même pas à retenir le soupir qui m'échappe. Avant que les choses ne semblent, l'espace d'un instant, redevenir comme avant. Quand tout semblait évident et simple. Que rien d'autre ne comptait que lui. Et, au regard qu'il me jette, je ne peux que sourire de plus belle, m'approchant un instant de lui alors que j'effleure sa joue du revers de la main quand il reprend la parole.

"Evidemment que j'ai un sens du goût développé. Il suffit de voir mon mari pour le savoir. Mais boire du vin sans que tu ne sois là pour me trouver une anecdote au sujet du cépage ou du petit village que tu connais, n'a probablement pas le moindre intérêt pour moi."

Mais cette sensation de bien-être est comme une bulle qui s'évapore aussi sec alors que nous reprenons, la discussion se faisant autrement plus sérieuse et, surtout, autrement plus délicate. Je joue avec le feu mais une part de moi veut déjà savoir quelles pourraient être ses réactions, si je peux lui confier le reste, plus tard, ou si je ferais mieux de tout garder pour moi. Il faut que je choisisse mes mots avec soin si je ne veux pas que tout dérape. Je me mordille la lèvre un instant et je souffle, à mi-voix.

"Tu sais que je n'ai pas le droit de parler de mon travail."

Pour autant, j'ai encore assez confiance en lui pour croire que rien ne sortira de ces murs. Alors je reprends, sans lui laisser le temps de s'offusquer sur  mon manque de confiance ou quoi que ce soit dans le même genre.

"La vidéo n'a surpris personne, aucun des membres du gouvernement que j'ai pu croiser. C'était comme s'ils savaient déjà et je n'ose même pas imaginer ce qu'ils peuvent connaitre d'autre. Ou depuis quand. Ils ont l'air de vouloir nous donner de nouvelles directives dans nos recherches."

Ce qui est vrai après tout. Depuis la vidéo, tout s'accélère, tout se fait de plus en plus pressant et ils veulent que je leur fabrique une arme, des soldats ou je ne sais pas quoi d'autre qui les aidera à luter contre des monstres face à qui on ne peut rien faire.

"Tu t'es battu Philippe. Et je sais que tu as été, que tu es toujours, un excellent soldat. Mais face à ça…"

Une fois de plus, je sens cette peur qui me gangrène petit à petit prendre le pas sur tout le reste. Et j'aimerais tellement qu'il trouve comment me rassurer, comme il a déjà pu le faire tant de fois déjà avant tout ça, avant que nous ne nous perdions nous-même.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Lun 5 Déc - 10:54

La discussion est vraiment étrange, dans la tournure qu’elle prend depuis un petit moment. Je ne sais pas trop si j’ai bien fait de me lever quand ma femme est rentrée, finalement. Même une de ses inquiétudes n’éveille chez moi qu’une forme de rancœur un peu amère, quelque chose que je n’escomptais pas vraiment et sur lequel j’avais suffisamment de recul pour me rendre compte de la bêtise de la chose. C’était comme si nous étions condamnés à nous blesser l’un l’autre sans jamais nous arrêter. Je sais qu’elle s’inquiète sans doute avec sincérité, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est peut être un peu tard, que c’est « facile » que de s’en faire maintenant. Comme si elle se rappelait tout d’un coup qu’elle m’aimait et qu’elle n’avait peut être pas été super à la hauteur. Bon. J’extrapolais. Je haussais les épaules alors qu’avec son intelligence habituelle, ma femme a mis le doigt sur le problème et elle s’en trouve assez gênée. Comme d’ordinaire, Jaana gère frontalement le problème. Comme si elle ne connaissait que ce genre de solution. Je soupire. Elle n’a pas tord, quand même. Et je n’ai pas à être tellement sur la défensive. Je l’embrasse doucement sur la joue, en mode « allez c’et bon, c’est pas grave, passons ».


| L’ironie c’est quand même marrant. Avoue que l’image, c’est quand même digne d’une comédie débile. |


Changeons de sujet. Ma femme se rapproche et effleur ma joue, me taquinant alors qu’elle me dit qu’elle a du coup puisqu’elle m’a épousé. Je lui offre le sourire insolent du sale gosse que j’étais jadis.


| T’as quand même dû me goûter une paire de fois avant que je ne t’épouse… |


Classe, pas classe, on s’en branle. Ce qui compte c’est que je détende un peu l’atmosphère, et il fallait bien se rendre compte que ça ne semblait pas gagné, pas même une minute. Jaana prend l’air gêné de celle qui se sait prise au piège. Elle mordille sa lèvre en me rappelant qu’elle ne peut pas parler de son travail, ce que je savais déjà. Je savais très bien ce que c’était puisque j’avais moi-même dû garder secret, jusqu’encore aujourd’hui, tout ce que j’avais fait durant ma période militaire. Je n’en avais jamais vraiment parlé. Et plus le temps passait, et plus j’oubliais… Jusqu’à ce que cette vidéo ne remémore quelques horribles souvenirs. Cela dit, Jaana reprend… Et m’étonne. Enfin, qu’à moitié puisqu’elle ne fait que confirmer des soupçons, mais quand même. Je fronçais les sourcils.


| De nouvelles directions ? Comment ça ? Tu crois qu’ils étaient déjà au courant alors ? |


Jaana en sait bien plus que ce qu’elle voulait bien me dire. Je ne lui en tenais pas rigueur, mais c’était frustrant. Un peu agaçant aussi, sans doute. Je sens toute son inquiétude… Je soupire à nouveau, l’attire contre moi et la serre. Ca me rappelle tout ce que nous avons perdu, mais ce que nous sommes encore. Je souffle, dans ses cheveux.


| Je serais toujours là pour vous protéger. Quoiqu’il arrive. |


Même si nous devions divorcer…

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Mer 7 Déc - 10:26

Je me demande ce qui se serait passé si, au lieu de rester dans la cuisine, j’avais juste décidé d’aller me coucher directement en le laissant dormir. D’un certain coté, ça aurait probablement été plus intelligent, d’autant que l’inquiétude et la peur qui ne manquent pas d’augmenter à mesure que passent les jours se font plus vifs à la nuit tombée, quand rien n’est là pour parasiter mes pensées.

Mais déjà, je dois faire face à mon manque flagrant d’intérêt pour la situation de mon propre mari alors qu’il était hors de la maison. Voilà une claque mentale que j’ai un peu de mal à appréhender mais je fais face. De toute façon, je n’ai pas le choix et il n’a jamais vraiment été dans mes habitudes de le fuir. Enfin, peut-être que si ces derniers temps et c’est probablement ça qui me ronge plus encore que tout le reste. J’ai un léger soupir mais j’esquisse un sourire quand il m’embrasse sur la joue, ne sachant pas vraiment quoi penser de cette réaction. Mais on va dire qu’il fait la paix non ?

"Je veux bien le reconnaitre. Mais quitte à te voir dans un film, j’aimerais autant que ce soit une fresque épique ou un film d’aventure. Pas une comédie où tu aurais le mauvais rôle."

L’espace d’un instant, les choses se font plus légères et je ne peux m’empêcher, sans bien savoir pourquoi, de sentir mes joues se colorer à son sourire taquin. Dire que cette attitude me manque est un doux euphémisme mais m’appesantir là-dessus serait aussi stupide que peu constructif. Alors je me contente de papillonner des cils pendant un instant, me faisant un rien mutine avant de rétorquer, d’un ton amusé.

"Et te goûter était bien plus agréable que du vin, sois en assuré. Il fallait de toute façon bien savoir où je mettais les pieds non ?"

Cela ne dure qu’un instant mais c’est probablement cet aperçu de notre complicité qui me donne le courage de continuer et de lui parler du reste. Cela ne fait que rendre l’atmosphère encore plus lourde que lors de son réveil mais j’ai besoin de lui et de parler de tout cela, ne serait-ce qu’un peu. Il semble écouter avec attention ce que je lui dis et j’en suis soulagée. S’il m’en veut, il ne le montre pas et ça m’encourage dans le fait de me confier un peu plus. Pas trop, je ne pourrais pas, ce serait trop dangereux, pour lui comme pour moi, mais suffisamment pour peut-être avoir une idée de ce que je peux faire ou de comment gérer les choses.

"Il … je ne saurais trop dire. J’ai vu des militaires accompagner des officiels lors d’une de leurs visites habituelle du centre et il faudrait que je sois idiote pour ne pas faire quelques recoupements. Surtout que nous allons très prochainement avoir une charmante réunion avec des membres du gouvernement, je serais prête à parier qu’il y aura l’armée avec eux. Je suis sure qu’ils savaient déjà. Depuis quand par contre, je n’en ai pas la moindre idée. Et qu’ils veulent que nous orientions nos recherches sur… ces choses. Pour les connaitre probablement. Après tout, il faut savoir qui est son ennemi non ? Ce serait logique non ?"

A son soupir, je me fige encore d’avantage mais quand il me serre contre lui, je sens mes épaules se détendre, sans que j’arrive à vraiment comprendre pourquoi. Le fossé entre nous est tellement large que je ne saurais dire si l’un de nous a encore l’envie et les moyens de le franchir mais, avec ce seul geste, il arrive à me rassurer. Et je passe mes mains autour de sa taille, inspirant doucement contre son cou alors que je souffle, dans un murmure.

"C’est eux qu’il faut que tu protèges. Le reste n’a pas la moindre importance."

Même s’il doit me sacrifier pour nos enfants, je m’en moque. Tant qu’il est là pour eux.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Dim 25 Déc - 19:16

La discussion prenait une tournure à laquelle je ne m’attendais pas, et qui ne me plaisait pas beaucoup plus. Je me rendais compte, vraiment, qu’en dehors des enfants il ne semblait plus y avoir grand-chose qui nous reliait l’un à l’autre. Triste constatation, contre laquelle nous ne pouvions peut être déjà plus rien, fonction des efforts que l’un comme l’autre avions déjà entrepris. Jaana était une femme brillante, séduisante, très riche. Elle avait tout pour plaire. Pourtant, plus le temps passait et plus elle me semblait inaccessible, difficile à cerner. Je ne savais jamais vraiment ce qu’elle voulait. Je savais que son travail était important, mais jusqu’à quel point ? Je n’en savais rien. Je n’étais pas non plus certain de le savoir, vous pouvez me croire. Je savais que Jaana était quelqu’un de passionné ; toujours au service des autres. Sans doute avait-elle raison d’être convaincue que ce qu’elle faisait était important pour les gens, que c’était primordial. Mais il n’empêchait que les choses avaient changé, en grande partie à cause de ce travail, de cette tâche qui lui prenait tout son temps. Que pourrais-je espérer de plus, de toute manière ? Elle ne saurait pas rester à la maison, elle ne saurait pas mettre sa carrière entre parenthèses. Parce qu’elle était une battante, une compétitrice. Si je lui demandais de tout plaquer pour moi… Peut être qu’elle le ferait. Mais pour faire quoi ensuite ? Elle ne manquerait pas de dépérir, j’en étais persuadé. Elle devait se lancer avec acharnement dans son travail pour qu’elle se sente utile. A la maison, elle deviendrait folle. Je ne peux que sourire poliment à ce que dit mon épouse, toutefois, sur mon rôle de figurant dans un film.


| Oh, j’ai déjà donné pour l’action, tu peux me croire. Je n’échangerais ma place pour rien au monde. |


Pieux mensonge. Je savais au fond de moi, je me mentais à moi-même, que je savais fort bien que la vie militaire me manquait. J’étais fait pour ça, pas pour dessiner des plans sur ordinateur ou rédiger des protocoles de sécurité. Ce n’était pas forcément une vie moins glorieuse, mais je m’y sentais moins à ma place. Et voilà que nous plaisantons sur le cul. Comme quand nous étions jeunes. Quand nous nous tournions autour, juste avant de nous débarrasser de nos frusques pour baiser comme des bêtes. Ca datait, tout ça. Pas forcément le sexe, mais ce genre de petit jeu qu’il y avait autour. C’était quelque chose qui faisait toujours son petit effet, sur moi. Je ne saurais le nier, vous pouvez me croire.


| Tu caches sous de la protection ce qui n’était que de la gourmandise, c’est pas très fair play. | la tançais-je.


Mais je fronce les sourcils quand mon épouse hésite puis se lance dans le petit jeu des confidences. Elle ne semble pas trop à l’aise, et m’en dit trop. Je suis curieux mais elle ne devrait pas ; l’ancien militaire que je suis a encore suffisamment de bon sens pour le dire. Cela dit, ce qu’elle me dit semble aller de soi, en tous cas je ne suis pas spécialement frappé par ses révélations. Un tel secret ne pourrait être si bien caché que même ceux qui ont le pouvoir, l’argent et les renseignements, ignoreraient tout de la situation. Ce serait tout simplement trop gros. Je ne sais pas trop quoi penser de tout ça.


| Ca se tient sans doute, oui. Mais ne t’en fais pas, je ferais attention, et on suivra un peu ce que font les gosses, ces prochaines semaines. Il faudra qu’on soit prudent. |

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Jeu 29 Déc - 12:08

Est-ce qu'il avait réellement eu une époque où j'avais l'impression de le connaitre par cœur ? A dire vrai, si je suis parfaitement honnête avec moi-même, je dirais que non. Philippe avait toujours été pour moi un vrai mystère et c'était ce qui m'avait séduite dès le départ. Et maintenant ? J'en venais plutôt à me dire que c'était juste une source supplémentaire de dissension entre nous. Et toutes les questions qui ne manquaient pas d'arriver encore et encore, à chaque fois que je m'interrogeais à ce propos. Avions-nous réellement bien fait de nous marier aussi vite ? Je suis pourtant persuadée d'avoir été heureuse avec lui et ce, pendant de longues années. Mais l'intensité de notre relation l'a-t-elle rendue plus friable ?

Je me rends compte que je devrais probablement l'interroger à ce sujet mais je n'en ai pas la force. Probablement parce que je ne suis pas prête à entendre ses réponses. Ou, pire encore, les miennes. Et, à nos échanges teintés de regrets pour ma part, je ne peux m'empêcher de souffler, d'un ton mêlé d'espoir et de manque de conviction.

"Vraiment ? Moi qui pensais que l'action était une seconde nature pour toi."

A croire que je tends le bâton pour me faire battre. Pour autant, je n'ai pas pu m'en empêcher. Comme si je m'attendais à ce qu'il me confirme que cette vie qui n'est pas la sienne, à laquelle il s'est plié pour sa famille était bien ce dont il rêvait. Alors que, si j'étais honnête avec moi-même, je saurais parfaitement quoi répondre à cette question. Je prends une petite inspiration et j'esquisse un sourire taquin, essayant d'effacer tout ce qui ne va pas d'un revers de la main.

"Tu sais bien que la gourmandise est l'un de mes nombreux défauts. Et je ne te souviens pas t'en être jamais plains. Et ce n'est pas un manque de fair-play, j'utilise juste les armes les plus… intéressantes à mon goût."

Ce semblant de jeu ne dure guère, quand bien même il aurait été agréable de le voir continuer plus longtemps. Mais cette autre source d'inquiétude, celle qui prend largement le pas sur le délitement de notre couple, s'immisce et s'impose à moi. A nous même. Et si je ne peux pas tout lui dire, je peux avoir au moins une idée de la façon dont il pourrait réagir. Je ne saurais pas dire à quel point l'incrédulité dont il fait preuve au début est réelle ou pas. Après tout, il semble très facilement accepter ce que je lui dis. Trop peut-être. Et, l'espace d'un instant, je suis tentée de lui parler du reste, de tout lui déballer. Peut-être que je serais enfin soulagée et qu'une fois libérée du poids de ce que tout cela représente, nous pourrions enfin avancer. Ou alors il pourrait se lever et partir pour de bon, ce que je ne pourrais pas sciemment lui reprocher. Alors je me contente de pousser un léger soupir et d'esquisser une ombre de sourire, malgré tout un peu soulagée, plus que je ne le devrais soit dit en passant.

"Sans doute oui, comme tu dis. Mais ça va au-delà de faire simplement attention durant quelques semaines. Ce qui vient d'arriver va changer beaucoup de choses. Et... Il m'arrive de me demander si  mon travail ne risque pas de vous porter préjudice. Enfin si ce que l'on va me demander ne va pas être dangereux pour vous."

Je me mordille la lèvre et, sans réfléchir, j'appuie mon front contre son épaule en inspirant de nouveau profondément.

"Tu sais si les enfants ont parlé de tout ça ? Ou s'ils sont dans leur bulle ? Et Cassie ? Vous en avez discuté ?"

A quel point cela montre-t-il que je vis déconnectée des miens ? Même moi je m'en rends compte et pourtant, je m'en moque. Tant qu'ils vont bien, peu importe ce qui m'arrivera.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Lun 2 Jan - 22:12

L’action, une seconde nature pour moi ? Sans doute… A une certaine époque. Les choses avaient bien changé depuis que j’avais quitté la France la première fois pour partir en OPEX. Je n’étais plus ce jeune homme, rasé court, qui était bien costaud, bon coureur et bon tireur, toujours tiré à quatre épingles dans une présentation rigide bien militaire. Je n’étais plus ce jeune sous-officier un peu bagarreur, aventurier à douze heures et Don Juan plus ou moins réussi. J’étais vieux, maintenant. Marié. Deux gosses qui savaient pas trop quoi me dire et avec qui je ne savais pas trop quoi faire, une femme avec qui la majeure partie de nos soirées virait à l’auberge des culs tournés. Un costard bien taillé, bien propre. Jamais Sali. Pas d’arme sur moi, ou presque jamais. Un ordinateur dans sa mallette à la place d’un paquetage. Des compétences en logiciels de modélisation des risques plutôt qu’un planning d’approvisionnement en munitions. Cela dit, vu le contexte actuel, j’allais peut être devoir me rappeler un peu plus que d’habitude ce que j’avais pu faire de mon temps. Pour le meilleur comme pour le pire. Comme l’était ce mariage.


| Peut être quand j’étais jeune. Maintenant j’ai dépassé la moitié du chemin pour obtenir la retraite, vois-tu. |


Blague récurrente, depuis que mes cheveux se teintaient doucement de dérivés du gris et du blancs, depuis que les picots de la barbe blanchissaient à leur tour. Bref. Nous vieillissions, et pas forcément ensemble comme c’était le plan à l’origine. Ca n’avait rien de facile que d’assumer une relation qui en arrive à ce point-là. Elle me parle de la gourmandise, et voilà qu’elle me drague. Je souris, doucement. Je me demande si elle sourirait toujours, si je lui parlais de Tonni, et du besoin viscéral que j’avais de me sentir proche d’une autre femme à défaut de la mienne. Je garde le silence. Je suis con, mais pas assez pour saboter moi-même… Quoi déjà ? Ce n’était pas comme si je me battais encore vraiment pour ce mariage. C’était peut être le moment… Non. Il y avait les enfants. Et j’aimais encore Jaana. Et sa proposition réveillait en moi le jeune homme que j’étais autrefois.


| Gourmandise ? Je ne sais pas. Je ne suis pas sûr de m’en rappeler très bien. |


Je plaisantais et usais d’ironie, mais à moitié seulement. Je me rappelais plus les dernières fois où nous avions fait quoi que ce soit de « gourmand ». Je ne me rappelais plus que les rendez vous à la sauvette chez Tonni, ces étreintes bouillantes, brutales même, parfois, mais jamais je ne revoyais… Si, en fait. Souvent. Mais c’était idéalisé. Même quand tout allait bien, ce n’était pas forcément la perfection incarnée. C’était ça la vie de couple. Je haussais les épaules alors que ma femme se place contre moi et que j’hésite à l’étreindre plus fort. Je réfléchissais, avant de soupirer doucement.


| Je craignais que Sol devienne groupie de surnaturel, mais j’ai pas l’impression au final. Par contre, Joran me fait un peu plus craindre une sorte de curiosité que j’ai senti chez lui. Il a fait beaucoup de recherches sur la vidéo. Ca l’intrigue. Je vais faire attention à ce qu’ils ne brûlent pas les étapes et ne se mettent pas en danger. Quant à ton boulot, t’as qu’à arrêter. C’est pas comme si on allait être sur la paille sur t’arrêter de bosser, si ? |


Mais je savais bien qu’elle ne le ferait pas. Pire, si elle le faisait vraiment… Je crois que même si je souffrais de la situation actuel, je serais déçu. Comme si l’image de l’altruiste parfaite qu’elle avait toujours été sera à jamais brisée par une décision purement égoïste de ma part, comme de la sienne. Le cul entre deux chaises… Quant à Cass’… j’aurais sans doute pu tout raconter. J’aurais dû lui dire toute la vérité. Mais ma loyauté envers ma sœur, ma peur de ce que Jaana en penserait et aussi l’irrépressible besoin de tenir les miens à l’écart des difficultés de ce genre, me faisaient mentir sans le moindre remord. Et tout bon mensonge se base sur la vérité.


| Quant à Cass’… Je crois qu’elle s’en fout un peu. Je n’ai pas le fin mot de l’histoire, mais elle a des problèmes à son boulot. Elle n’est pas en congé ; je crois que c’est permanent. Ou en tous cas, ça va se maintenir à moyen terme. Elle a une passe difficile. Je vais essayer de lui trouver un peu de boulot au black pour ma boîte, ça l’occupera, ça l’aidera à faire le point. Elle a besoin de moi. |


En somme il y a un problème, mais je vais l’aider à le régler, du coup je serais pas mal dehors avec elle.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Mer 4 Jan - 9:49

Combien de temps tiendrons-nous encore à jouer cette petite mascarade ? A dire vrai, je n’en ai pas la moindre idée et surtout, je ne veux pas le savoir. Cette incertitude, l’existence de cette infime possibilité qu’il reste encore quelque chose à sauver est plus simple à gérer que ce qui nous attendra si, finalement, nous laissons tomber. J’ai passé la moitié de mon existence auprès de cet homme et nous avons changé ensemble. En bien ou en mal, ça, c’est une autre histoire. J’arque un sourcil à sa réponse, presque soulagée de ne pas me faire renvoyer dans mes retranchements et je finis par sourire, me retenant d’aller effleurer les quelques mèches grises qui commencent à parsemer sa chevelure.

"La moitié du chemin pour la retraite. Voilà qui sonne vraiment… bizarre hein. Je ne pensais pas que c’était le genre de choses qui pourraient t’effleurer."

A quel point ce que je dis peut être maladroit ? Beaucoup trop probablement. Mais j’arrive à passer outre, en espérant que ce soit son cas et même à me faire malicieuse l’espace d’un instant. Et j’ai presque l’impression que les choses sont comme avant, alors que je lui jette une œillade, esquissant un sourire en coin et soufflant, d’un ton taquin.

"Je suis sure qu’on devrait pouvoir trouver un moyen de te faire retrouver la mémoire."

Je me retiens de lui préciser que c’est s’il en a envie, ce qui serait autrement moins malicieux et autrement plus pathétique. D’autant que la conversation prend une autre tournure et que je ressens ce besoin idiot de sentir sa présence, comme s’il pouvait me protéger de tout ce qui m’attend. Je l’écoute me parler des enfants et ce qu’il me dit me rassure plus que je ne le devrais. Au moins, il sait où ils en sont, c’est déjà ça de pris. Je laisse filer un silence pensif avant de reprendre, sans bouger.

"Sol’ te ressemble, elle a beau être naïve, je pense qu’elle saura faire la part des choses plus facilement et qu’elle saura réfléchir à ce qu’elle voit. Et Joran est beaucoup trop curieux pour son bien. A sa place, j’aurais réagi pareil et surement cherché à trouver tout ce que je peux à ce sujet. Il faudrait peut-être que je vois avec lui pour qu’il ait au moins des sources plus fiables que ce qu’il pourra trouver en ligne."

Je fronce les sourcils, me figeant un peu quand il me parle d’arrêter de travailler. Il est sérieux ? Après tout, il pourrait, je lui ai bien demandé la même chose il y a quelques années. Mais là, le contexte est différent. Vraiment ? Ou est-ce que je n’essaie pas de me convaincre que je maitrise totalement une situation qui me dépasse déjà ? Je relève la tête et je le fixe, fronçant les sourcils.

"C’est vrai qu’on ne sera pas sur la paille si j’arrête de bosser. Mais je… tu me vois vraiment arrêter ? Outre le fait que je vous taperais sur les nerfs au bout d’une semaine et que je vais me mettre à cuisiner des trucs improbables ce serait… avoir fait tout ça pour rien. Je… tu le penses vraiment ?"

Et s’il me demande vraiment d’arrêter, je fais quoi ? Je cille un instant, me focalisant plutôt sur ce qu’il raconte à propos de sa sœur et je laisse filer un silence avant de hocher la tête.

"Je vois. Je sais que c’est inutile de le rappeler mais elle est ici chez elle et elle peut y rester aussi longtemps qu’elle le voudra hein. Tu as déjà dû lui dire mais tu pourras lui rappeler en passant qu’elle est la bienvenue pour moi aussi. Et… tu as une idée de ce qui lui est arrivé ? C’est bien que tu puisses t’occuper d’elle en tout cas et veiller sur elle."

Et je me retiens de lui dire que moi aussi j’ai besoin de lui, parce que je ne m’en sens pas le droit, surtout pas en ce moment. Même si le regard que je lui jette doit me trahir plus que je ne le voudrais.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Mer 4 Jan - 22:24

Je baille, je suis claqué. Ma nuit de sommeil me rattrape alors que je l’avais commencée sans perdre de temps en rentrant à la maison. Pourtant, je sens l’inquiétude de ma femme, et je ne suis pas en train de l’abandonner, comme je pourrais pourtant si bien le faire. Jaana me fait remarque que m’entendre moi parler de retraite lui fait tout drôle, que c’est assez incongru. Je ne peux que la croire ; je n’ai jamais fait de plan à aussi long terme. Et mine de rien, je n’avais fait que la moitié de mon temps. D’accord, un peu plus. Mais quand même. En fait quand j’étais jeune, j’étais convaincu que je serais assez jeune en retraite militaire, et qu’ensuite je deviendrais contractuel dans une quelconque boîte de sécurité privée, après un détour au chat noir de Bruxelles. Mais la vie en avait décidé autrement. Et maintenant, il fallait trimer. En fait, si j’avais un salaire confortable depuis quoi, cinq ans, je ne détenais pas grand-chose en propre. Devant un tribunal, je perdrais sans nul doute la maison à Jaana, et les enfants, bien qu’âgés, me reprocheront toujours mes absences pendant leur prime jeunesse.


| Oh, je me sens vieux, c’est tout. Rien de grave. Ca me fait ça à chaque retour de tempête. |


Quand au reste, je lui souris, un peu perdu devant le désir qu’elle savait toujours enflammer, mais devant la gêne de glisser vers quelque chose qui ne pourrait plus que me faire penser à Tonni et à ce que je faisais avec elle plutôt qu’avec ma femme. Autant dire que je préférais éviter le sujet.


| ah oui, lequel ? |


Damned ; C’est vraiment plus fort que moi. Mon père disait jadis que je perdais la boule dès qu’une jolie fille remuait son délicieux popotin à portée vue. Il n’avait pas tout à fait tord. Jaana réfléchit et reprend la parole à propos de nos enfants. Elle les compare, même si c’est sans doute involontaire. J’avais envie de lui rétorquer, plein d’amertume, que pour qu’elle voit quelque chose avec son fils il fallait encore qu’elle soit présente avec lui pour lui dire. Mais ce n’était clairement pas le moment, et ce n’était pas cool non plus de lui reprocher des manquements quand j’avais eu les mêmes, jadis. Je hausse les épaules. Qu’elle fasse ce qu’elle juge nécessaire ; cette femme était plus intelligente que je ne le serais jamais. Par contre, nous mettions le doigt sur le vrai sujet, le vrai problème. Devait-elle arrêter de travailler ? Une part de moi voulait se jeter sur cette perche qu’elle me lançait, je voulais me jeter dessus de manière avide, sans me retenir plus de quelques instants. Mais j’y parvenais malgré tout. Je restais stoïque. Je connaissais aussi la valeur du devoir, et son sens. Je ne pouvais pas me mettre entre elle et sa conscience. Je battais en retraite.


| Non, je ne te voie pas arrêter. Tu mourrais à petit feu. Epargnons-nous ça. |


Parce que c’était ce que je subissais au quotidien depuis presque huit ans. Avoir abandonné sa vocation, laisser sa carrière derrière soi… Pour ne plus ressentir que ce vide, ce profond sentiment d’inutilité. Je ne ferais pas subir cela à Jaana, ça non. Et je ne lui reprochais pas non plus de l’avoir subi de mon côté. Elle m’y avait poussé, mais ses raisons étaient alors moins égoïstes que les miennes aujourd’hui. Quoiqu’il en soit, je lui souris quand elle me parle de Cassandra,satisfait et ravi même de sa prise de position. Si seulement elle savait…


| Ne t’en fais pas, je lui dirais tout ça. Je sais que des gens sont morts. Des gens qu’elle connaissait. Et qu’une affaire a mal tourné. |


Je sens le poids du silence et de la gêne sur nos épaules. Je l’attire contre moi, lui frotte doucement une épaule du pouce.


| Ne t’en fais pas. Tout se passera bien, et les enfants iront bien aussi. |

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Dim 8 Jan - 20:11

Il a l'air fatigué. Epuisé même. Il faut dire que je l'ai un peu réveillé en sursaut. Je devrais le laisser aller dormir et me contenter de ruminer tout ce que j'ai en tête, comme je le fais habituellement. Et pourtant, j'en suis incapable, comme si le laisser partir maintenant serait comme le laisser aller pour de bon. En voilà une pensée joyeuse mais je suis incapable d'ignorer cette petite voix qui me souffle que je n'ai peut-être pas tout à fait tort.

Je le fixe un instant, quand il me répond et je secoue doucement la tête, esquissant un doux sourire alors que j'essaie de faire taire ces pensées plus désagréables les unes que les autres.

"Tu ne l'es pas pourtant. Surtout pas pour moi en tout cas. Et ça ira mieux dans quelques jours alors ?"

Je l'espère parce qu'il faut être honnête, il ne peut pas vraiment compter sur moi pour aller. Je ne saurais pas comment m'y prendre, comme lui faire comprendre que même si on ne le voit pas, il a toujours une grande importance dans ma vie. Qu'il est toujours là, central, même si j'ai l'impression de tout voir s'effriter autour de nous. Et, à sa question, mon sourire se fait mutin et j'effleure son col du bout des doigts, redevenant celle que j'ai pu être l'espace d'un instant.

"Oh, je fais confiance à ton imagination. Ou à la mienne. Mais j'ai souvenir que le comment ou le où ne te posaient pas de difficultés à une époque."

Et pourtant, l'espace d'un instant, j'ai presque envie qu'il me dise qu'il est trop fatigué pour jouer à ce genre de petit jeu. J'ai presque peur de retrouver, même fugacement, ces étreintes passionnées qui ont pu être les nôtres et qui se rappelleraient à ma conscience quand j'irais me perdre dans les bras d'un autre. Et de l'autre coté, j'ai juste envie qu'il me prenne dans ses bras et rien d'autre. Je réprime un soupir alors que mon attention est captée par autre chose, pas vraiment plus agréable mais au moins, j'ai plus l'impression de maitriser la situation.

Parler des enfants est plus difficile que je ne l'aurais cru et, comme je pouvais le supposer, il ne cherche pas à m'influencer sur ce que je pourrais faire vis-à-vis de Joran. Probablement parce que c'est à moi de décider et de faire ce que je juge bon, en espérant que mon fils ne rejette pas une main que je pourrais lui tendre. Et, quand nous évoquons mon travail plus directement, je garde le silence, gravant chacune de ses paroles alors que je déglutis doucement.

Mourir à petit feu. Comme lui c'est ça ? C'est ce qu'il essaie de me dire ? Pas un instant je n'aurais songé que c'était ce qu'il pouvait ressentir et pourtant, voilà qui apparait comme une évidence en cet instant précis. Et je me retrouve à court de mots l'espace d'un instant, essayant d'ignorer cette part de moi presque déçue qu'il n'insiste pas plus que ça. Ca, c'est vraiment le sentiment le plus stupide que je pourrais éprouve à ce moment précis.

"Je… d'accord. Mais si tu as le sentiment que ça peut vous mettre en danger, dis-le moi. Je ne continuerais pas si ça doit vous faire courir des risques."

Je devrais lui dire que je suis désolée de l'avoir fait choisir entre nous et sa carrière, même si les choses ne se sont pas vraiment passées comme ça, même si le contexte était bien différent. Mais à quoi ça servirait ? Et surtout, ça ne changerait rien, je ne supporterais toujours pas de le voir repartir se battre et les enfants encore moins. Parler de Cassie est presque un soulagement et je lui rends son sourire avant de grimacer.

"Je vois, c'est vraiment très sérieux alors. Je ne t'en demanderais pas plus si tu ne veux pas en parler et tant que tu penses que nos enfants ne risquent rien… et toi non plus, je maintiens ce que je dis. Elle est la bienvenue et si je peux aider à quoi que ce soit, n'hésite pas à me le demander."

Je réprime un soupir quand il m'attire contre lui, passant mes bras autour de sa taille, comme pour me rassurer alors que je souffle, avec un sourire au reste de ses propos.

"Tu as toujours eu le don de me faire croire que tu pourrais décrocher la lune. On dirait que ça n'a pas changé."

Et je l'embrasse dans le creux du cou, me demandant à quel point cette fois, il en sera capable.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Sam 14 Jan - 21:58

Il est temps d’aller se coucher. Je sens que Jaana me retient, pour la bonne cause, sans doute, mais je me sens vraiment fatigué. Fatigué aussi bien par ma semaine que par les sujets abordés, tous tellement impliquants, tellement difficiles. Je ne veux en aucun cas me retrouver piégé par une nouvelle discussion sur un autre sujet difficile à aborder et à assumer ; il est temps pour moi de tirer ma révérence et d’aller me coucher, vous pouvez me croire. Jaana me dit que je ne lui semble pas vieux. Et elle semble s’inquiéter que je puisse penser ça de moi-même. Je ne dirais pas que cette attention me touche, mais je sais surtout ce que je peux faire contre ce sentiment. Revoir Tonni. Revoir une femme qui s’enverra en l’air avec moi comme si j’étais un champion de vingt ans, endurant comme pas deux, fort, intéressant. Et qui agira plutôt que s’inquiéter. Je cligne des yeux, avant de regarder mes pieds en mode pourquoi ils ne bougent pas, ces cons ?


| Ouais, quelques nuits de sommeil et il n’y paraîtra plus. |


J’ai les yeux qui me piquent et je ne doute pas une seule seconde d’avoir de grosses poches sous les yeux. Pas très glamour. J’ai un petit sourire d’excuse quand ma femme me fait encore des sous entendus grivois. Je ne doute pas une seconde qu’elle soit capable de me délasser d’autre manière mais quoi, après ? Elle pensera que tout ce qu’on aura ressenti ensemble règlera tout, et le contentement post-coital laissera encore place à toute cette déception, cette frustration. J’en avais assez de cette relation qui connaissait les plus hauts sommets et les plus profonds abîmes. Je tranche, un peu vivement sans doute mais tant pis.


| Oui. A une époque. |


Achevais-je d’un ton morne, un peu triste peut-être. Révolue, donc. Avant, j’aurais pu la prendre comme ça sur le plan de travail, en mode allez chérie, viens par ici. Mais plus aujourd’hui. Aujourd’hui, j’étais fatigué de beaucoup de choses. Sans compter que le plan de travail et bien, ce n’était pas la chose la plus discrète du monde. Comme je le pensais, Jaana n’arrivera pas à quitter son emploi ; je lui offre une porte de secours qu’elle ne pourra que saisir. Et elle ne me déçoit pas. Je hoche la tête en me levant, en quittant le canapé et en m’étendant. Je soupire.


| J’espère surtout que tu t’en rendras compte avant moi. Sinon, ce sera sans doute trop tard.} |


J’avais foi en l’intelligence, la culture et tout ce qu’avait Jaana, cette intelligence et cette clairvoyance, que je n’avais pas. Le seul moment où je pensais avoir une once de son intelligence, c’était une arme à la main. J’identifiais rapidement les menaces. Les triais et les hiérarchisais à toute vitesse dans mon esprit. Et j’étais bon à ça. C’est pour ça que Cassandra était venue vers moi en premier lieu. Plutôt qu’être allée voir les autorités, plutôt qu’être allée voir tous les contacts qu’elle avait dans son milieu pro, dans ses amis, elle était venue vers moi. Et les choses allaient sévérement empirer avant de pouvoir s’améliorer à nouveau. Jaana comprenait qu’il y avait du sérieux là-dessous, de la gravité. Elle n’allait pas pour autant bouger le plus petit doigt ; j’atténuais suffisamment les choses pour qu’elle reste à distance. Je réagis toujours autant à la proximité de ma femme, quand je l’ai contre moi. Mais l’instant est passé ; je ne pense plus qu’à Cass’, à sa sécurité, à ce qu’elle a vécu et ce qu’elle risque encore de vivre.


| C’est gentil. Je le lui dirais. La famille, c’est tout ce qui compte. Et elle n’a plus vraiment que moi, aujourd’hui. Décrocher la lune ? Je l’ai déjà fait. Il y a vingt ans. Rien de ce que j’ai fait depuis n’a jamais atteint un centième de cet exploit. |


je l’embrasse sur le front et lui souffle bonne nuit, avant de tourner les talons.

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MessageSujet: Re: [Livre I] Paint it Black    Lun 23 Jan - 18:34

J'ai l'impression fugace que, même s'il est avec moi, présent et qu'il me répond, une part de lui est loin, beaucoup trop pour que je puisse l'atteindre. Et de là à me demander à quel point c'est temporaire ou non, il n'y a qu'un pas que je ne me sens pas prête à franchir. Pourtant, il faudra que je le fasse. Pas ce soir, je sens que je suis moi aussi à bout de nerfs et que je me suis beaucoup trop approchée de vérités que je ne suis pas prête à assumer pour le moment. Peut-être qu'après, il sera trop tard, nous verrons bien. En attendant, je m'inquiète sans vraie raison le concernant, comme s'il avait besoin de ça, de moi, en cet instant.

Et je hoche doucement la tête à ses propos. Cela veut dire qu'il ne repart pas tout de suite. Je ne sais pas si je dois être soulagée ou non et là encore, je préfère ne pas trop m'appesantir sur ce que je peux ressentir. Trop de sentiments mitigées face à un homme qui, à une époque, ne me faisait ressentir qu'une envie passionnée, un amour qui m'avait rendue capable de tout. Et maintenant ? Quand je vois qu'à sa façon de répondre à mes sous-entendus un peu grivois il s'avère être des plus laconiques et que je n'en suis pas si attristée, je serais incapable de répondre.

Un sourire un peu triste se dessine alors sur mes lèvres à sa répartie un peu sèche et je hausse les épaules avant de souffler, à mi-voix.

"Je vois."

Cela veut tout dire non ? Je suppose en tout cas. Inutile de tergiverser là-dessus cela ne ferait que pointer du doigt une énième défaillance de notre mariage. Je fronce les sourcils au reste de ses propos, me faisant plus pensive et chassant une déception qui, dans le fond, n'en est pas vraiment une.

"Je suppose. Espérons que je saurais être lucide quand il le faudra."

Même si, sans bien savoir pourquoi, j'ai comme un doute sur le sujet, surtout en voyant dans quoi je suis en train de m'embarquer tête la première, comme si je ne risquais pas plus encore que ma propre existence. Et, malgré tout ça, ce bref instant de proximité avec Philippe me rassure plus que je ne l'aurais cru. Même si l'amour qu'il y a entre nous n'est plus ce qu'il était, je sais que je peux encore compter sur lui pour ça. Pour veiller sur les siens, même si je n'en ferais peut-être plus partie un jour. Au moins, les enfants seront en sécurité. Et sa sœur aussi visiblement.

Lorsqu'il reprend la parole, je me fige, me demandant si je comprends bien de quoi il parle. Et à quel point, si c'est le cas, cela m'attriste. Je ferme les yeux quand il m'embrasse sur le front, incapable de parler, la gorge nouée et je me contente de souffler, d'une voix à peine audible alors qu'il s'éloigne.

"Bonne nuit Philippe."

Et, alors qu'il va se coucher, je vais m'assoir sur le canapé, m'enroulant dans un plaid et me perdant dans la contemplation d'une émission quelconque. Je ne sais si j'arriverais à m'endormir mais en tout cas pour l'heure, ce n'est pas gagné. Et je ne me sens pas de partager le même lit que lui, sans bien savoir pourquoi. Pour le reste, nous verrons bien de quoi demain sera fait après tout.

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